Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, prononçant un discours le 30 juillet 2025. Capture d'écran/Al-Manar
Le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Kassem, a affirmé mercredi soir que les armes de sa formation « sont destinées à résister à Israël, pas à l’intérieur du pays », et que toute demande adressée à son parti de remettre ses armes revenait à « servir le projet israélien », alors que la question du désarmement du mouvement pro-iranien demeure au cœur des débats politiques, à Beyrouth comme à l’international.
« Nous n’accepterons pas que le Liban devienne un appendice d’Israël, a déclaré Kassem lors d'un discours télévisé à l’occasion du premier anniversaire de l’assassinat du commandant Fouad Chokr, tué par une frappe israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth. « Vous ne pourrez ni nous vaincre, ni prendre le Liban en otage. Les armes que nous possédons sont destinées à résister à Israël, pas à l’intérieur du pays », a-t-il affirmé. « Quiconque appelle aujourd’hui à la remise des armes, qu’il soit Libanais ou étranger (..) sert le projet israélien », a-t-il par la suite lancé. Et d'accuser l'émissaire américain Tom Barrack de recourir à la « menace et l'intimidation » dans le but « d'aider Israël ».
« Nous ne remettrons jamais nos armes à Israël », a insisté le chef du Hezbollah, estimant que « ces armes constituent une force pour le Liban ». « L’heure n’est pas aux discussions sur l’armement, mais à la reconstruction et à l’arrêt de l’agression », a-t-il poursuivi. Selon lui, « avant de réclamer la remise des armes, l’État doit remplir deux devoirs fondamentaux : faire cesser l’agression et entamer la reconstruction ».
« Levons ensemble le slogan : faisons sortir Israël par notre unité, et construisons notre patrie », a lancé Naïm Kassem. Et de poursuivre : « Nous soutenons le renforcement et la construction de l’État, et appelons l’État à faire taire les voix de la discorde. Le Liban est un pays pour tous ses enfants, et nous saluons toutes les nations arabes et tous les peuples, à l’exception de ceux qui cherchent à servir les intérêts d’Israël. » Selon lui, « la résistance a prouvé qu’elle est un pilier de l’État, en facilitant l’élection du président et du gouvernement ». « Nous avançons sur deux voies parallèles : la résistance pour libérer la terre, avec des moyens dirigés exclusivement contre Israël, et le chemin politique pour construire l’État, sans privilégier l’une au détriment de l’autre », a-t-il expliqué. « On ne peut pas nous obliger à choisir entre la résistance et la construction de l’État : la résistance est contre Israël, et la construction de l’État est pour le citoyen. »
« Une affaire interne »
Revenant sur l’accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 pour mettre fin au conflit entre Israël et le Hezbollah, Kassem a souligné : « Nous avons aidé l’État à mettre en œuvre cet accord, qui concerne exclusivement le sud du Litani. À ceux qui lient le cessez-le-feu au désarmement, dites-leur que c’est une affaire interne. » « Cette résistance existe toujours dans toutes ses dimensions politiques et sociales. Elle est forte et c'est la raison pour laquelle l’ennemi viole l’accord », a-t-il poursuivi.
Selon Naïm Kassem, « une garantie avait été donnée lors de la conclusion de l’accord de cessez-le-feu pour surveiller son respect avec l’entité ennemie, mais le nouvel émissaire (Thomas Barrack) s’en est désengagé ». « Barrack est venu avec des menaces d’annexion du Liban à la Syrie et d’extension de l’agression, mais il a été surpris par la position nationale unifiée des trois présidents libanais (le chef de l’État, le Premier ministre et le chef du Législatif), qui exigeait l’arrêt de l’agression avant toute autre discussion », a-t-il également dit. Selon lui, Joseph Aoun, Nawaf Salam et Nabih Berry « veulent reconstruire le pays et ne peuvent pas accepter de céder la force du Liban ».
L’accord de cessez-le-feu prévoyait notamment un retrait progressif d’Israël des localités occupées au Liban-Sud, afin que l’armée libanaise puisse s’y déployer. Cependant, même après l’expiration de la période transitoire prolongée, le 18 février 2025, des soldats israéliens occupent toujours cinq points dits stratégiques et poursuivent presque quotidiennement leurs opérations militaires.
« Le plan israélien est de rester dans ces cinq points pour en faire un pont en vue d’une expansion. Il ne s'agit pas de points destinés à la négociation », a dénoncé Naïm Kassem, ajoutant que « le Liban est aujourd’hui exposé à un danger existentiel qui ne menace pas seulement la résistance, mais tout le pays et toutes ses communautés ». « L’accord a assuré la sécurité dans les colonies du nord d'Israël, mais la sécurité a-t-elle été assurée au Liban ? », a-t-il demandé. « Aujourd’hui, nous avons la Syrie comme modèle, où l’ennemi israélien tue, bombarde, délimite les frontières géographiques et politiques, et trace l’avenir du pays ». « Aujourd’hui, notre peuple dans son ensemble est exposé à un danger existentiel venant d’Israël, de Daech (acronyme arabe du groupe État islamique) et des États-Unis sous la bannière du « nouveau Moyen-Orient, a-t-il averti. Toutes les attaques, agressions, assassinats et frappes contre des bâtiments s’inscrivent dans le projet d’expansion israélien. »
Georges Abdallah et Gaza
Par ailleurs, lors de son discours, le chef du Hezbollah a salué « le militant Georges Abdallah, récemment libéré, resté debout avec fierté pendant 41 ans ». Le militant propalestinien est rentré vendredi dernier au Liban, après plus de 40 ans en prison en France pour complicité d'assassinats de diplomates américain et israélien. « Il incarne une composante essentielle de cette résistance plurielle », a ajouté Kassem.
Naïm Kassem a aussi abordé la bande de Gaza, ravagée par près de 22 mois de guerre et menacée d'une famine généralisée selon l'ONU. « Ce qui se passe à Gaza est un crime sauvage, organisé, d’une brutalité inédite, retransmis en direct sous les yeux du monde entier, a-t-il dénoncé. Aucun autre crime à travers le monde n’égale l’ampleur des atrocités perpétrées par l’ennemi israélien dans la bande de Gaza, avec le soutien assumé des États-Unis ». « Où sont les Arabes ? Où est le monde ? Où sont les droits de l’homme ? s’est-il interrogé. Il est temps de passer à des mesures concrètes : assez de communiqués et de condamnations. Le monde doit s’opposer à Israël par tous les moyens, y compris sur le plan militaire. »




Naiim a inclu la vérité secrète dans son discours... "Kassem : ... Hezbollah sert le projet israélien" message subliminal ?? ... Only the shadow knows....
13 h 42, le 31 juillet 2025