Ils ont dit que tu es parti,
Mais comment croire que le verbe s’éteint ?
Toi qui faisais danser les mots dans les ruelles,
Et pleurer les vérités sur les planches du quotidien.
Ton théâtre, miroir brisé d’un monde bancal,
Riait pour ne pas hurler,
Et dans chaque réplique, un peuple se reconnaissait,
Ses douleurs, ses colères, ses espoirs étouffés.
Musicien de l’âme,
Tu as marié le jazz aux soupirs du Levant,
Faisant de chaque note un cri d’amour ou de révolte,
Un chant pour ceux qu’on n’écoute jamais vraiment.
Tu étais rebelle, mais humain avant tout,
Avec cette tendresse cachée sous l’ironie,
Et cette lucidité qui dérangeait les puissants,
Mais éclairait les cœurs fatigués.
Tu as semé des mots dans notre langue,
Des expressions devenues nôtres,
Comme si tu avais redessiné le parler du peuple
Avec l’encre de la rue et l’esprit des poètes.
Il n’y aura pas d’autre Ziad.
Pas d’autre voix aussi libre,
Aussi profondément ancrée dans la vérité nue.
Tu vas nous manquer,
Terriblement.
Paris, France
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