Vue d’ensemble de Beyrouth. Photo prise le 20 novembre 2024. Philippe Hage Boutros/L’Orient-Le Jour
« Le premier semestre de 2025 a marqué un net retournement de tendance » au Liban, relève Bank Audi dans son dernier rapport économique trimestriel. Cela est « porté par une percée politique au niveau national à la suite de l'élection présidentielle prometteuse, la formation d’un cabinet qualifié, des nominations administratives clés et quelques initiatives de réforme », continue-t-elle.
Pour elle, ce revirement de situation est visible grâce à plusieurs indicateurs économiques, notamment la hausse des prix des eurobonds à près de 18 cents le dollar, contre moins de 6 cents le dollar en septembre dernier. Cela montre que « les investisseurs institutionnels parient sur le fait que la percée politique entraînerait les réformes économiques tant attendues et une restructuration de la dette », mentionnent les auteurs du rapport.
Balance des paiements excédentaire
Ensuite, Bank Audi souligne l’augmentation des importations de 16 %, en glissement annuel, lors des cinq premiers mois de l’année, alors que les exportations ont, elles, témoigné d’une hausse de 21 % durant cette même période. « En tenant compte d’une inflation importée de 6,7 % en provenance des pays d’origine, l’augmentation réelle des importations est estimée à 9,3 %, traduisant une hausse de la demande réelle pour les biens de consommation et d’investissement au Liban, ce qui soutient notre prévision d’une croissance réelle du PIB de 5 % pour l’année 2025 », ajoute-t-elle.
En parallèle, la banque relève l’excédent de 1,9 milliard de dollars enregistré lors des cinq premiers mois de l’année, au niveau de la balance des paiements. Bien que celle-ci affiche « un excédent nominal de 8,1 milliards de dollars, environ 6,3 milliards de dollars de cet excédent sont liés à la hausse du prix de l’or », ce qui entraîne « un excédent réel de 1,9 milliard de dollars sur la période », détaille-t-elle.
S’agissant du niveau interne, Bank Audi mentionne la stabilité de la livre libanaise, soutenue principalement par « un quasi-équilibre des finances publiques et de la balance des paiements », alors que l’absence de déficit public au cours des deux dernières années est équivalent à l’absence de création monétaire en livres libanaises. « Cela dit, bien que la livre ait récemment conservé sa stabilité (…), elle n’a toutefois pas retrouvé ses fonctions économiques fondamentales (moyen d’échange, unité de compte, réserve de valeur, étalon de paiement différé), ce qui indique qu’elle reste une monnaie quasiment inactive », nuancent les auteurs du rapport. « Le défi monétaire de la nouvelle ère consisterait à ce que la livre libanaise retrouve progressivement ses quatre fonctions fondamentales perdues avec la crise », ajoutent-ils.
Un optimisme et des défis
Toujours en ce qui concerne les leviers sur la stabilité monétaire, ces derniers notent que les réserves en devises de la Banque du Liban (BDL) ont augmenté de 1,191 milliard de dollars en six mois, passant de 10,135 milliards à fin décembre 2024 à 11,326 milliards de dollars à fin juin 2025. En parallèle, la banque précise que les réserves d’or de la BDL valaient 30,277 milliards de dollars à fin juin 2025, contre 24,102 milliards de dollars à fin décembre 2024. Une augmentation uniquement due à la hausse mondiale des prix de l’or. Dans ce cadre, les auteurs du rapport soulignent « que le Liban détient actuellement le plus haut ratio de réserves d’or par rapport au PIB dans le monde, avoisinant les 100 %, contre une moyenne mondiale d’environ 4 % ».
En ce qui concerne le secteur bancaire, les derniers chiffres montrent que les dépôts frais en devises dans les banques libanaises – par opposition à ceux qui sont bloqués depuis le début de la crise – sont passés d’environ 3,2 milliards de dollars au début de l’année à plus de 4,0 milliards de dollars aujourd’hui.
Enfin, malgré ce regain d’optimisme, Bank Audi maintient que le Liban fait toujours face à de nombreux défis, dont les plus urgents s’articulent autour de trois axes. Premièrement, la nécessité de rétablir la confiance, qui elle, impose de préserver le cessez-le-feu, de restaurer le rôle souverain de l’État et de l’armée avec un monopole total sur les armes dans le pays, et de travailler à l’établissement d’une paix juste et durable. Deuxièmement, la mise en place de la restructuration bancaire et du mécanisme de répartition des pertes financières. Et troisièmement, la conclusion d’un accord final avec le Fonds monétaire international (FMI), alors que « le Liban a besoin urgemment d’une assistance internationale, qui pourrait être assurée directement et indirectement par un programme du FMI », conclut le rapport.




Honte sur vous l'OlJ. Vous continuez a ouvrir vos colonnes aux crapules bancaires. Tous les Libanais le savent : Ce sont des voleurs et des menteurs. Il faut les denoncer sans relache. Pas publier leurs saletes.
07 h 50, le 25 juillet 2025