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Économie - Rapport

Inclusion financière : le Liban fait toujours partie des pires pays au monde

Entre 2021 et 2025, le Liban n’a pu augmenter son niveau que de 21 à 23 %, alors que les répercussions négatives de la crise continuent à se faire sentir. 

Inclusion financière : le Liban fait toujours partie des pires pays au monde

Vue sur Zaytouna Bay dans le quartier de Aïn el-Mreissé à Beyrouth le 7 juillet 2025. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

Dans sa cinquième édition du Global Findex, l’indicateur lié à l’inclusion financière dans le monde, la Banque mondiale se félicite de l’avancée effectuée depuis 2021, année de la dernière étude, notant que « la possession de comptes financiers a augmenté globalement de 5 points de pourcentage entre 2021 et 2024 et de 6 points de pourcentage dans les économies à revenu faible et intermédiaire, dans lesquelles 75 % des adultes ont désormais un compte ».

Publié en 2025 et basé sur les chiffres de 2024, ce rapport montre qu’au Liban seuls 23 % des adultes détiennent un compte dans une banque, une institution financière, ou un fournisseur d’argent mobile, contre 21 % en 2021. En enregistrant un niveau aussi bas, le Liban occupe la dernière place parmi les économies à revenu intermédiaire inférieur, et occupe la 138e place au monde parmi les 141 économies étudiées, seulement devant le Niger (15 %) et le Tchad (21 %) et à égalité avec le Nicaragua (23 %). Il se classe toutefois derrière Madagascar (24 %) et la Mauritanie et le Pakistan (tous les deux à 27 %).

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Si le Liban enregistrait un taux d’inclusion financière de 45 % en 2017, le pays a vu son niveau chuter drastiquement avec l’éclatement de la crise économique et bancaire en 2019, sa trajectoire allant alors à l’encontre de celle de la tendance mondiale haussière, passant de 69 % en 2017 à 74 % en 2021 et puis à 79 % en 2021, avec une accélération boostée par la pandémie de Covid-19, dans le cadre de laquelle les paiements en ligne ont augmenté en raison des mesures de confinement.

Économie de « cash »

Conséquence des restrictions bancaires mises en place dans la foulée de cette crise et de la baisse de confiance des Libanais envers le secteur bancaire, le niveau d’inclusion financière au Liban est resté bien en deçà de celui de l’économie mondiale. Parmi les autres facteurs ayant fait baisser ce taux d’inclusion financière : la volonté des autorités bancaires à clôturer les comptes des petits déposants, une mesure qui avait en premier été facilitée à partir d’avril 2020 par la circulaire principale n° 148 de la BDL. Celle-ci permettait aux déposants dont le total cumulé de l’ensemble des comptes dans une même banque ne dépassait pas 5 millions de livres ou 3 000 dollars, de retirer tout ou partie de leurs fonds au « taux du marché ».

Pendant ce temps, le Liban basculait vers une économie basée sur les espèces (une « cash economy »). Selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, cette économie de cash a ainsi atteint 9,9 milliards de dollars en 2022, soit 46 % du PIB du Liban à l’époque, et cela malgré les importants taux de pénétration de la téléphonie mobile et d’internet, situés tous les deux à 94 % de la population.

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À ce niveau, la Banque mondiale indique dans son rapport que ces deux moyens représentaient d’importants vecteurs du renforcement de l’inclusion financière. « Les téléphones mobiles et l’internet révolutionnent l’inclusion financière en permettant à un plus grand nombre de personnes d’accéder aux services financiers numériques et de les utiliser pour gérer leur vie financière », note-t-elle dans son rapport.

« Les plateformes pour téléphones mobiles ont en particulier permis à des millions de personnes, y compris celles qui étaient auparavant trop compliquées ou trop onéreuses à atteindre, d’accéder aux services financiers, ce qui a considérablement augmenté non seulement la possession de comptes, mais aussi l’épargne formelle et les paiements numériques, tout en permettant une série d’activités numériques non financières », ajoute la Banque mondiale.

Enfin en ce qui concerne les pays les mieux classés, il s’agit sans surprise des pays les plus développés, en Amérique du Nord et en Europe. Trois pays enregistrent des niveaux d’inclusion financière équivalent à 100 % : l’Autriche, la Finlande et l’Islande. À noter que l’Autriche et l’Islande présentaient également ce score lors du rapport Global Findex de 2021. 

Dans sa cinquième édition du Global Findex, l’indicateur lié à l’inclusion financière dans le monde, la Banque mondiale se félicite de l’avancée effectuée depuis 2021, année de la dernière étude, notant que « la possession de comptes financiers a augmenté globalement de 5 points de pourcentage entre 2021 et 2024 et de 6 points de pourcentage dans les économies à revenu faible et intermédiaire, dans lesquelles 75 % des adultes ont désormais un compte ».Publié en 2025 et basé sur les chiffres de 2024, ce rapport montre qu’au Liban seuls 23 % des adultes détiennent un compte dans une banque, une institution financière, ou un fournisseur d’argent mobile, contre 21 % en 2021. En enregistrant un niveau aussi bas, le Liban occupe la dernière place parmi les économies à revenu intermédiaire inférieur, et...
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OH, really?

Sissi zayyat

19 h 15, le 24 juillet 2025

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Commentaires (2)

  • OH, really?

    Sissi zayyat

    19 h 15, le 24 juillet 2025

  • Et encore, les 23 % de bancarises sont ceux qui ne peuvent pas retirer leur sous, bloques dans des comptes captifs. Pourquoi voulez-vous que les gens confient leur argent aux banques Libanaises ? Pour se faire voler ?

    Michel Trad

    16 h 12, le 24 juillet 2025

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