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Politique - Législatives 2026 Au Liban

Pour Raï, le vote de la diaspora libanaise pour six députés et non 128 est une « forme d'exclusion »

Le patriarche maronite a prononcé une messe célébrant les saints Charbel et Elie, à Annaya, en présence du chef de l'État.

Pour Raï, le vote de la diaspora libanaise pour six députés et non 128 est une « forme d'exclusion »

Le patriarche maronite Béchara Raï lors d'une messe à Annaya, le 20 juillet 2025. Photo X / @LBPresidency

Le patriarche Béchara Raï a pris position dimanche lors d'une messe à Annaya, sur les hauteurs de Jbeil, en faveur du vote des expatriés libanais pour les 128 députés du Parlement, et non pour six parlementaires supplémentaires élus exclusivement par la diaspora. Lors d'une messe célébrant les saints Charbel et Elie, le chef de l’Église maronite a estimé que l’article 112 de la loi électorale, qui prévoit ces six députés supplémentaires, « annule le droit des Libanais de l’étranger de voter dans leurs circonscriptions d’origine » et constitue une « violation de la Constitution et du principe d’égalité ». Cette messe a eu lieu au couvent Saint Maron, en présence du chef de l'État, Joseph Aoun, de son épouse Neemat et de plusieurs responsables politiques.

Repère

Vote des expatriés libanais : les enjeux d'un débat qui divise

Le président de la Chambre des députés, Nabih Berry, avait bloqué le 30 juin un amendement à la loi électorale qui prévoit la participation à la diaspora à l’élection des 128 députés dans leur circonscription d’origine, comme cela était le cas en 2018 et 2022, et non pour six parlementaires spécifiques aux émigrés. Les expatriés libanais avaient eu un impact significatif sur les résultats globaux des scrutins lors des dernières législatives en 2022, qui avaient mené à l'élection d'une douzaine de parlementaires issus du grand mouvement de contestation de 2019.

« Contraire au principe d'égalité » entre résidents et émigrés libanais

« Alors que le Liban fait face à des menaces existentielles, nous assistons aujourd’hui à des divergences entre les responsables politiques concernant l’article 112 de la loi électorale en vigueur, suspendu lors des scrutins de 2018 et 2022 », a lancé Mgr Raï dans son homélie. Il a estimé que « la création de six circonscriptions réservées aux expatriés est contraire au principe d’égalité entre résidents et émigrés, garanti par la Constitution ».

L'édito d'Élie Fayad

Le Liban aurait-il peur de sa diaspora ?

Aux yeux de Mgr Raï, « limiter les expatriés à six sièges parlementaires nuit à leur lien avec leur patrie et leur famille, et les prive de leur participation à la vie politique. Ce que nous voyons dans cet article 112 est une forme d’exclusion. » Il a plaidé pour que «les Libanais de la diaspora puissent voter librement sur base de leur circonscription d’origine», appelant ainsi à l’abrogation de l’article 112.

« Peu de paroles et beaucoup d'actes »

S’adressant au chef de l'État, le patriarche Raï a déclaré que sa « visite au tombeau de saint Charbel est un signe d’espérance. Le Liban a besoin de dirigeants à l’image des saints Charbel et Élie : peu de paroles, beaucoup d’actes ». « Votre présence aujourd’hui confirme que le Liban, malgré tout, reste bâti sur deux piliers fondamentaux : Dieu et ses saints. Nous prions pour que Dieu vous accorde patience et sagesse pour diriger le Liban, qui traverse une période délicate et difficile, et qui exige une réflexion approfondie pour être surmontée. Vous y croyez et vous y œuvrez », a-t-il poursuivi.

Saint Charbel, né Youssef Makhlouf, était un moine et prêtre maronite du 19e siècle. Il est célébré le troisième dimanche de juillet par l'Église maronite, et le 24 juillet par l'Eglise latine. Il fait partie des saints les plus vénérés et populaires au Liban. La Saint Élie, elle, célèbre tous les 20 juillet le prophète Élie de l'Ancien Testament.


Le patriarche Béchara Raï a pris position dimanche lors d'une messe à Annaya, sur les hauteurs de Jbeil, en faveur du vote des expatriés libanais pour les 128 députés du Parlement, et non pour six parlementaires supplémentaires élus exclusivement par la diaspora. Lors d'une messe célébrant les saints Charbel et Elie, le chef de l’Église maronite a estimé que l’article 112 de la loi électorale, qui prévoit ces six députés supplémentaires, « annule le droit des Libanais de l’étranger de voter dans leurs circonscriptions d’origine » et constitue une « violation de la Constitution et du principe d’égalité ». Cette messe a eu lieu au couvent Saint Maron, en présence du chef de l'État, Joseph Aoun, de son épouse Neemat et de plusieurs responsables politiques. Repère Vote des expatriés...
commentaires (10)

Toutes les lois votées sous la menace des armes devraient être nulles et non avenues. On tourne la page avec une page blanche et non noircie par les actes du passé qui ont anéanti notre pays. C’est la logique même.

Sissi zayyat

14 h 06, le 21 juillet 2025

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Commentaires (10)

  • Toutes les lois votées sous la menace des armes devraient être nulles et non avenues. On tourne la page avec une page blanche et non noircie par les actes du passé qui ont anéanti notre pays. C’est la logique même.

    Sissi zayyat

    14 h 06, le 21 juillet 2025

  • Pour mettre fin à une période néfaste qui a englouti notre pays, il faut annuler toutes les lois qui ont été adoptées par la terreur et sous les menaces. Il n’y a pas de démocratie ni de lois reconnaissables sous la menace POINT. Berry doit comprendre que ce qu’il a fait est anticonstitutionnel et s’il refuse de jouer son rôle et rien que son rôle devrait être remercié dans les plus brefs délais. Pourquoi discuter ou reconnaître une loi votée sous occupation? Oui le Liban était occupée par les mercenaires iraniens qui refusent de reconnaître notre état officiel à ce jour.

    Sissi zayyat

    13 h 11, le 21 juillet 2025

  • Mais la diaspora libanaise n’existe que pour envoyer de l’argent au pays et venir dépenser son argent en vacances au Liban. Tous les professionnels du tourisme attendent comme des charognards les émigrés et se lamentent s’il y a la moindre menace sécuritaire.

    Lecteur excédé par la censure

    08 h 39, le 21 juillet 2025

  • C’est toujours le même qui bloque tout. Justice !

    Jacques d

    02 h 50, le 21 juillet 2025

  • Deja pour les 6 députés, comment se fera le vote : est ce que chacun sera élu par les electeurs de la diaspora de sa communauté ou indiferemment. Devront ils etre sur des listes et comment sont elles structurées. Devront ils etre eux mêmes résidents á l'étranger ou au Liban. Les anti hezballah ont il noté des variations dans les inscrits?. Autant de questions avec leurs reponses qui peuvent indiquer des influences voire coercitions possibles dans l'election. Assurons nous deja que pour ces 6, N. Berri ne sorte pas un énième lapin qui dénaturerait le plus légalement du monde le vote.

    Moi

    22 h 51, le 20 juillet 2025

  • Le Liban est foutu... Et tout le monde fait mine de ne pas s'en rendre compte

    Emile

    18 h 00, le 20 juillet 2025

  • Le Patriarche veut-il dire que quand les francais résidant à l’étranger votent pour “leurs” députés, cela est aussi une forme d’exclusion?! Ou était le Patriarche lors de l’adoption de cette loi en 2017? À ce moment là c’était un acquis pour la diaspora et maintenant c’est une forme d’exclusion ?

    Antoine Safi

    17 h 34, le 20 juillet 2025

  • Ce n'est absolument pas "une forme d'ex clusion" de la diaspora mais bien une exclusion à part entière d'une partie majeure de Libanais au profit de qui on sait. Quand va-t-on commencer à dire les choses telles qu'elles sont sans se cacher derrière des écrans de fumée ou d'encen ?

    Remy Martin

    17 h 19, le 20 juillet 2025

  • C est un droit acquis pour LA diaspora!! fichez nous la paix TOUS avec vos mensonges .

    Marie Claude

    16 h 28, le 20 juillet 2025

  • La diaspora tient le pays a bout de bras. Elle doit avoir les memes droits electorales que la population du liban

    nabil samir

    15 h 35, le 20 juillet 2025

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