Le patriarche maronite Béchara Raï lors d'une messe à Annaya, le 20 juillet 2025. Photo X / @LBPresidency
Le patriarche Béchara Raï a pris position dimanche lors d'une messe à Annaya, sur les hauteurs de Jbeil, en faveur du vote des expatriés libanais pour les 128 députés du Parlement, et non pour six parlementaires supplémentaires élus exclusivement par la diaspora. Lors d'une messe célébrant les saints Charbel et Elie, le chef de l’Église maronite a estimé que l’article 112 de la loi électorale, qui prévoit ces six députés supplémentaires, « annule le droit des Libanais de l’étranger de voter dans leurs circonscriptions d’origine » et constitue une « violation de la Constitution et du principe d’égalité ». Cette messe a eu lieu au couvent Saint Maron, en présence du chef de l'État, Joseph Aoun, de son épouse Neemat et de plusieurs responsables politiques.
Le président de la Chambre des députés, Nabih Berry, avait bloqué le 30 juin un amendement à la loi électorale qui prévoit la participation à la diaspora à l’élection des 128 députés dans leur circonscription d’origine, comme cela était le cas en 2018 et 2022, et non pour six parlementaires spécifiques aux émigrés. Les expatriés libanais avaient eu un impact significatif sur les résultats globaux des scrutins lors des dernières législatives en 2022, qui avaient mené à l'élection d'une douzaine de parlementaires issus du grand mouvement de contestation de 2019.
« Contraire au principe d'égalité » entre résidents et émigrés libanais
« Alors que le Liban fait face à des menaces existentielles, nous assistons aujourd’hui à des divergences entre les responsables politiques concernant l’article 112 de la loi électorale en vigueur, suspendu lors des scrutins de 2018 et 2022 », a lancé Mgr Raï dans son homélie. Il a estimé que « la création de six circonscriptions réservées aux expatriés est contraire au principe d’égalité entre résidents et émigrés, garanti par la Constitution ».
Aux yeux de Mgr Raï, « limiter les expatriés à six sièges parlementaires nuit à leur lien avec leur patrie et leur famille, et les prive de leur participation à la vie politique. Ce que nous voyons dans cet article 112 est une forme d’exclusion. » Il a plaidé pour que «les Libanais de la diaspora puissent voter librement sur base de leur circonscription d’origine», appelant ainsi à l’abrogation de l’article 112.
« Peu de paroles et beaucoup d'actes »
S’adressant au chef de l'État, le patriarche Raï a déclaré que sa « visite au tombeau de saint Charbel est un signe d’espérance. Le Liban a besoin de dirigeants à l’image des saints Charbel et Élie : peu de paroles, beaucoup d’actes ». « Votre présence aujourd’hui confirme que le Liban, malgré tout, reste bâti sur deux piliers fondamentaux : Dieu et ses saints. Nous prions pour que Dieu vous accorde patience et sagesse pour diriger le Liban, qui traverse une période délicate et difficile, et qui exige une réflexion approfondie pour être surmontée. Vous y croyez et vous y œuvrez », a-t-il poursuivi.
Saint Charbel, né Youssef Makhlouf, était un moine et prêtre maronite du 19e siècle. Il est célébré le troisième dimanche de juillet par l'Église maronite, et le 24 juillet par l'Eglise latine. Il fait partie des saints les plus vénérés et populaires au Liban. La Saint Élie, elle, célèbre tous les 20 juillet le prophète Élie de l'Ancien Testament.



Toutes les lois votées sous la menace des armes devraient être nulles et non avenues. On tourne la page avec une page blanche et non noircie par les actes du passé qui ont anéanti notre pays. C’est la logique même.
14 h 06, le 21 juillet 2025