Des secouristes et des habitants se rassemblent sur le site d’une frappe aérienne israélienne ayant visé une voiture à Saïda, le 10 juin 2026. Photo Mahmoud ZAYYAT / AFP
L'armée israélienne mène depuis plusieurs jours des frappes successives et intensives sur certains villages du Liban-Sud, et notamment des cazas de Tyr et Nabatiyé, une tendance qui semblait encore se confirmer mercredi. Des avions de chasse israéliens se sont ainsi acharnés dans la journée sur le village de Tayr Debba, situé à l'est de Tyr, à plus de 30 kilomètres en profondeur dans le territoire libanais, qui a été bombardé à au moins huit reprises, ainsi que sur Majdel Zoun, dans la même région, et Kfarremmane, dans le caza de Nabatiyé. Elle a en outre de nouveau bombardé les « quartiers populaires » de Tyr, après avoir mené plusieurs raids meurtriers sur cette zone mardi.
À Tayr Debba, six personnes ont été tuées, donc cinq habitants de la localité, parmi lesquels Issam Reda, ancien joueur du club de football Tadamon de Tyr et entraîneur des jeunes du club.
Frappe sur une voiture à Saïda
Fait notoire, l’armée israélienne a mené une frappe de drone sur un véhicule stationné en plein cœur de Saïda, dans la rue Riyad el-Solh, en face de l’évêché maronite et à côté d’une station-service, selon les informations de notre correspondant dans la région, Mountasser Abdallah. Deux corps ont été extraits du véhicule ciblé, qui a pris feu. L'incendie s’est propagé à plusieurs voitures voisines, causant des dégâts supplémentaires. D’épaisses colonnes de fumée ont été observées sur les lieux.
Une autre frappe de drone meurtrière a eu lieu à Doueir (caza de Nabatiyé), tuant Hussein Ali Tahmaz, selon notre correspondant dans la région.
Parallèlement à ses bombardements au Liban-Sud, essentiellement dans le caza de Tyr, l'armée israélienne a émis un ordre d'évacuation durant la matinée pour trois villages, Ghassaniyé (caza de Saïda), Houmine el-Faouqa (caza de Nabatiyé), ainsi qu'Ansariyé (caza de Saïda), village ciblé à de nombreuses reprises mardi. Elle a également enlevé deux personnes à Kfarchouba, un membre du conseil municipal, Mohammad Hassan el-Hage, ainsi qu’un employé de la municipalité, Ahmad Salah Diab, selon le président de la municipalité.
Dans la matinée, des tirs nourris à l’arme automatique depuis des hélicoptères Apache ont visé les abords du château de Beaufort, où se concentrent des combats entre le Hezbollah et l'armée israélienne depuis la prise de cette forteresse le 31 mai, et à partir duquel l'armée israélienne tente d'avancer dans le caza de Nabatiyé.
Le Hezbollah revendique une attaque à Debel
De son côté, le Hezbollah a revendiqué une attaque menée avec des « drones kamikazes » sur un « quartier général nouvellement établi de la 401e brigade blindée de l'armée israélienne à Debel ». Si le parti revendique parfois des frappes sur des positions israéliennes à l'intérieur de Debel, village chrétien encore habité au Liban-Sud, dans le caza de Bint Jbeil, les autorités municipales continuent d'affirmer qu'il n'y a pas de présence israélienne à l'intérieur de la localité, mais à sa périphérie.
Plus largement, le parti-milice a poursuivi ses attaques contre l’armée israélienne au Liban-Sud. La formation chiite dit notamment avoir visé des rassemblements de l’armée israélienne à Bayada (sur le littoral au sud de Tyr) à minuit, ainsi qu'aux abords de la localité de Yohmor el-Chaqif (caza de Nabatiyé) à 5h10 du matin.

