D’habitude, notre bananeraie locale est délicieusement bercée par un mouvement de balancier qui va dans un sens puis dans l’autre au gré des crises politiques et de l’air du temps. Un coup à hue, un coup à dia.
Sauf que cette fois, Tom Barrack est venu, reparti, revenu, puis reparti… Depuis, quelle logorrhée chez nos ahuris, dès qu’il s’est mis à pondre ses saillies en rafale ! En éternels margoulins, champions toutes catégories des circonvolutions alambiquées, nos canassons politiques ne s’attendaient sans doute pas à encaisser autant d’uppercuts dans les gencives. Ce qui ne les a pas empêchés d’orchestrer un pot-pourri de questions-réponses, pinaillant sur des détails débiles, alors que le plan directeur d’origine est on ne peut plus simple : compléter la déculottée dans les grandes largeurs dégustée par le Parti barbu, qui s’est proprement étalé au cours de sa dernière victoire divine ratée.
Et comme pour corser une recette déjà fort épicée, voilà que les nouveaux frérots syriens au pouvoir renouent avec leur jeu favori : relancer l’animation dans leur pays en organisant des massacres itinérants tantôt chez les alaouites, tantôt chez les druzes. Mal leur en a pris, surtout avec ces derniers, qui ont ameuté leurs coreligionnaires en Hébraïe voisine, lesquels ont aussitôt fait un brin de ménage jusqu’aux abords du palais de l’islamiste repenti Chareh, dit Abarberacourcix. Quand on pense que ce dernier était à deux doigts (c’est le cas de le dire !) d’entamer quelques attouchements avec Bibi le Nataniais, en guise de préliminaires pour relooker les accords d’Abraham !
C’est ce qui s’appelle se faire cocu avant même de convoler.
Autant de bouleversements qui chez nous ont foutu en rogne l’inénarrable Wi’am Wahab, dernier pro-Assad de charme soubresautant encore au pays du Koullouna. Le guignol druze, dont tout le monde a oublié qu’il fut brièvement ministre de l’Environnement sous le mandat d’Émile Ier le Prolongé, a décidé de se concocter une milice aux petits oignons pour, dit-il, s’en aller défendre ses cousins à Soueida. Raté ! Les Israéliens viennent de lui brûler la politesse en ratissant large parmi les jihadistes en chemise de nuit et babouches, aussitôt envoyés tutoyer les 72 vierges promises. C’est vraiment pas de chance pour cet homme au bilan politique désespérément vide et du fond duquel rien ne présage ni ne surnage. Lui est en tout cas persuadé d’avoir fait œuvre d’intelligence, alors même que ses rivaux s’interrogent encore sur l’intelligence de l’œuvre. D’ailleurs, question intelligence, on peut dire que Wi’am est au-dessus de tout soupçon.
Dans tout ce magma surréaliste, heureusement qu’il nous reste encore la télé couleur. Ainsi, quand le Châtelain de Baabda et Tonton Nawaf nous assurent pour la millième fois que l’État reprendra le monopole des armes, on a au moins la satisfaction de les voir rougir.
gabynasr@lorientlejour.com


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Merci Gaby, encore un édito à la hauteur de tout ce qu'on peut imaginer de véridique.
11 h 27, le 21 juillet 2025