Appel solennel à Son Excellence le Président de la République, à Son Excellence le Premier ministre et à l’opinion publique nationale.
Alors que le Liban prépare sa façade estivale, repeinte aux couleurs de la fête, de la mer et des montagnes, Tripoli reste, elle, murée dans l’oubli, comme un mot qu’on n’ose plus prononcer. Invisible. Abandonnée. Asphyxiée. Une ville que l’on renvoie, encore et encore, à cette étrange étiquette : « Cas particulier » – un qualificatif devenu le cache-misère d’un désengagement d’État.
Mais aujourd’hui, l’heure n’est plus aux formules creuses. Aujourd’hui, Tripoli saigne. Et la République détourne les yeux.
Deuxième ville patrimoniale du monde après Venise, Tripoli est méthodiquement dépecée.
Ses bâtiments centenaires s’effondrent dans l’indifférence. Son architecture s’éteint, son histoire s’efface, sa mémoire s’effondre pierre après pierre.
Quelques jours plus tôt encore, une école historique s’est écroulée au cœur de la ville. Aucun ruban de sécurité. Aucun communiqué officiel. Juste le silence. Le même silence qu’on oppose à cette ville depuis des années.
Tripoli est devenue une orpheline de la République. Sans plan. Sans vision. Sans protection.
Ses souks, ses khans, ses hammams, ses joyaux ottomans et mamelouks sont aux mains de groupes organisés, qui dictent leur loi, bloquent toute initiative, interdisent la vie.
Et nous posons la question, à voix haute, et sans détour : à qui profite la mort lente de Tripoli ? L’abandon de cette ville fait-il partie d’un marché inavoué ? Pourquoi la ville qui abrite le plus vaste patrimoine urbain du pays est-elle exclue de toutes les politiques touristiques, économiques, culturelles ?
Marcher dans Tripoli aujourd’hui, c’est traverser une ville fantôme. Des quartiers entiers plongés dans la misère. Une jeunesse délaissée, une population exténuée, des enfants qui apprennent le renoncement avant l’alphabet.
Et que fait la société civile ? Elle dort. Et les élites ? Elles se taisent. Et les politiques ? Ils ont déserté, ou pire, participé à cette lente mise à mort. Tripoli a été instrumentalisée, puis sacrifiée.
Et pourtant, dans cet effondrement, Tripoli reste la ville de tous les possibles.
Par sa position géostratégique, ses savoir-faire, son port oublié, sa jeunesse, elle pourrait être la capitale d’un renouveau libanais.
C’est pourquoi nous vous interpellons aujourd’hui, Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre : cessez de parler de Tripoli comme d’un problème ; regardez-la pour ce qu’elle est : une ville libanaise, digne, meurtrie, mais debout ;
assez de promesses vides. Assez de plans jamais appliqués. Assez d’indifférence.
Nous exigeons un sursaut national. Nous exigeons une décision politique forte : la mise en place d’un plan de sauvetage immédiat pour Tripoli ; le rétablissement de l’autorité publique sur son territoire patrimonial ; la protection immédiate de ses monuments et de son tissu social ; l’intégration de la ville dans tout projet de relance nationale.
Car si Tripoli tombe, c’est toute la République qui perd une partie de son âme.
Tripoli crie. Tripoli attend. Tripoli n’oubliera pas.
À bon entendeur, l’heure est au sursaut !
Chercheuse, présidente fondatrice association « Patrimoine Tripoli Liban »
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DEUXIÈME ville patrimoniale du MONDE, c.a.d. une fois retapée, elle deviendra PREMIÈRE ville patrimoniale AU MONDE. !!!! Hourra . Exclue de toutes les politiques touristiques, économiques, culturelles ? ET QUE FAIT LA SOCIÉTÉ CIVILE ? LES ÉLITES ? ELLES DORMENT. LES POLITIQUES ? Ils N'ont pas déserté, ILS PROFITENT à bas prix ! Sacrifiée depuis 1942 ! Oui et alors ? NOUS EXIGEONS, NOUS EXIGEONS !? HO , Yavash , qui êtes-vous pour EXIGER ? Dans ce cas : Espérez une réponse une semaine avant les élections 2026. (Soc. Civ/ÉLITE / Polit. )
16 h 06, le 11 juillet 2025