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Société - Sécurité

« Pas de risques » après un projet d’envoi de batteries de voitures piégées de la Syrie vers le Liban

« Les batteries ne sont pas entrées au Liban et ne présentent pas de risque » pour la population, affirme une source de la Sûreté générale à « L’Orient Today ».

« Pas de risques » après un projet d’envoi de batteries de voitures piégées de la Syrie vers le Liban

Des véhicules circulent près de la place centrale de la ville de Nabatiyé, au Liban-Sud, le 29 novembre 2024, deux jours après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu avec Israël. Matthieu Karam/L’Orient-Le Jour

Selon un document classifié de la Sûreté générale daté du vendredi 4 juillet 2025, authentifié lundi par une source au sein de la SG et une autre du ministère de l’Intérieur, les autorités libanaises ont reçu des renseignements faisant état d’une « intention de groupes terroristes » de faire passer en contrebande des batteries de voiture piégées en provenance de Syrie. La source de la SG a indiqué à L’Orient Today que les « batteries ne sont pas entrées au Liban », assurant que la cargaison en question ne présente aucun risque pour la population.

Le document fait état de « renseignements sur l’intention de groupes terroristes d’introduire clandestinement des batteries de voiture piégées au Liban via les frontières terrestres du nord et de l’est ». Les batteries seraient destinées à être utilisées dans des « attaques terroristes », selon le même document.

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La circulaire n° 18775, publiée par le département de la sécurité de la Direction générale de la Sûreté générale, est signée par le général de brigade Hadi Abou Chakra au nom du directeur général de la SG et par le colonel des douanes Nidal Diab, au nom du directeur général par intérim des douanes, Raymond Khoury. Le document a été communiqué à plusieurs autorités et services, dont le Grand Sérail, le ministère de l’Intérieur, la Sécurité de l’État et la direction des douanes, et a demandé à ces organismes de « prendre les mesures nécessaires ». Il a également été transmis aux bureaux de douane régionaux et aux départements de contrôle de la contrebande à Beyrouth, Chtaura et Tripoli.

« Éviter la panique générale »

La source au sein de la SG explique à notre publication que « les batteries de voiture en question ne sont pas entrées au Liban et ne présentent aucun risque pour les citoyens ». Elle souligne que la Sûreté avait initialement prévu de garder le document en interne, afin d’« éviter la panique générale ». « Il semble que l’un des employés des douanes l’ait divulgué à la presse », explique la source, sans plus de détails. Les douanes étaient injoignables dans l’immédiat pour réagir à ces affirmations.

La source au ministère de l’Intérieur confirme pour sa part que le ministre de l’Intérieur Ahmad Hajjar « s’est concerté avec la Sûreté générale sur cette question », mais a noté qu’« en raison de la nature sensible de la circulaire, aucune autre information ne peut être fournie aux médias » concernant le complot supposé, l’identité des autorités qui l’ont déjoué et la cargaison de batteries en question.

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« Il est très possible de cacher des explosifs à l’intérieur des batteries de voiture », explique un mécanicien automobile de Beyrouth spécialisé dans les systèmes électriques. « Quelqu’un qui sait ce qu’il fait peut ouvrir une batterie, retirer les parties internes et la remplir d’explosifs, puis la refermer de manière à ce qu’elle ressemble à une batterie normale de l’extérieur », explique-t-il. « Souvent, les bornes de la batterie sont laissées en place pour donner l’impression qu’elle est entièrement fonctionnelle. Il est aussi possible de connecter des fils et donner l’impression qu’elle fonctionne, même si elle n’alimente rien », ajoute le mécanicien. Les explosifs à l’intérieur peuvent être déclenchés de différentes manières, notamment par une télécommande, une minuterie ou lorsque la voiture est démarrée.

Menace terroriste au Liban ?

La menace terroriste au Liban a refait surface après l’attentat-suicide du 22 juin à l’église Saint-Élie de Damas qui a fait au moins 25 morts. Cet attentat, le plus meurtrier visant des chrétiens en Syrie depuis la guerre de 2011-2024, a été revendiqué par un groupe jihadiste obscur du nom de « Saraya Ansar el-Sunna ». Depuis cet incident, les services de sécurité libanais ont annoncé une série d’arrestations liées à des cellules terroristes présumées opérant dans le pays, sans toutefois établir de lien avec l’attentat de Damas.

Lundi dernier, la SG a perquisitionné un appartement dans le quartier de Bourj el-Brajné, dans la banlieue sud de Beyrouth, et arrêté plusieurs personnes qui seraient de nationalité syrienne. Alors que la chaîne al-Manar, affiliée au Hezbollah, avait affirmé qu’il existait des liens entre les suspects, le groupe jihadiste État islamique et le Mossad israélien, une source de sécurité avait affirmé à notre publication que ces informations étaient « exagérées ». Le porte-parole du Hezbollah, Youssef el-Zein, avait pour sa part indiqué à L’Orient-Le Jour qu’aucun lien n’avait été établi entre les suspects arrêtés et l’EI.

Certains opposants au Hezbollah et des experts affirment que le parti utilise le prétexte de risque d’attaques terroristes au Liban pour justifier le maintien de ses armes, d’autant plus que la pression internationale et interne pour désarmer la formation s’accroît, après la guerre meurtrière qui a opposé le Hezbollah à Israël.

Selon un document classifié de la Sûreté générale daté du vendredi 4 juillet 2025, authentifié lundi par une source au sein de la SG et une autre du ministère de l’Intérieur, les autorités libanaises ont reçu des renseignements faisant état d’une « intention de groupes terroristes » de faire passer en contrebande des batteries de voiture piégées en provenance de Syrie. La source de la SG a indiqué à L’Orient Today que les « batteries ne sont pas entrées au Liban », assurant que la cargaison en question ne présente aucun risque pour la population.Le document fait état de « renseignements sur l’intention de groupes terroristes d’introduire clandestinement des batteries de voiture piégées au Liban via les frontières terrestres du nord et de l’est ». Les batteries seraient destinées à être...
commentaires (1)

On en revient aux rumeurs propagées par le hezballah et ses médias qui tournent autour de l'integrisme sunnite. Que les forces de sécurité commencent par se préocupper des armes du hezballah qui sont sous leurs fenetres plutot que d'hypothetiques voitures piégées de syrie. Les premières sont bien réelles et documentées dans les médias.

Moi

18 h 54, le 07 juillet 2025

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Commentaires (1)

  • On en revient aux rumeurs propagées par le hezballah et ses médias qui tournent autour de l'integrisme sunnite. Que les forces de sécurité commencent par se préocupper des armes du hezballah qui sont sous leurs fenetres plutot que d'hypothetiques voitures piégées de syrie. Les premières sont bien réelles et documentées dans les médias.

    Moi

    18 h 54, le 07 juillet 2025

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