Un convoi de l'armée libanaise circulant dans la banlieue sud de Beyrouth le 18 mai 2025 en marge des élections municipales. Photo armée libanaise
Une unité de la Sûreté générale a effectué lundi une descente dans la banlieue sud de Beyrouth et arrêté un groupe d'individus dans un appartement situé dans le quartier de Bourj el-Barajné, rapportent plusieurs médias locaux. Selon la chaîne du Hezbollah, al-Manar, ce groupe est soupçonné d'appartenir au groupe État islamique (EI).
Des images filmées par des riverains et partagées sur les réseaux sociaux montrent au moins cinq personnes interpellées par des agents de sécurité, comme relayé par la chaîne locale al-Jadeed.
Les images de cette opération ont d'autant plus circulé après que la chaîne al-Manar a affirmé que ces arrestations ont été menées sur la base de « soupçons de liens avec Daech », utilisant l'appellation arabe de l'organisation EI.
« Mouvements suspects »
Selon le site du média, les hommes appréhendés seraient des ressortissants syriens. Après avoir observé « des mouvements suspects du groupe depuis hier (dimanche) soir », la troupe aurait décidé de passer à l'action. Un correspondant d'al-Manar a également ajouté qu'un « logiciel de communication avec le Mossad » (les services de renseignement extérieurs israéliens) aurait été découvert sur les téléphones des individus interpellés, sans apporter plus de détails.
Contactée par notre publication, l'armée n'a pas souhaité faire de commentaires sur le motif de ces arrestations jusqu'à présent.
Ces événements interviennent dans un contexte de vigilance accrue contre une potentielle résurgence de la menace jihadiste dans la région, une semaine après un attentat-suicide dans une église de Damas, en Syrie, ayant fait au moins 25 morts et revendiqué par un groupe considéré comme proche de l'EI. Trois Libanais accusés d'être membres de la cellule ayant organisé cette attaque contre l'église Saint-Élie ont depuis été arrêtés par les forces de sécurité syriennes.
La semaine dernière, les services de renseignement de l'armée libanaise avaient annoncé l'arrestation du nouveau chef présumé de l'EI au Liban, surnommé « Qassoura », ainsi que de plusieurs autres personnes, sans établir de liens avec l'attentat à Damas.
Le Liban, et en particulier la banlieue sud de Beyrouth, a fortement été touché par les groupes jihadistes durant la guerre civile syrienne (2011-2024). En novembre 2015, un double attentat-suicide revendiqué par l’EI dans la banlieue sud de Beyrouth, en représailles au soutien apporté par le Hezbollah au régime Assad, avait fait 44 morts.



Ca sent le coup monté à plein nez
20 h 12, le 30 juin 2025