Des personnes inspectent les dégâts après une frappe israélienne sur Nabatiyé dans le sud du Liban, le 27 juin 2025. Photo AFP / Mahmoud Zayat
Un État « défaillant », « coupable », « inexistant » : le mufti jaafarite Ahmad Kabalan, proche du tandem chiite Amal-Hezbollah, a sévèrement critiqué l’État libanais dans un communiqué relayé dimanche par l’Agence nationale d'information (ANI, officielle). Le dignitaire chiite réagissait ainsi aux récentes violations israéliennes au Liban-Sud qui, malgré le cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024, après treize mois de guerre entre le Hezbollah et l’armée israélienne, se poursuivent presque quotidiennement.
« Dans ce domaine, l’État est coupable, très défaillant, il punit délibérément avec une intention préméditée son propre peuple, et il est même noyé dans les soupçons liés à ses positions (...) Tout le monde a été surpris de voir Israël agir à sa guise sans la moindre riposte de la part d’un État inexistant », a-t-il affirmé.
Le mufti a insisté sur la nécessité de «prouver la capacité de l’État à protéger sa population et sa souveraineté, notamment au sud du fleuve», en référence à l’accord de cessez-le-feu avec Israël qui prévoit le déploiement de l’armée libanaise et de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) au sud du Litani, ainsi que l’application de la résolution 1701 de l'ONU, qui implique notamment le désarmement du Hezbollah.
Dans le communiqué rappelant le début du mois de mouharram dans le calendrier musulman, important pour la communauté chiite parce que son 10e jour est marqué par la commémoration de l'Achoura, le cheikh Kabalan a aussi fait l'éloge de la « résistance qui n’acceptera pas de vendre le Liban ».
« Jeu médiatique »
Le cheikh a également assimilé « le jeu médiatique dans le pays » à une manœuvre du « Mossad (...) visant la tête de la résistance et de son peuple ». Il a ajouté : « Faire la guerre à toute une communauté, c’est condamner le Liban à la ruine. Et à ceux que cela concerne, je dis : nous ne livrerons pas la tête du Liban à qui que ce soit, et celui qui se soucie de la sécurité et de la souveraineté ne place pas sa nuque entre les mains de Washington et, derrière elle, d’Israël ».
Ces propos interviennent alors que le Premier ministre Nawaf Salam a déclaré samedi, dans un entretien au quotidien saoudien al-Sharq al-Awsat, que « le monopole de l'État sur les armes est un besoin pour le Liban avant d'être une exigence internationale ». De son côté, le leader des Forces libanaises (FL) et adversaire du Hezbollah, Samir Geagea, a estimé que l'approche souple adoptée par le président Joseph Aoun sur le désarmement « a atteint ses limites dans le temps ».
Trois personnes ont été tuées et deux autres blessées samedi dans des frappes israéliennes à Kounine et Mahrouna, au Liban-Sud. Le porte-parole arabophone de l’armée israélienne, Avichay Adraee, a ensuite affirmé que « le responsable des missiles antichars dans la région de Bint Jbeil » du Hezbollah avait été « éliminé » à Kounine. Vendredi, dans la région de Nabatiyé, dans le cadre d’une escalade militaire israélienne, une frappe meurtrière avait tué une femme et blessé 21 personnes. Peu avant, les forces israéliennes avaient mené une vingtaine de bombardements sur des zones boisées des hauteurs de Nabatiyé, faisant sept blessés légers.
La position du mufti est alignée sur celle du secrétaire général du Hezbollah. Dans un discours prononcé samedi, Naïm Kassem a considéré que ces « violations relèvent de la responsabilité de l’État », qu'il a interpellé, jugeant inacceptable d’envisager une remise de l’arsenal du Hezbollah à l’armée libanaise sans un arrêt préalable des violations israéliennes.
La question du désarmement du Hezbollah a été remise sur le tapis par l'émissaire américain Tom Barrack qui a appelé à la fin de l’état de guerre avec Israël et demandé de nouveaux engagements de Beyrouth concernant le monopole des armes et le rétablissement de la souveraineté de l’État sur l’ensemble de son territoire. Ce dossier fait du sur place malgré les diverses consultations entre le chef de l’État et les parlementaires du parti chiite.
Le 13 mai, la Finul avait annoncé avoir découvert plus de 225 caches d'armes dans le Sud depuis la trêve. L'armée israélienne occupe toujours cinq points le long de la frontière et continue de bombarder le sud du pays.



Comment faut-il dire les choses à ces mafieux pour qu'ils comprennent et qu'ils se taisent ? c'est désespéré je sais, ils sont obtus menteurs et dans le dénis de la réalité qui est : 1- Ils ont empêché l'état ainsi que son armée d'exister, pour créer leur système mafieux pour le compte de l'Iran. 2- Ils ont, sans consulter les Libanais, déclenché une guerre qui a un coût exorbitant et le gout de la défaite amer. 3- Ils ont accepté le cessez le feu pour sauver leur peau tout en criant victoire. 4- Chacun est responsable des conséquences de ces actes et rien ne justifie leur comportement.
14 h 03, le 30 juin 2025