Le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem prononçant un discours le 28 juin 2025. Photo tirée du compte Telegram du Hezbollah
Le secrétaire général du Hezbollah Naïm Kassem a fait savoir samedi que sa formation « ne restera pas silencieuse » face aux violations israéliennes quasi-quotidiennes au Liban, à l'heure où les appels au désarmement de la formation chiite se font de plus en plus pressants. « Pensez-vous que nous resterons silencieux éternellement ? Non, tout cela a des limites. (…) Vous nous avez mis à l'épreuve, et vous voulez encore le faire ? Essayez ! », a-t-il déclaré dans un discours prononcé à l’occasion de la troisième journée du mois de mouharram précédant la commémoration de Achoura.
Cette période est incontournables pour la communauté chiite, et commémore le martyre de l’imam Hussein, petit-fils du prophète Mahomet, à la bataille de Kerbala en 680 après J.-C, face aux troupes du calife omeyyade Yazid. Au cours des dix jours menant à Achoura, il est de coutume que le numéro un du Hezbollah s'exprime quotidiennement sur des sujets d'ordre religieux et politique.
« Nous avons appliqué l’intégralité de l’accord (de cessez-le-feu). Ni les Israéliens, ni les Américains, ni les parties locales ne pourront trouver à redire. On ne nous demande pas pourquoi l’accord n’est pas respecté au niveau interne, mais on nous demande de remettre nos armes ! Vous nous demandez d’éliminer les facteurs de force qui étaient entre nos mains et qui faisaient peur aux Israéliens, alors que les Israéliens sont toujours là et qu’ils n’ont rien appliqué ! », a-t-il lancé.
Les violations israéliennes du cessez-le-feu entré en vigueur le 27 novembre 2024, après 13 mois de guerre entre le Hezbollah et l'armée israélienne, se poursuivent quotidiennement au Liban-Sud. Israël continue par ailleurs d'occuper cinq collines stratégiques au Liban-Sud.
La question du désarmement du Hezbollah a été remise sur le tapis cette semaine par l'émissaire américain Tom Barrack qui a appelé à la fin de l’état de guerre avec Israël et demandé de nouveaux engagements de Beyrouth concernant le monopole des armes et le rétablissement de la souveraineté de l’État sur l’ensemble de son territoire. Ce dossier fait du sur place malgré les diverses consultations entre le chef de l’État Joseph Aoun et les parlementaires du parti chiite.
"L’État doit faire pression"
Revenant sur les dernières attaques israéliennes au Liban-Sud, Naïm Kassem a assuré que ces « violations relèvent de la responsabilité de l'État ». « L'agression contre Nabatiyé, contre les femmes et la population, l'agression contre des agents de change sont totalement inacceptables et ne devraient pas se produire. L'État doit faire pression et assumer pleinement ses responsabilités », a encore dit le numéro un du Hezbollah.
Une femme a été tuée et 21 personnes blessées vendredi par des frappes israéliennes dans la région de Nabatiyé. Peu avant, les forces israéliennes avaient mené une vingtaine de bombardements sur des zones boisées de cette région. Ces raids ont fait sept blessés légers, selon le ministère de la Santé. Commentant ces frappes, l’armée israélienne a déclaré avoir attaqué « un site utilisé pour gérer les systèmes d’incendie et de protection du Hezbollah » faisant « partie d’un projet souterrain qui a été mis hors service suite à des opérations de l’armée israélienne dans le secteur ».
L'armée israélienne a par ailleurs tué mardi Haïtham Abdallah Bakri, le chef du réseau de change « al-Sadiq » et financier du Hezbollah, dans une frappe aérienne menée sur une voiture à Kfar Dajjal, dans le caza de Nabatiyé.
« Remettez vos armes à l'armée »
La sortie du secrétaire général du Hezbollah a suscité plusieurs réactions critiquant ses positions.
L'ancien ministre Richard Kouyoumjian, qui dirige le bureau des Affaires externes des Forces libanaises, a critiqué dimanche les propos de Naïm Kassem, affirmant que ses déclarations « appartiennent au passé et montrent une perte de position et une absence d'action ». « L'ironie est que vous, spécifiquement, n'êtes pas silencieux (...) Les Libanais sont fatigués de vous attendre éternellement, surtout qu'ils vous ont déjà essayé. Vous avez un seul choix : remettez vos armes à l'armée et revenez dans le giron de l'État et de la légalité », a-t-il écrit sur. Comme les FL, d’autres forces politiques appellent à un calendrier clair de désarmement, une exigence que le parti chiite continue de rejeter.
La députée de Beyrouth Paula Yacoubian a pour sa part critiqué sur son compte X « le déni du cheikh Naïm Kassem, qui masque les faits en prétendant avoir obtenu davantage de victoires imaginaires, ce qui ouvre la voie à une plus grande implication du Liban dans le bourbier régional et le prive de la reconstruction, ainsi que des aides internationales et arabes ». « La neutralité est la seule issue pour assurer la survie de notre pays (...) Attention à l’agenda iranien, qui ne se soucie que de ses intérêts et utilise notre peuple comme une ligne de défense », a-t-elle encore déclaré.
Le député Walid Baarini, membre du bloc de la Modération nationale, composé principalement de députés sunnites ex-haririens, a demandé au Hezbollah de prendre rapidement une position nationale historique en revenant dans le giron de l’État, en remettant ses armes et en évitant d’exposer le Liban à des risques dont personne ne mesure les conséquences, selon un communiqué cité par notre correspondant au Liban-Nord Michel Hallak. « Assez de slogans dépassés, assez de déni, assez de tergiversations au détriment de la patrie. La seule voie valable est celle de l’État. Suivez donc cette voie, car c’est la seule qui protège et construit », a écrit le député.
Dans les rangs du tandem chiite, en revanche, les voix qui se sont exprimées ont approuvé la ligne du chef du Hezbollah.
Dans une déclaration dimanche, le mufti jaafarite Ahmad Kabalan a fait écho aux propos de Naïm Kassem en considérant l'État responsable du non respect par Israël des termes du cessez-le-feu et des violations au Liban-Sud.
Le président du groupe des députés de Baalbeck-Hermel, le député du Hezbollah Hussein Hajj Hassan, a pour sa part appelé l’État à jouer son rôle aux côtés du Comité de surveillance du cessez-le-feu pour « mettre fin aux agressions israéliennes, assurer le retour des prisonniers, et commencer la reconstruction ». Quant aux questions nationales libanaises, « nous les traitons entre Libanais, entre nous », pouvait-on encore lire dans un autre communiqué rapportant des propos du député tenus lors d’une réunion dans le village de Nabi Osman, dans la Békaa.
L’ancien ministre Mustafa Bayram, proche du mouvement Amal, a aussi critiqué l’inaction de l’État, lui demandant « d’assumer ses responsabilités face aux agressions israéliennes », dans une déclaration faite depuis Kfar Hatta, dans le caza de Saïda au Liban-Sud.



Comment pût il mentir aux libanais en disant avoir respecter les conditions du cessez-le-feu alors que ce parti vendu sont en possession des armes des mollahs sur le territoire libanais pour l’utiliser contre leurs compatriotes maintenant qu’il n’a plus de menace de la part d’Israel d’envahir le sud liban puisque c’est déjà fait? Dans quel but ce parti continu de refuser de respecter les lois et l’armée nationale en s’y substituant? Non vous n’avez rien respecté comme d’habitude et tant pis pour vous puisque l’histoire est loin d’être terminée. Assez menacer, vous êtes démasqués.
14 h 46, le 04 juillet 2025