Le Premier ministre Nawaf Salam lors du Conseil des ministres du vendredi 27 juin 2025. Photo publiée sur le compte X du Grand Sérail
Le Premier ministre Nawaf Salam a déclaré samedi au quotidien saoudien al-Sharq al-Awsat que le rétablissement du monopole de l'État libanais sur les armes relevait davantage d’un « besoin » pour la souveraineté du Liban avant même d’être une exigence venant de l’étranger.
Le rétablissement de ce monopole, qui passe par le désarmement des camps palestiniens mais aussi des milices libanaises, avec le Hezbollah en tête, fait partie des « thématiques liées à la souveraineté du Liban et à l’exclusivité de l’armement [qui] relèvent d’un besoin urgent pour le pays, avant même d’être une exigence extérieure », a fait valoir le chef du gouvernement.
« Le Liban mérite d’être un État normal, où règnent la paix, la stabilité et l’État de droit pour tous ses citoyens, et où l’État est seul garant de leur protection et seul décisionnaire en matière de défense », a-t-il ajouté.
« Sans débat sur l’ordre de priorité »
M. Salam s’exprimait dans le sillage de sa réunion à Aïn el-Tiné avec le président du Parlement, Nabih Berry, pour discuter de la réponse que le Liban doit formuler à la proposition présentée par l’envoyé américain pour la Syrie, Tom Barrack, et relayée par l’intermédiaire du leader druze et ancien chef du Parti socialiste progressiste (PSP), Walid Joumblatt.
Jeudi, M. Joumblatt avait annoncé avoir remis aux autorités les armes détenues par sa formation, conformément aux exigences de la communauté internationale, en particulier des États-Unis, qui réclament le désarmement du Hezbollah.
« Nous abordons ces idées à partir de nos propres fondements, des principes que j’ai d’ailleurs rappelés lors de la dernière réunion du Conseil des ministres (vendredi, Ndlr). Ce qui est requis aujourd’hui, c’est l’application des ententes conclues en novembre dernier sous médiation américaine et française pour mettre fin aux hostilités. Cela suppose un retrait israélien des territoires libanais et la cessation des attaques qui menacent la stabilité. En parallèle, l’État libanais doit exercer pleinement sa souveraineté sur l’ensemble du territoire et être le seul à détenir les armes et à décider de la paix ou de la guerre », a-t-il encore affirmé, cité par al-Sharq al-Awsat.
Il a ajouté que toutes ces mesures doivent être mises en œuvre « sans débat sur l’ordre de priorité » et que « tout doit être appliqué le plus rapidement possible ».
La réunion entre Nawaf Salam et Nabih Berry n’a pas débouché sur une décision concrète. Néanmoins, selon le Premier ministre, elle s’est déroulée dans un climat « positif, et non négatif ». Une nouvelle rencontre aura lieu lorsque le chef du Parlement recevra une réponse du Hezbollah.
Au cours de la même journée, le secrétaire général du parti chiite, Naim Kassem, n’a pas semblé vouloir lâcher du lest sur ce dossier, restant sur une position qui subordonne le désarmement à la fin des violations israéliennes du cessez-le-feu conclu le 27 novembre 2024.



Le delai negocie par Nabih Berri au nom du Hezb pour le ramassage des armes s'est termine le 31 mai dernier. La lecture Israelo-Americaine de l'accord porte sur TOUTES les armes. Celle du tandem Berri-Hezb sur les seules au sud du Litani. Il est a craindre que les atternoiements n'aboutissent qu'a une recrudescence des attaques Israeliennes au Nord du Litani, sur la banlieue Sud et sur la Bekaa. C'est ce que M. Salam essaye d'eviter en demandant a Berri et au Hezb de cooperer avec l'etat.
19 h 23, le 29 juin 2025