
Chère lectrice, cher lecteur,
Il y a 27 ans, j’entrais pour la première fois dans les locaux de L’Orient-Le Jour. J’avais déjà trois enfants et une furieuse envie de me lancer dans le journalisme, après des années de coupure pour cause de maternité et une première carrière dans la publicité qui ne me ressemblait pas.
Je quittais juste les bancs de l’université où j’avais repris des études et côtoyé des étudiants bien plus jeunes que moi. C’était passionnant et amusant à la fois. Mais si dur de m’imposer une telle discipline, après m’être exclusivement consacrée à mes petits.
L’Orient-Le Jour m’a beaucoup donné. J’en ai fait de même. C’est devenu « mon » journal. Ma seconde famille. À une période où la mobilité est signe de bonne santé, j’ai choisi de rester. Malgré les crises, les bouleversements, les nécessaires restructurations. Malgré la fatigue et le découragement parfois aussi. Malgré une actualité souvent noire et cette bizarre impression d’avancer à contre-courant dans un pays qui recule un peu plus tous les jours.
Des guerres, j’en ai vécues. Depuis celle de 1975, lorsqu’encore adolescente, je m’insurgeais contre toute violence et rêvais naïvement de changer le monde… Jusqu’au retrait israélien de 2000 et la guerre 2006, où armée de mon bloc-note, de mon crayon et de ma caméra, je sillonnais les régions du Liban pour observer, comprendre, raconter, montrer les conséquences de la guerre. Depuis 2023, c’est avec autant d’effroi que je vois le Moyen-Orient s’enfoncer dans une série de conflits sanglants, avec leurs lots de morts, de destructions, d’horreurs.
Puisse quelque sage rendre aux hommes de guerre, leur humanité !
Anne-Marie el-Hage, reporter senior


À l’aéroport de Beyrouth, l’activité reprend (petit à petit), sans apaiser les inquiétudes

Après un week-end chaotique à l’AIB, marqué par l’annulation de vols en série depuis et à destination de Beyrouth et la fermeture de l’espace aérien libanais à deux reprises, l’activité semblait reprendre son cours normal lundi. La guerre entre la République islamique d’Iran et l’Etat hébreu, elle, ne cesse de s’aggraver. Les détails dans l’article de Layal Dagher.

Le Hezbollah est-il en train de reconstruire ses capacités militaires ?

Le Hezbollah se prépare-t-il à se réarmer ? Avant l’escalade régionale provoquée par l’attaque israélienne contre l’Iran vendredi, plusieurs échos de presse – notamment dans les médias israéliens – affirmaient que le parti chiite reconstruisait ses capacités militaires après la destruction de l’essentiel de son arsenal lors de la guerre de l'automne dernier, l'opposant à Israël. Qu’en est-il vraiment ? Lisez l’article de Malek Jadah.

Sous les bombes à Téhéran, des Iraniens pris en étau entre le régime et Israël

Pour des habitants de la banlieue sud de Beyrouth, impossible que le régime iranien tombe, alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré dimanche qu’« un changement de régime en Iran pourrait être une conséquence » de l’escalade en cours entre Israël et l’Iran. On craint surtout pour le guide suprême iranien, l’Imam Khamenei. Le reportage de Lyana Alameddine.

« Il est très peu probable que le régime iranien s’effondre »

Une partie de l’opinion publique en Iran se réjouit du coup porté par Israël aux gardiens de la révolution islamique, dont l’appareil sécuritaire a été mis à nu par la série de frappes. Mais la fin du régime iranien est loin d’être signée pour autant, explique l’historien Peyman Jafari, spécialiste de la politique et des mouvements sociaux en Iran à notre journaliste Clara Hage.

À Alep, la soif de justice déborde des murs du palais

A Alep où la misère et les ruines rappellent chaque jour les horreurs du régime et de ses alliés, la patience s’effrite et la soif de justice a déjà commencé à déborder. Les Syriens rêvent d’un système judiciaire refondé, sans y croire, écœurés par des décennies de corruption. Les vendettas, elles, gagnent du terrain. L’article de notre envoyée spéciale à Alep, Caroline Hayek avec Ahmad Roumi.

Wadad Halawani, cette « fourmi qui creuse dans la pierre » au service des disparus de la guerre du Liban

Wadad Halawani, devenue par la force du destin, une icône de la cause des personnes disparues et kidnappées au Liban, était à l’honneur de l’Institut arabe pour les femmes (AIW) à l’Université libano-américaine de Beyrouth (LAU). Une pièce de théâtre relate son combat titanesque après l’enlèvement de son époux Adnane en 1982, pour que les autorités se penchent sur la cause des disparus de la guerre civile libanaise (1975-1990). Le compte rendu d’Anne-Marie El-Hage.

