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Culture - Concert

Une nuit au piano avec Brahms, Szymanowski et les fantômes de Liszt

Le pianiste Jonathan Fournel a offert à l’Université antonine un récital d’une belle intensité, traversant avec virtuosité les univers de trois compositeurs.

Une nuit au piano avec Brahms, Szymanowski et les fantômes de Liszt

Le pianiste français Jonathan Fournel sur la scène de l’Université antonine. Photo publiée avec l’aimable autorisation de l’Université antonine

Au programme du récital pianistique de Jonathan Fournel à l’Université antonine le 26 mai : le Concerto italien de Bach ; Les Trois intermezzi de l’op. 117 de Brahms ; les Variations sur un thème populaire polonais de Karol Szymanowski ; et enfin la Sonate en si mineur de Franz Liszt. 

Le concerto dans le goût italien de Bach demeure l’une des œuvres pour clavier les plus populaires. Jonathan Fournel aborde cette page célèbre plutôt dans le goût français. Passons vite… La musique pour piano de Brahms est antivirtuose. 

Dans une certaine mesure, elle peut s’inscrire dans la lignée de la musique pour clavier de Robert Schumann, mais elle s’en distingue également, d’abord par une recherche encore plus marquée d’un antipode au brillant pianistique traditionnel – que le jeune Schumann lui-même avait pourtant cultivé -, ensuite par un sens de la forme que ce dernier ne possédait pas, mais qui permit à Brahms de réaliser une magistrale synthèse des styles romantique et classique.

L’œuvre pour piano de Brahms se compose d’une cinquantaine de pièces, parmi lesquelles des sonates, des variations, des ballades ainsi que divers Klavierstücke.

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C’est comme un journal intime, la partie la plus révélatrice, la plus significative du génie du musicien. Les premières paroles comme les dernières prononcées par Brahms dans l’histoire de la musique le sont au piano. Le premier intermezzo porte en épigraphe les vers suivants : « Dors tranquille, mon enfant, dors tranquille et sage, j’ai tant de peine lorsque je te vois pleurer. » Cet Opus 117 est peut-être le plus sombre que Brahms ait jamais composé. « Paysage d’automne », a-t-on dit. Plus encore. Désespoir et regret. Notre interprète l’a très bien senti, sa technique pianistique est de première force, puissante et d’une souple musculature. Aucun problème ne semble l’inquiéter. Il nous entraîne impérieusement dans le domaine de la musique pure avec les variations de Szymanowski. Parfait morceau hérissé d’embûches avec en particulier la huitième variation intitulée Marche funèbre, une page magnifique secouée du glas terrible qui résonne au plus profond du clavier où Jonathan Fournel a été admirable. 

La Sonate en si mineur de Liszt est une œuvre de haute synthèse musicale qui révolutionne totalement l’écriture pianistique et qui se projette loin dans l’avenir. Elle demeure malgré tout une œuvre tournée vers le romantisme. 

Cette Sonate qui émerge du silence sur l’appui de deux notes mystérieuses frappées à contretemps y rentre de nouveau après avoir parcouru, « du berceau à la tombe », sa fulgurante trajectoire, marquant du saut de l’unicité l’un des événements essentiels de toute l’histoire de la musique. Tous les jeunes pianistes tiennent à se mesurer à la Sonate de Liszt. Une partition redoutable. Jonathan Fournel, qui sait partir du fond du piano sans donner l’impression que c’est un effet, puis s’énerver, passer du grandiose au méditatif sans que l’unité ne se rompe, sans pourtant que la tempête soit évitée, non plus les redoutables détentes, ou souvent chez d’autres, l’auditeur peut songer à autre chose… Ici encore, partout, la présence de l’interprète est stupéfiante, sans être indiscrète, et c’est à regret qu’on entend les derniers accords se dissoudre dans l’ombre. 

Au programme du récital pianistique de Jonathan Fournel à l’Université antonine le 26 mai : le Concerto italien de Bach ; Les Trois intermezzi de l’op. 117 de Brahms ; les Variations sur un thème populaire polonais de Karol Szymanowski ; et enfin la Sonate en si mineur de Franz Liszt. Le concerto dans le goût italien de Bach demeure l’une des œuvres pour clavier les plus populaires. Jonathan Fournel aborde cette page célèbre plutôt dans le goût français. Passons vite… La musique pour piano de Brahms est antivirtuose. Dans une certaine mesure, elle peut s’inscrire dans la lignée de la musique pour clavier de Robert Schumann, mais elle s’en distingue également, d’abord par une recherche encore plus marquée d’un antipode au brillant pianistique traditionnel – que le jeune Schumann lui-même avait pourtant...
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