Les fidèles célébrant le dimanche des Rameaux dans le Akkar, au Liban-Nord. Photo Michel Hallak/L'Orient-Le Jour
Les chrétiens du Liban ont célébré dans tout le pays le dimanche des Rameaux, qui marque le début de la Semaine sainte, selon les témoignages rapportés par nos correspondants. Cette année, Pâques est célébrée le même jour au sein des communautés catholiques et grecques-orthodoxes.
Au siège patriarcal de Bkerké (Kesrouan), le chef de l'Eglise maronite, le cardinal Béchara Raï a axé son homélie sur le cinquantenaire du début de la guerre civile de 1975-1990, commémorée le 13 avril de chaque année. À Beyrouth, le métropolite grec-orthodoxe Élias Audi en a fait de même, exprimant l'espoir que les Libanais aient enfin « tiré les leçons du passé » et qu’ils s’engagent résolument à bâtir un État fort et uni.
Dans la région du Akkar au Liban-Nord, la pluie et le froid n’ont pas empêché les fidèles de se rendre à l’église, a rapporté notre correspondant Michel Hallak. Ils se sont rassemblés dans les églises et les anciens monastères, accompagnés d’enfants dans leurs habits du dimanche portant des bougies décorées de fleurs printanières.
De Halba et Kobayate jusqu'à Andkit, les paroissiens ont rempli les églises avant de descendre dans les rues dans une joyeuse procession. Ils ont chanté des cantiques, tout en agitant des branches de palmier. Dans leurs homélies, les prêtres ont prié « pour que la joie revienne au Liban après tant d’années de souffrances », et souhaité voir le pays se redresser après plusieurs années marquée par la crise économique, puis la guerre entre le Hezbollah et Israël.
Des scènes similaires ont été rapportées par notre correspondante dans la Békaa, Sarah Abdallah, plus précisément à Zahlé, où Mgr Ibrahim Ibrahim, archevêque grec-catholique melkite de Ferzol, Zahlé et de la Békaa, a célébré la messe des Rameaux à l’église Notre-Dame de la Délivrance. Dans son homélie, il a lancé un appel en faveur des droits des enfants au Liban et à la création d’un « ministère de l’Enfance, comme c’est le cas dans les pays développés ».
La messe des Rameaux en l'église de Sainte-Moura, dans le Akkar. Photo Michel Hallak/L'Orient-Le Jour
Les Rameaux ont aussi été célébrés au Liban-Sud qui panse encore les plaies de la guerre, dans un calme précaire maintenu depuis quelques jours, selon notre correspondant Mountasser Abdallah.
Dans la localité frontalière de Yaroun, dans le caza de Bint Jbeil, les fidèles ont célébré la « première messe depuis la fin de la guerre », comme l’a souligné le père Charbel Nadaf, curé de l’église Saint-Georges. « Nous avons célébré la fête dans la salle paroissiale, car l’église est toujours en ruines, et avons organisé la procession dans les rues du village », a-t-il ajouté.
Environ 50 personnes venues des villages voisins et de Beyrouth ont participé à la célébration. Parmi elles, trois familles ayant regagné Yaroun après la guerre. Elles sont désormais installées dans des maisons ayant échappé à la destruction.
Malgré la trêve entrée en vigueur le 27 novembre, Israël a effectué de nombreuses frappes au Liban-Sud, dans la Békaa et même jusqu'à la banlieue-sud de Beyrouth.



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19 h 08, le 13 avril 2025