Frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, le 28 mars 2025. Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
Après les déclarations de Jean-Claude Hawat, président du Syndicat des guides touristiques, affirmant que des touristes avaient reporté leurs vols vers le Liban après la frappe israélienne du 28 mars sur la banlieue sud de Beyrouth, Jean Abboud, président de l’Association des agents de voyages et de tourisme au Liban (ATTAL), a déclaré lundi à L’Orient-Le Jour qu’« aucun changement significatif » dans les réservations n’avait été constaté, du moins jusqu'au week-end dernier, soit avant la nouvelle frappe qui a visé la banlieue sud ce mardi 1er avril à l'aube.
À ce sujet, aucune déclaration n'a encore été faite : « les agences étant fermées depuis ce week-end en raison de la fête du Fitr, nous n'avons pas encore de visibilité sur l'éventuel impact de cette frappe sur les réservations », commente Jean Abboud ce 1er avril.
« Report de réservations après vendredi »
Vendredi à la mi-journée, quatre mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah, Israël a mené une frappe aérienne sur un immeuble à Hadath, dans la banlieue sud de Beyrouth, une première depuis le début de la trêve signée le 27 novembre dernier. Cette escalade a suivi le tir de deux roquettes, non revendiqués, vers le nord d’Israël plus tôt dans la journée, dont l’une est retombée sur le territoire libanais. Cette frappe est survenue seulement deux jours avant les célébrations de l'Eïd el-Fitr, une période qui voit habituellement un afflux de touristes étrangers et arabes, ainsi que d’expatriés.
Lors d’une interview radio donnée à Voice of Lebanon lundi, M. Hawat a affirmé que cette frappe israélienne avait entraîné le report d’un nombre important de réservations de voyageurs en provenance de pays européens et arabes vers le Liban. Il a insisté sur la nécessité d’une stabilité politique et sécuritaire pour relancer le secteur touristique du pays.
De son côté, Jean Abboud a quant à lui indiqué à L’OLJ que, bien que son association surveille de près la situation, aucun impact majeur sur les réservations n’a été observé pour le moment.
Pas encore d'impact sur les restaurants et cafés
Le président du syndicat des restaurants, cafés, night-clubs et pâtisseries du Liban, Tony Rami, a quant à lui condamné la frappe israélienne qui a ciblé la banlieue sud de Beyrouth dans la nuit de lundi à mardi et appelé à « ne donner aucun prétexte permettant à Israël de s’en prendre à (la) stabilité (du pays) et à (son) droit de vivre en paix ».
Il a également noté que « malgré les tensions sécuritaires que le pays a connues au cours de la semaine dernière », en référence à la frappe de vendredi sur un autre quartier de la banlieue sud, les restaurants, les cafés et tous les établissements touristiques étaient pleins pendant les deux premiers jours de la fête du Fitr, dimanche et lundi ».
Par ailleurs, Pierre Achkar, président de la Fédération des syndicats du tourisme au Liban, a déclaré, également sur les ondes de Voice of Lebanon, que le gouvernement libanais devait appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU et « lever l’embargo touristique actuellement imposé au Liban aux niveaux régional et international ». Il a qualifié la guerre de « pire ennemi » du secteur de l’hôtellerie, avertissant que le conflit en cours entrave la croissance et la prospérité des hôtels et restaurants.
M. Achkar a également précisé avoir soumis une lettre au bureau du Premier ministre, Nawaf Salam, appelant à la réintégration du Liban dans le marché touristique arabe et international et plaidant pour la réouverture de l’aéroport René Mouawad, à Qleyaat dans le nord du pays, afin d’accueillir des vols à bas coût.
Malgré la frappe de vendredi, la plupart des compagnies aériennes n’ont ni annulé ni reprogrammé leurs vols à destination de l’aéroport international de Beyrouth. La compagnie émiratie Fly Emirates a même maintenu son projet d’ajouter un vol quotidien supplémentaire entre Dubaï et Beyrouth à partir de mardi.


