Les Libanais ont fini par apprendre par cœur le principe de la déstructuration mentale des éléments armés à l’origine de la poisse dans laquelle baigne cet infortuné Proche-Orient. Aussi, une petite comparaison anthropologique s’impose entre deux nouvelles espèces en prolifération chez les frérots de Syrie : le milicien alaouite de Lattaquié et son homologue sunnite de Damas et ses dépendances.
Le spectacle à lui tout seul vaut le détour ! Le week-end dernier, en effet, les Syriens se sont farcis les gesticulations enfiévrées de ces deux groupes de bipèdes bardés de ferraille, qui ont mis leurs quartiers en coupe réglée. Mieux encore, ils ont réussi le tour de force d’engager leur ping-pong obusier sans même s’embarrasser du bobard libérateur anti-israélien, un copyright exclusif de leurs cousins résiduels du Hezbollah. Et allons-y pour un nouveau tour de piste ! Pour l’ethnologue avisé, ça reste des tribus arabes armées, lâchées dans la brousse et le béton, se nourrissant de prière et de poussière… Difficile d’espérer un calme durable dans un tel climat de tendresse.
Il reste cependant entre les deux groupes quelques nuances culturelles et comportementales qui n’échappent pas au chercheur averti. Ainsi, les cobayes de la côte ouest syrienne, sous prétexte qu’ils sont alaouites, continuent malgré tout de manier le cirage double couche et à distance avec une rare vigueur sur les bottes molletonnées de Bachar el-Assad, qui entre-temps grelotte à Moscou. Pour eux, l’ex-tyranneau de Damas est le « mec » plus ultra de la pensée profonde. Déjà du temps de sa gloire, l’ophtalmo raté n’avait même pas besoin de les écraser. Ils s’écrasaient tout seuls sans broncher…
Les gougnafiers d’en face, eux, partagent leur lot de pommade entre l’Étrangleur ottoman Erdogan et les allumés de l’intégrisme sunnite. Le premier leur agite des sourates qui se dilatent, pendant que les seconds leur font miroiter les 72 vierges du paradis. Des femmes bien sous tous rapports, paraît-il, universitaires dans une vie antérieure et toutes diplômées en mécanique ondulatoire.
Mais c’était sans compter avec le vibrion intérimaire Ahmad el-Chareh. Affublé du sobriquet « Abarberacourcix » depuis qu’il a ratiboisé son tapis de poils, à mesure qu’il s’éloignait de ses gueux en chemise de nuit et côtoyait des diplomates occidentaux gominés, le bonhomme a saisi au vol l’occasion de raccrocher les wagons avec les Kurdes de l’Est. Un virage sur l’aile qui a fait tousser Bibi le Nataniais, lequel se préparait à se manger tout seul les druzes du Golan.
Voilà, le décor est planté. Les Libanais qui en connaissent un sacré rayon sur les crêpages de touffes, les massacres et les réconciliations sont obligés aujourd’hui d’essuyer les scories qui s’échappent de cette bouillabaisse voisine. Ah si seulement le Hezbollah n’était pas allé fourrer ses barbes dans le cloaque syrien ! Il aurait pu méditer cette phrase de Shakespeare écrite par Nabih Berry : « Si on n’est pas là quand on est parti, on aurait mieux fait de ne pas y aller pour être sûr de revenir. »
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Il y a au moins une chose qui met ces fadas du chaos d’accord, c’est le fait de se massacrer entre eux sans l’aide de personne sans choquer ni froisser les rues arabes puisque cela reste entre frères. Tous les massacres perpétués sur des innocents et commis par leur frères passent pour des règlements de comptes et des actes légitimes parce commis par des barbares de la même confession. Don’t act
10 h 46, le 14 mars 2025