À chaque fois que l’on traverse une phase éthérée d’espoir après avoir frôlé la cata, il est cocasse d’observer comment la niaiserie sucrée de l’entente, hâtivement rafistolée par la trouille, commence à s’effilocher par petites touches d’abord imperceptibles, puis à gros coups de boutoir avant de menacer de partir en quenouille.
Ainsi, à peine digérée la raclée qu’il vient de se prendre dans les grandes largeurs, le tandem formé par Istiz Nabeuh et les résidus de barbes, aux trois quarts rasées gratis par les Hébreux, remonte à l’assaut du ministère du Pognon, au prétexte qu’une signature chiite doit absolument figurer aux côtés des scribouillis des autres potiches communautaires. Apparemment, personne n’a expliqué aux victorieux divins qu’il n’y a plus un fifrelin dans les caisses et que le cobaye qu’ils comptent proposer pour ce portefeuille risque probablement de se retrouver à racler les dernières piécettes dans le bas de laine des déplacés par une guerre, dans laquelle ces guignols se sont lamentablement étalés.
À l’heure où, avec son pouvoir d’achat au ras des pâquerettes, le Libanais d’en bas paye les prix du siècle prochain avec les revenus du siècle dernier, c’est sur ce tableau peu ragoûtant que certains barbons traditionnels atteints de gloutonnerie maroquine ont décidé de se fixer pour s’adonner à leur jeu d’alcôve favori : « Passe-moi ton druze, je te refile mon sunnite, mais fais gaffe au grec-catho incompatible avec le grec-ortho », « M’en fous, mon Maroun marron marrant en a marre de ton chiite ». Le tout dans le chuchotis honteux de vieux birbes aux allures de conspirateurs. Chez nous, faut-il le rappeler, tout est secret d’État… jusqu’aux analyses d’urine des ministres et députés. Le président de la République et le Premier ministre désigné doivent frissonner face à cet enjeu capital.
Comme après chaque changement de régime, la montée en gamme du couple Aoun 2.0-Tonton Nawaf suscite entre-temps de nouvelles vocations. De fait, les laquais nouveaux sont arrivés et la faune des cire-pompes s’est installée. Les vétérans du métier, dont on n’a pas souvenance qu’ils ont jamais particulièrement frétillé pour les réformes, se mettront bientôt à leur baver dessus, pendant que les subalternes nouvellement recrutés iront saliver sur les plateaux télé et les réseaux. Pas facile pour un larbin d’admettre que le pays, il s’en bat les gonades, et qu’il est là seulement pour le prestige, le tiroir-caisse et les gyrophares de la république. Bref, sur toutes les branches du cèdre, les paillassons grenouillent à tous les étages. Tellement prolifiques que ça en devient une métastase. Cirage, bave et léchouilles… telle est la dure loi de la domesticité.
Et clap de fin pour une classe politique dont le prestige se dégrade comme du PQ écolo. Mais c’est peut-être bien aussi parce qu’elle est au bout du rouleau…
gabynasr@lorientlejour.com


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Toujours le ton adéquat! Merci Gaby pour exprimer cette déception meurtrière qu'est la formation du poison appelé wizara tawafoukia... il nous faut 4 ou 5 ministres forts, libanais jusqu'aux os qui seraient sourds aux doléances des zaiims et n'auraient que l'avenir du Liban et des Libanais en vue !!!!!!!!
13 h 50, le 24 janvier 2025