Le président syrien Bachar el-Assad (à droite) en visite à la mosquée historique des Omeyyades avec le président russe Vladimir Poutine dans la vieille ville de Damas, le 7 janvier 2020. Photo SANA/AFP
Pour rembourser une partie de ses dettes envers la Russie de Vladimir Poutine, le président syrien déchu Bachar el-Assad, qui a trouvé refuge à Moscou le 8 décembre après la fin de son régime, a expédié 250 millions de dollars répartis sur 21 vols en partance de Damas vers l'aéroport de Vnukovo (Moscou) entre 2018 et 2019, a révélé une enquête du Financial Times publiée le 15 décembre.
Un « véritable pont aérien monétaire », commente les Échos, pour un deal gagnant-gagnant : la Russie avait besoin de liquidités pour pallier les sanctions occidentales qui la poussaient hors du système financier mondial, tandis que la Syrie s’acquittait en partie de ses dettes envers son principal allié militaire à partir de 2015, dans la brutale répression de l’opposition syrienne.
« Deux tonnes de billets »
En tout, près de « deux tonnes de billets de 100 dollars et 500 euros » ont ainsi été expédiés vers la Russie, selon le FT. Parmi les banques récipiendaires de ces transferts, le FT cite plusieurs établissements russes sanctionnés par le Trésor américain.
Cette utilisation des caisses de la banque centrale syrienne alimente les accusations envers Bachar el-Assad, notamment venant de l’opposition syrienne et des gouvernements occidentaux, d’avoir progressivement transformé l’économie syrienne en un outil au service de son seul maintien au pouvoir. Sous l’imposition des sanctions économiques et commerciales américaines, notamment à travers la loi César promulguée en décembre 2019, l’ancien dictateur syrien a renforcé peu à peu son contrôle sur des pans entiers de l’économie, alimentant une corruption systémique.
Les fonds en cash provenaient notamment de flux d'aides humanitaires internationales et de trafics de drogues et de carburant, selon les États-Unis. Il resterait aujourd'hui 26 tonnes d'or (soit 2,2 milliards de dollars), réserve non vendue pendant la guerre civile, et environ 200 millions de dollars en liquide dans les caisses de la banque centrale syrienne, rapporte Reuters.
Compagnie libanaise
Le Financial Times rappelle par ailleurs les liens entre la famille Assad et Moscou : elle avait acheté au moins 20 appartements de luxe à Moscou entre 2013 et 2019, comme le révélait une autre enquête du quotidien britannique parue en 2019, tandis qu'un cousin maternel du « boucher de Damas », Iyad Makhlouf, avait fondé une société immobilière à Moscou en mai 2022.
Selon David Schenker, ancien secrétaire d'État adjoint américain aux Affaires du Moyen-Orient de 2019 à 2021, cité par le quotidien financier, Bachar el-Assad « savait que si cela devait se terminer, cela finirait mal », et c’est la raison pour laquelle sa famille et lui-même « ont pendant des années essayé de dissimuler de l’argent et de mettre en place des systèmes qui allaient être des refuges sûrs et fiables ».
Ces systèmes avaient des ramifications au Liban, dans lesquels le Hezbollah, allié du régime Assad, et son parrain l'Iran seraient impliqués, selon le FT. Téhéran aurait ainsi approvisionné le régime Assad en cash alors que le régime envoyait les fonds en liquide vers la Russie. Le quotidien explique que le Syrien « Yassar Ibrahim, proche conseiller économique d'Assad, est actionnaire d'une société libanaise appelée Hokoul SAL Offshore (...) ». « Selon le Trésor américain, Hokoul est dirigée par les gardiens de la révolution iraniens et le Hezbollah pour transférer des centaines de millions de dollars » au profit du régime Assad, explique le Financial Times.
Alors que les rebelles progressaient vers Damas par le sud et le nord du pays, Bachar el-Assad a fui la capitale syrienne pour Moscou dans la nuit du 7 au 8 décembre. Selon l'AFP, citant des hauts responsables syriens, il aurait toutefois quitté Damas sans prévenir des membres de sa famille ou ses plus proches collaborateurs. Dans sa première déclaration depuis la chute de son régime, le dictateur syrien a ainsi assuré que sa fuite vers Moscou n'avait rien de « prémédité ».




walid djoumblat d'apres son propre ministre a envoye $500million "reserve pour sa communaute" dans le texte....
19 h 58, le 18 décembre 2024