Où va notre région ? Plusieurs pays sont en conflit permanent. Nous sommes au Liban noyés dans un état de désorientation temporo-spatiale. Cet état est l’incapacité partielle ou totale d’une personne à se repérer dans le temps et dans l’espace. En médecine, c’est un trouble qui découle d’une atteinte cérébrale. Par ailleurs et dans le cas d’une intégrité cérébrale du Libanais, nous sommes comme en mathématique devant des équations avec plusieurs inconnues et des variables. Les inconnues d’un problème avec des variétés X et Y ou A et B. Beaucoup de questions se posent avec autant d’inconnues. C’est la malédiction de notre géographie.
Quel est le sort de notre région ?
Que fera le Liban et quelle politique, et quels politiciens ?
Comment prédire un lendemain avec des inconnues multiples ? On peut dire simplement qu’on est devant un choix aussi néfaste que dangereux. Regretter la peste ou accepter le choléra ! Ni l’un ni l’autre.
Quand nous n’arrivons pas à gérer normalement les informations, on tombe dans un état confusionnel connu en médecine (un syndrome confusionnel). Que faire ?
Il faut nous rappeler les prévisions de l’historien Bernard Lewis (intellectuel juif proche des néoconservateurs aux États-Unis, adepte de la théorie du choc des civilisations, favorable à Israël et à Netanyahu, et explorateur des archives et des études sur la Turquie). La fin de l’Empire ottoman et de la transition colonialiste voit émerger des pays variés façonnés selon des groupes sociaux, les tribus et les familles dominantes. À noter le rôle de Laurence d’Arabie et de l’archéologue Gertrude Bell (cette dernière proche des Hachémites en Irak). Dans cette tourmente et les inconnues du Moyen-Orient, où va notre région ? Apparemment à des guerres sans fin.
D’un colonialisme franco-anglais, on passe à un colonialisme américain sous-traité actuellement par Israël. Pendant un certain temps, quelques pays furent séduits par l’idéologie communiste quand la Russie soviétique était en position de le faire. Les révoltes des groupuscules endoctrinés se soulèvent dans tous les pays arabes tantôt sous une bannière laïque (nationalistes, Baas arabe, le Parti populaire syrien et d’autres vocables), tantôt fondamentalistes guidés par un islam rigoriste (tel Daech, el-Qaëda pour rétablir le califat). S’y ajoutent les groupuscules kurdes et le problème palestinien qui restent sans solution. Ensuite l’émergence de l’Iran chiite en 1979 fait revivre les conflits entre sunnites et chiites qui n’épargnent aucun des pays musulmans dans le monde.
Que fait le Liban dans ce tourbillon, bousculé de l’extérieur par des courants contradictoires ? Quant à l’intérieur, on voit éclater au grand jour toutes les confusions, les perversions de la nature humaine. Le peuple suit diversement des responsables obstinés et déraisonnables noyés dans leur déviance. Que peut-on faire ?
Chacun se pose la question du devenir face aux dérèglements de la région. Le peuple syrien est divisé en petits groupuscules. Les nouveaux HTC (Hay’at Tahrir el-Cham) sont-ils mieux que les groupes de la famille Assad ? Est-ce qu’ils font le jeu d’Israël qui tient à diviser la région en groupes d’États religieux ? Nous sommes face à plusieurs inconnues et de multiples variables. Un casting nouveau s’ouvre au Moyen-Orient. La Syrie mérite d’être réinventée, pacifiée par des Syriens libres et apaisés, et de récupérer ses émigrés. La Turquie semble aspirer à retrouver le faste d’un empire passé au détriment de ses voisins. Est-ce possible ? Les tensions agressives qui émanent de tout esprit humain et surtout d’un esprit narcissique vont se projeter en politique et perpétuer l’instabilité. En fait, il nous faut des guides apaisés et responsables. Nous avons besoin au Liban de responsables, président et gouvernement de défi, loin des déviances émotionnelles, ayant l’idéal humain en devise. Une équipe qui gouverne selon les grands principes humains et le bien-être des peuples, favorisant les universités, les recherches scientifiques et cultivant l’harmonie et l’entente sociale où chacun retrouve ses rêves et ses besoins sans conflits. Oui pour une équipe de sauvetage, président et gouvernement qui s’inspirent des grands principes et non de faire valoir les idéologies sectaires, l’esprit fondamentaliste religieux ou les groupes doctrinaires, ou partis uniques intégristes et radicalisés. Des équipes de gouvernants pour sortir le peuple de la misère, de l’analphabétisme et des errances affectives.
Des équipes qui respectent les principes démocratiques et l’alternance du pouvoir.
Des équipes non guidées par des dictateurs qui accaparent le pouvoir.
Des équipes qui n’exploitent et ne répriment pas le peuple, et qui ne jouent pas les charmeurs de serpent. Cela implique une recherche continue et un travail régulier pour maintenir un certain équilibre. Cet équilibre est possible à l’intérieur du Liban malgré les tourbillons qui ravagent la région. Cet équilibre instable est certes possible, ce qui implique que toutes les forces participent au bon fonctionnement de l’État en faveur du peuple. Un groupe de gouvernants qui éloignent le peuple de l’ignorance. Un groupe de gouvernants libérés de leurs excès narcissiques. Ces personnes existent, qui sont à l’opposé des responsables en place, qui n’ont pas à regretter l’ancien régime syrien ni à se réjouir du nouveau.
Et c’est possible.
« I have a dream » (Martin Luther King, discours pour la liberté et les droits civiques sans discrimination ni racisme, en 1963, États-Unis).
Psychiatre, psychanalyste
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The real conflict is less between Shiism an Sunnism, than within each denomination. Ali Shiriati,the theoricien behind the Wali Al Fakeeh concept was inspired by the theories of Saiid Qutb, the scholar behind the Moslem Brotherhood.
16 h 26, le 18 décembre 2024