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Culture - Célébration

Ouvert à nouveau, le musée Sursock (ré)anime les œuvres de sa collection

Après une fermeture temporaire durant la guerre, l’institution muséale rouvre ses portes au public vendredi 20 décembre avec un événement festif. Et des peintures animées de grands noms de l’art libanais.

Vendredi 20 décembre une projection en 3D Mapping des oeuvres d'artistes libanais animera la façade du Musée Sursock. Avec l'aimable autorisation du Musée Sursock

Les quelques semaines de fermeture du musée Sursock durant la guerre israélienne avaient suscité bien des émois. Pourtant sa directrice, Karina el-Hélou, avait bel et bien précisé (L'Orient-Le Jour du 30 octobre 2024) qu’il s’agissait d’une suspension « temporaire » de ses activités, commandée par des impératifs de sécurité. « Ayant été très fragilisés par l’explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth, qui avait largement touché le bâtiment et endommagé 45 toiles de la collection, nous avons craint que cette expérience ne se répète », explique la jeune femme. « Outre la priorité accordée à la sécurité de notre personnel et de nos visiteurs, notre devoir est aussi et surtout de conserver et préserver les œuvres. Après l’attentat qui a couté la vie à Hassan Nasrallah, n’ayant pas de visibilité sur la réalité du contexte, nous avons alors préféré éviter de prendre des risques inutiles », précise-elle. Et de signaler que même portes closes, le travail s’est poursuivi en coulisses. « Autant au niveau des bases de données des collections et des archives que pour la préparation des expositions de l’année à venir. »

Willy Aractingi, Etel Adnan, Assadour en peintures mouvantes

Une fois le cessez-le feu entré en vigueur et avant d’ouvrir les portes du musée aux visiteurs, il fallait procéder au réaccrochage des grandes expositions qui étaient en cours avant l’interruption. C’est désormais chose faite. Et pour marquer le coup de cette réouverture – la 6e dans l’histoire mouvementée de ce musée que raconte d’ailleurs « Beyond Ruptures » (Au-delà des ruptures), l’une des trois expositions proposées jusqu’à février 2025 –, les responsables ont concocté un événement festif ouvert à tous qui s’y tiendra ce vendredi 20 décembre de 16h à 22h. Au programme : une projection en 3D sur la façade du musée d’un certain nombre de peintures issues de sa collection permanente – des toiles signées Willy Aractingi, Etel Adnan, Assadour, Chafic Abboud ou Samia Osseirane entre autres –, mises en animation par l’artiste sonore (également chargé de communication du musée) Moe Choucair. « Un projet inspiré de ce qu’a fait le centre Pompidou à Paris, qui avait installé sur sa façade un écran Led déroulant les œuvres de sa collection lors de sa fermeture pour travaux », indique Karina el-Hélou. Pour elle, « il s’agit-là d’une manière de visibiliser la collection du musée auprès du grand public. Et, par ce biais, de faire entrer les jeunes en particulier, eux qui sont très sensibles au numérique, dans l’univers artistique et muséal sans les intimider ».



Concert et tours guidés pour la réouverture

Se tiendra également sur l’esplanade du musée un concert-performance de Yara Asmar. Une artiste multi-instrumentiste dont la musique expérimentale, composée d’un mariage de sonorités issues du xylophone, de l’accordéon, du clavier et d’autres instruments, va accompagner les animations. Ainsi que des tours guidés* des trois expositions réaccrochées jusqu’à début février : « Beyond Ruptures » (évoquée plus haut), « Je suis inculte » (qui présente un survol de l’histoire de l’art libanais) et « Beirut Recollection » de la collection Debbas (qui à travers un ensemble de techniques photographiques anciennes et nouvelles offre un dialogue visuel autour du passé et du présent de la capitale libanaise).

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Par ailleurs, à cette même occasion sera donné le coup d’envoi du marché de Noël organisé par la boutique du musée et présentant notamment des pièces d’art et de design de créateurs libanais dont certaines réalisées en exclusivité pour cette prestigieuse institution beyrouthine. Le tout arrosé de vin et de café offerts par des sponsors libanais.

Deux expositions à venir, dont une née de la guerre

Voilà donc le lien, une nouvelle fois, rétabli entre le musée Sursock et ses visiteurs. Qui annonce une riche programmation pour 2025 avec, à partir de fin février, deux nouvelles expositions, dont l’une est directement inspirée des derniers événements malheureux qui ont touché le Liban. Il s’agit, en l’occurrence, d’un hommage au peintre Abdel Hamid Baalbaki (1940- 2013) dont la maison à Odeïssé au Liban-Sud a été détruite par les récents bombardements israéliens.

« Nous l’avons voulue comme une ode au Sud qu’il a beaucoup peint ainsi qu’une immersion dans l’univers intime de cet artiste dont les œuvres font le parallèle entre vies urbaine et rurale », indique Karina el-Hélou. La seconde exposition, qui sera présentée aux Twin Galleries du musée, mettra en parallèle les œuvres de deux artistes, Panos Araminian (Libanais) et Janina Wagner (Brésilienne), autour de la thématique des cosmogonies des peuples natifs et leur rapport animiste et sacré à la nature. Une programmation à suivre donc…

* L’accès à l’événement est totalement gratuit. L’inscription aux tours guidés est cependant requise.

Les quelques semaines de fermeture du musée Sursock durant la guerre israélienne avaient suscité bien des émois. Pourtant sa directrice, Karina el-Hélou, avait bel et bien précisé (L'Orient-Le Jour du 30 octobre 2024) qu’il s’agissait d’une suspension « temporaire » de ses activités, commandée par des impératifs de sécurité. « Ayant été très fragilisés par l’explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth, qui avait largement touché le bâtiment et endommagé 45 toiles de la collection, nous avons craint que cette expérience ne se répète », explique la jeune femme. « Outre la priorité accordée à la sécurité de notre personnel et de nos visiteurs, notre devoir est aussi et surtout de conserver et préserver les œuvres. Après l’attentat qui a couté la vie à Hassan Nasrallah, n’ayant pas de...
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