Le directeur de l'hôpital Dar el-Amal, Ali Allam. Photo fournie par notre correspondante Sarah Abdallah
«Il dirigeait l'hôpital avec un dévouement remarquable et offrait des réductions à ceux qui avaient des difficultés financières ». C'est par ces mots que Mohammad Ali Ahmad décrit son ami Ali Allam, directeur de l'hôpital Dar el-Amal à Baalbeck, tué vendredi dans une frappe aérienne israélienne visant la Békaa.
Vers 21 heures, des avions de combat israéliens ont pris pour cible sa maison dans le village de Douris (Baalbeck) après un dîner auquel étaient conviés ses amis, dont la plupart sont des employés de l'hôpital Dar el-Amal. Parmi les personnes tuées figurent Bilal Qataya, le directeur du Comité sanitaire islamique dans la Békaa (affiliée au Hezbollah).
« Un homme très décent et amical »
La maison de la victime est située à environ 400 mètres de l'hôpital Dar el-Amal. Selon Mohammad Ali Ahmad, il n'a pas été possible de savoir si la cible de la frappe était Ali ou Bilal, ou les deux. « Ali n'appartenait à aucun parti politique, mais il entretenait de bonnes relations avec toutes les formations », a-t-il ajouté, notant qu'il savait également comment gérer les clans locaux, avec lesquels il est souvent difficile de traiter. Il a décrit la victime comme « un homme très décent et amical » qui gérait bien l'hôpital, aidant toujours tout le monde, en particulier ceux qui étaient dans le besoin.
Malgré la mort de M. Allam, M. Ahmad s'attend à ce que l'hôpital continue de fonctionner sans interruption, car le père de Ali, qui a fondé l'hôpital, est toujours en vie et capable de le gérer. Ahmad a noté qu'« Israël avait déjà menacé la région de Baalbeck et les institutions qu'il considère comme au service des milieux du Hezbollah, y compris l'hôpital Dar el-Amal ».
Condamnations en série
Samedi, le personnel médical de la Békaa a organisé une manifestation de solidarité devant l'hôpital à Douris, pour dénoncer la frappe aérienne israélienne de vendredi. Au cours de la manifestation, Abbas Chokr, directeur de l'hôpital gouvernemental de Baalbeck, a qualifié la frappe d'« opération lâche par excellence... qui n'affectera pas notre détermination ». « Nous continuerons à soutenir les blessés et les malades face à la barbarie de la guerre, et Dar el-Amal restera un phare brillant dans le travail humanitaire », a-t-il assuré à notre correspondante dans la Békaa Sarah Abdallah.
Un responsable de l'unité média du Hezbollah, Malek Yaghi, a souligné que « l'ennemi israélien a violé tous les traités internationaux, les règles morales et les pactes internationaux sans avoir à en rendre compte ni à les contrôler ». Il a également lu une déclaration au nom du parti chiite condamnant la frappe, affirmant que « l'assassinat est le résultat de l'échec de l'ennemi israélien sur le terrain contre les vaillants combattants sur le champ de bataille ».
Par ailleurs, le président du conseil municipal de Baalbeck, Moustapha al-Chal, a appelé « les pays qui soutiennent l'ennemi israélien à regarder ce qui se passe à Gaza et à Baalbeck, notamment le ciblage du personnel médical ». Dans un communiqué publié après la frappe, le ministère de la Santé a souligné que ce qui s'était passé faisait partie des « agressions continues de l'armée de l'ennemi contre les professionnels de la santé ».
Depuis le début du conflit entre le Hezbollah et Israël en octobre 2023 et son escalade en septembre 2024, plus de 3 650 personnes ont été tuées au Liban, dont 214 membres du secteur de la santé.



Que Dieu ait son âme ! Encore une victime de la sauvagerie israélienne , mais aussi ,indirectement, de la main mise du Hezbollah sur la région de Baalback (et du reste du Liban !) . Vive le Liban, libre de toutes les forces qui le détruisent et celles qui cherchent à l'aliéner à d'autres pays.
12 h 32, le 24 novembre 2024