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Société - Guerre

Nouveaux appels suspects à évacuer les lieux dans plusieurs régions du Liban

Les incitations proviennent de numéros étrangers et contiennent le même message pré-enregistré sommant les habitants à quitter leurs immeubles.
Nouveaux appels suspects à évacuer les lieux dans plusieurs régions du Liban

Des déplacés libanais dans un cinéma transformé en centre d'accueil à Beyrouth, le 24 octobre 2024. Photo d'illustration AFP/PATRICK BAZ

De nouveaux appels téléphonique sommant les habitants de plusieurs régions du Liban à évacuer les bâtiments dans lesquels ils vivent ont semé la panique dans le pays, pour la seconde fois en deux jours, selon des témoignages obtenus par L'Orient-Le Jour, les informations de notre correspondant dans le Nord Michel Hallak, et plusieurs médias. Des appels de ce genre ont été reçus vendredi par des habitants à Furn el-Chebbak dans la périphérie de Beyrouth,  dans un hôtel du quartier de Raouché dans la capitale, ainsi qu'à Berqayel et Houeich dans le Akkar, au Liban-Nord.

Des communications similaires, dont l'origine n'a pas encore été identifiée par les forces de sécurité, et qui n'avaient pas été suivies de bombardements, ont déjà remué plusieurs régions depuis la nuit de mercredi à jeudi. Des habitants de Serop, Maghdouché et Aïn el-Héloué près de Saïda, dans plusieurs quartiers de Beyrouth, à Mazraat Yachouh dans le Metn, ainsi que Barja dans dans le Chouf avaient alors été appelés par des numéros commençant par l'indicatif « +7 » de la Russie.

Témoignages

« Guerre psychologique » : des Libanais réagissent après des appels nocturnes suspects d'évacuation

Ces appels contiennent le même message enregistré appelant les habitants à évacuer leurs immeubles jusqu'à une distance de « 500 mètres, afin d'assurer leur sécurité ». Le texte de ce message ressemble aux appels publiés quotidiennement depuis plusieurs semaines par le porte-parole arabophone de l'armée israélienne Avichay Adraee. 


Panique dans le Akkar

Une source de sécurité contactée par notre publication jeudi n'a pas été en mesure de fournir plus de détails sur l’origine de ces appels, mais a affirmé qu’une enquête était en cours. « La plupart des appels reçus proviennent de l'étranger » et ne sont pas de vrais ordres d'évacuation, assurait une autre source de sécurité. « Nous coordonnons avec (le fournisseur public de télécoms) Ogero pour empêcher ces appels, et le plus souvent nous y parvenons », ajoutait-elle. 

Dans le Akkar, selon notre correspondant, les habitants ayant reçu ces appels ont contacté les forces de sécurité, tandis qu'un sentiment de panique régnait dans la région, qui abrite de nombreuses personnes déplacées des secteurs bombardés au Liban-Sud et dans la banlieue-sud de Beyrouth. 

Dans le Nord également, le même phénomène a été signalé par un habitant de Mina à Tripoli, dont la maison se situe derrière l'Université arabe. Le bâtiment et plusieurs immeubles voisins ont été évacués.

Selon notre correspondante Sarah Abdallah, un soldat libanais résidant près d'une école à Fakeha dans la Békaa a également reçu un appel similaire. L'école à côté de laquelle il habite est utilisée comme centre d'accueil pour 13 familles de déplacés. Elle a été évacuée et les déplacés se sont abrités dans leurs voitures, à plusieurs centaines de mètres.

« Sauver sa peau »

Un habitant du quartier de Brasilia, près de Hazmiyé au sud-est de Beyrouth, a également reçu un appel dans la nuit. Après avoir alerté ses voisins, il raconte avoir « bondi de son lit » et être sorti de l'immeuble « sans chaussettes ». Son employée de maison, une ressortissante éthiopienne, a, elle, attrapé ses « économies et une statuette de la Vierge ». Après un aller-retour entre sa voiture et son appartement, où il avait cru avoir oublié ses clés qui étaient pourtant bien dans sa poche, il s'éloigne du bâtiment. « On ne pense qu'à sauver sa peau, c'est l'instinct de survie », affirme-t-il à L'OLJ. L'effet de panique passé, il a vérifié si l'armée israélienne a menacé son immeuble, mais s'est vite rendu compte que les appels à évacuer les lieux publiés par le porte-parole Avichay Adraee concernent la banlieue sud. Il émet une théorie selon laquelle les personnes ayant des propriétés dans la banlieue sud de Beyrouth reçoivent des appels, même s'ils n'y vivent pas. 

Une autre dame, dans le quartier de Sioufi à Achrafieh, explique avoir reçu un appel dans la nuit sur son téléphone fixe et s'être retrouvée « paralysée de peur ». « Je suis restée dans mon lit, sans pouvoir bouger », explique-t-elle, ajoutant qu'elle n'a pas réveillé son époux, n'étant pas sûre s'il s'agissait « d'une farce ou d'un réel avertissement ». Son numéro, qui était déjà enregistré en son nom lorsqu'elle habitait dans le quartier dit de la Galerie Semaan, en lisière de la banlieue sud, a été appelé une seconde fois dans la matinée, mais sans qu'elle ne décroche.

Aucune de ces zones n'a été jusque-là menacée par l'armée israélienne via les canaux officiels. Celle-ci a toutefois publié des appels à évacuer des bâtiments dans la banlieue-sud de Beyrouth entre-temps bombardés, deux localités de la périphérie de Tyr et un immeuble de cette grande ville du Liban-Sud. 

De nouveaux appels téléphonique sommant les habitants de plusieurs régions du Liban à évacuer les bâtiments dans lesquels ils vivent ont semé la panique dans le pays, pour la seconde fois en deux jours, selon des témoignages obtenus par L'Orient-Le Jour, les informations de notre correspondant dans le Nord Michel Hallak, et plusieurs médias. Des appels de ce genre ont été reçus vendredi par des habitants à Furn el-Chebbak dans la périphérie de Beyrouth,  dans un hôtel du quartier de Raouché dans la capitale, ainsi qu'à Berqayel et Houeich dans le Akkar, au Liban-Nord.Des communications similaires, dont l'origine n'a pas encore été identifiée par les forces de sécurité, et qui n'avaient pas été suivies de bombardements, ont déjà remué plusieurs régions depuis la nuit de mercredi à jeudi. Des habitants de...
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