Saisie de substances utilisées pour la fabrication de drogue à Baalbeck. Photo d’archives armée libanaise
La Cour criminelle du Mont-Liban, présidée par Élie Hélou, a ordonné jeudi la remise en liberté de Georges Hanna Dib, alias « Dr Food ». Il avait été condamné par cette même cour, en juillet 2026, à une réclusion à perpétuité pour trafic de stupéfiants. Dans sa décision, la cour a appliqué la loi d’amnistie générale publiée jeudi au Journal officiel, qui couvre toutes les infractions liées à la drogue commises avant le 1er mars 2026. Les faits perpétrés par « Dr Food » ayant été commis avant cette date, ils entrent dans le champ d’application de cette loi, précise une source judiciaire interrogée par L’Orient-Le Jour.
N’ayant pas comparu aux audiences de la Cour criminelle, c’est par contumace que Georges Hanna Dib avait été condamné. Il n’a été arrêté que le 23 août 2026, à la suite d’une plainte distincte pour violences conjugales à l’égard de son ex-épouse. Dans le cadre de cette autre affaire, un tribunal avait ensuite ordonné sa remise en liberté sous caution, début octobre. Il était toutefois resté incarcéré, en raison de sa condamnation dans le dossier de la drogue.
Vu que la loi dispose que le procès d’un condamné par contumace doit être rouvert si celui-ci réapparaît, la Cour criminelle l’a interrogé lundi lors d’une première audience qui aura finalement été la seule à se tenir dans le cadre de cette nouvelle procédure, avant sa remise en liberté jeudi en application de la nouvelle loi.
« Dr Food » était accusé d’avoir organisé la contrebande de stupéfiants vers l’étranger en les dissimulant dans des emballages de biscuits de type « Wafers ». Mélangés à d’autres emballages contenant effectivement des biscuits, de multiples paquets avaient été saisis en 2024, dans un dépôt près de l’Aéroport international de Beyrouth (AIB).
Interrogé par L’OLJ, un magistrat pénaliste déplore sous anonymat la loi d’amnistie, soulignant que la Cour criminelle du Mont-Liban a rendu, jeudi à elle seule, une cinquantaine d’autres décisions similaires concernant des infractions couvertes par le texte. Le même magistrat regrette que la libération de personnes condamnées pour trafic de stupéfiants ne les empêchera pas de reprendre leurs activités illégales, dans « un contexte marqué par l’impunité ». Il a également mis l’accent sur l’ampleur du phénomène, estimant, en l’absence de statistiques précises, qu’environ 70 % des dossiers traités par les tribunaux du Mont-Liban concerneraient des affaires de stupéfiants.

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