Cette photographie, prise le 10 janvier 2024, montre une embarcation pneumatique échouée sur les côtes rocheuses d'Agios Georgios, à l'est de l'île grecque de Lesbos, en mer Égée. Photo d'archives Manolis LAGOUTARIS / AFP
Quatre réfugiés palestiniens du camp de Nahr el-Bared (Liban-Nord) étaient portés disparus mardi matin. Selon notre correspondant Michel Hallak, ils se trouvaient à bord d'une embarcation qui a coulé au large de la Grèce. Cinq autres Palestiniens d'autres camps du Liban, tels que el-Bass et Taalabaya, se seraient également trouvés à bord tout comme des migrants syriens.
Depuis, l'inquiétude règne dans le camp de Nahr el-Bared : les familles restent sans nouvelles de leurs proches. L'embarcation aurait compté 18 migrants en tout et aurait pris la mer en milieu de semaine dernière, selon notre correspondant.
Leur disparition a eu lieu alors que la police portuaire grecque avait annoncé lundi que douze migrants avaient trouvé la mort lundi au large des îles grecques de Lesbos et de Samos en mer Égée, dont six après une collision avec un bateau des garde-côtes. Il n'était pas immédiatement possible de savoir si les migrants partis du Liban se trouvaient sur ces embarcations ou sur d'autres, a nationalité des personnes mortes et rescapées n'ayant pas été précisée par les autorités portuaires. Une responsable du service de presse des garde-côtes grecs a précisé qu'une « embarcation rapide de migrants est entrée en collision sur le flanc gauche de la vedette de la police portuaire », lundi matin à 3,5 milles marin au large de l'île de Lesbos, en face des côtes de la Turquie. Parmi les six personnes retrouvées mortes dans l'eau figure un nourrisson, quatre femmes et un homme. Huit personnes ont survécu, selon cette même responsable. Selon des médias grecs, les rescapés ont été hospitalisés pour les premiers soins à Mytilène, chef-lieu de Lesbos. Un naufrage s'est également produit lundi à l'aube, à 3,7 milles marins des côtes de Samos, selon la même source. « L'embarcation de migrants a chaviré et six personnes, cinq hommes et une femme, ont été repêchées sans vie », a précisé cette responsable. Quatorze personnes, dont un passeur présumé iranien, ont en revanche survécu, a-t-elle précisé.
Des accidents fréquents
Les accidents mortels d'embarcations de migrants tentant de rejoindre les îles grecques du nord et de l'est de la mer Égée, mais aussi la Crète (sud), portes d'entrée dans l'Union européenne, sont fréquents. Au moins 15 migrants sont morts en février au large de l'île grecque de Chios dans une collision entre leur embarcation et un patrouilleur des garde-côtes grecs.
En septembre, une personne a trouvé la mort et 25 autres ont disparu dans le naufrage d'une embarcation de migrants au large de l'île de Gavdos, proche de la Crète.
« Les passeurs mettent gravement en danger les migrants », a dénoncé Thanos Plevris, ministre des Migrations et de l'Asile, sur la chaîne publique Ertnews, soulignant que les pressions s'accentuent aux frontières en cette période avant l'hiver. Ardent partisan d'une politique migratoire très stricte, cet ancien élu d'extrême droite s'est félicité du travail effectué par les garde-côtes grecs. « Ils font tout ce qu’ils peuvent pour sauver des personnes tout en protégeant nos frontières », a-t-il fait valoir.
La Grèce figure parmi les cinq pays de l'Union européenne, avec l'Autriche, l'Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas, qui travaillent actuellement à la création de centres de rétention en Afrique où à renvoyer les migrants déboutés du droit d'asile. Cette initiative ne fait pas toutefois l'unanimité parmi les 27. Le président français Emmanuel Macron l'a jugée inefficace et non conforme aux valeurs de l'UE.
Les pays de l'UE ont enregistré au premier semestre 2026 quelque 332 000 demandes de protection internationale, un recul de 17 % sur un an, soit le nombre le plus bas depuis cinq ans, selon l'agence de l'UE pour l'asile (EUAA).