Le suspense est insoutenable, et les Libanais à genoux en tremblent d’émotion : Amos Hochstein (à vos souhaits!) a ramené sa trombine dans la poubelle du Proche-Orient pour sa dernière virée levantine, et Istiz Nabeuh ne se retient plus d’espérer tant il fantasme sur le cessez-le-feu bidon miroité par les Américains. L’occasion pour lui et le reliquat de barbus qui l’entourent de nous refaire le coup du V de la victoire au-dessus des ruines fumantes du Liban.
En gros, la feuille de déroute de Papy Biden se résume en trois points : esquinter son émissaire à force de navettes, faire baver le Barbon de Aïn el-Tiné dans la perspective d’une trêve inaccessible, laisser suer l’horloge avant de refiler la patate chaude à son successeur aux cheveux jaunes… et advienne que pourra, il s’en bat les claouis !
Dire que durant deux jours le diplomate gominé et l’ex-déshérité se sont trituré les méninges pour tantôt biffer une diphtongue, tantôt accoupler deux consonnes, sur un parchemin décrépit que Bibi utilisera pour caler un vieux buffet branlant de sa villa à Césarée. C’est comme qui dirait une différence de concept : les deux premiers larrons n’ont plus beaucoup de temps, le troisième veut donner du temps aux tanks…
Suite du tour opérateur : Amos Hochstein (à vos souhaits encore !) chez les Hébreux. On donne à Tel-Aviv deux versions de l’avoinée passée par le Nataniais au globe-trotteur américain à la vue du document torché à Beyrouth. Dans la première, il lui aurait dit : « Tu peux te le carrer là où je pense. » Et dans la seconde : « Je vais te le faire bouffer. » Disons que depuis, les rapports entre les deux hommes ont tourné à l’eau de boudin.
En somme, il ne reste plus à Mikou et son gouvernement de bras cassés qu’à amuser la galerie en inventant des détails qui ne mangent pas de pain. Comme par exemple de savoir si le Royaume-Uni et l’Allemagne seront invités à se rincer l’œil en couvant une hypothétique cessation des hostilités. Ou encore si la Finul passera sous le chapitre VII de la charte de l’ONU, ou continuera de faire tapisserie en regardant passer les missiles.
À se demander où les Libanais vont chercher tout ce jus de crâne, alors qu’il leur suffisait de se poser la colle suivante : pourquoi les Hébreux, qui avaient refusé d’appliquer toutes les résolutions de l’ONU depuis 1948, alors que le bidasse Benjamin balayait encore les chiottes dans les casernes, accepteraient-ils de souscrire à la 1701 maintenant qu’ils rasent gratis au Liban ?
C’est dans des moments pareils que l’on se rend compte combien le Sayyed Barbu nous manque. Souvenez-vous : un paysage bucolique, des miliciens hirsutes armés jusqu’aux gencives gambadant au milieu des habitations, des écoles, des mosquées et des hôpitaux, un ronchon milliardaire tapi au fond d’un tunnel en train de siroter son thé, comptant et recomptant ses fusées… et des soldats de la Finul s’appliquant à dessiner des lignes bleues.
Vite, un cessez-le-feu bâclé et que ce spectacle reprenne ! Les occasions de se marrer sont si rares en ces temps moroses.
gabynasr@lorientlejour.com


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Amazing... comme de coutume!
14 h 44, le 25 novembre 2024