De la fumée se dégage à la suite d'une frappe israélienne sur le quartier de Ghobeyri dans la banlieue sud de Beyrouth, le 16 novembre 2024. Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour
« Tant que le Hezbollah continue de tirer, nous continuerons à nous battre ». Cette phrase, lancée cette semaine par le chef d'état-major israélien, le général Herzli Halevi, lors d'une tournée auprès de troupes déployées à Kfar Kila au Liban-Sud et rapportée cette semaine, résume le rythme de la journée de samedi, marquée par une nouvelle escalade entre le Hezbollah et l'armée israélienne.
En effet, alors que le parti chiite a revendiqué plusieurs dizaines de frappes contre des positions du Nord israélien, notamment une salve de cinq tirs de roquettes contre des bases militaires de la région de Haïfa, qui ont fait des blessés et endommagé une synagogue, l'armée israélienne a annoncé une stratégie visant à frapper « toutes les deux heures » le Liban, et mené de puissantes frappes sur le Sud, la Békaa et la banlieue sud de Beyrouth.
Dans cette zone, quatre séries de bombardements ont eu lieu, entre 8h et 17h, visant des bâtiments des quartiers de Haret Hreik, Bourj Brajné, Ghobeyri et Hadath. Ces raids aériens avaient été suivis, dans leur majorité, d'appels à évacuer les zones ciblées publiés par l'armée israélienne à 8h, 11h30, 14h30 et 17h. Cette dernière a dit avoir frappé des « dépôts d'armes et structures du Hezbollah ». L'une de ces frappes, celle sur Bourj Brajné, a été décrite comme « très puissante » par l'Agence nationale d'information (ANI, officielle) et de nombreux habitants de Beyrouth en ont entendu la déflagration. Elle a touché un bâtiment qui n'avait pas été menacé par l'armée israélienne, selon l'ANI. Plusieurs autres immeubles se sont effondrés après ces raids.
Depuis mardi, l'armée israélienne enchaîne plusieurs séries de bombardements contre des quartiers de la banlieue-sud, vidée en grande partie de ses habitants. Dans ce contexte tendu, le coordinateur du Comité d'urgence du gouvernement, le ministre sortant de l'Environnement Nasser Yassine, a affirmé samedi que l'aide distribuée aux personnes déplacées par la guerre au Liban ne représente que 15 à 20 % de leurs besoins.
Frappes meurtrières au Liban-Sud et dans la Békaa
Au Liban-Sud, l'armée israélienne s'est également déchaînée sur Tyr dès les premières heures du matin, avant d'émettre un avis d'évacuation aux habitants de quatorze bâtiments de la ville, ensuite frappés, notamment dans le centre-ville et sur le front de mer. En soirée, le porte-parole arabophone de l'armée, Avichay Adraee, a indiqué que l'aviation israélienne avait attaqué à Tyr « des quartiers généraux, entrepôts d'armes et centres de services de renseignement » du Hezbollah, relevant notamment de « l'unité Aziz, responsable du lancement de roquettes à partir du sud-ouest du Liban ». Peu auparavant, une frappe de drone israélien sur une moto à Tyr a fait un mort et un blessé. Par ailleurs, un raid israélien qui a visé une équipe des scouts al-Rissala, affiliés au mouvement chiite Amal, sur la route menant au village de Kfar Tebnit (caza de Nabatiyé), a fait cinq morts, dont deux secouristes, selon notre correspondant Mountasser Abdallah. Un autre raid sur le quartier d'al-Jazaer à Nabatiyé a fait cinq morts. Une quinzaine de villages du Sud ont également fait l'objet d'un ordre d'évacuation de l'armée israélienne.
Dans la Békaa, deux raids israéliens ont été conduits sur Lebbaya, rapporte notre correspondante Sarah Abdallah. L’aviation israélienne a également effectué un raid sur la localité de Khraybé dans l’Anti-Liban (caza de Baalbeck), qui a tué six personnes d'une même famille, dont trois enfants. Une frappe sur une camionnette près de Nabi Chit a, elle, fait quatre morts.
Avancées israéliennes sur plusieurs fronts
L'offensive terrestre israélienne a, elle, provoqué des combats violents sur le territoire libanais, alors que l'armée israélienne a tenté d'avancer en direction de Chamaa, à environ sept kilomètres de la Ligne bleue dans le caza de Tyr, Khiam, dans celui de Marjeyoun, où d'intenses combats ont été entendus, Markaba, où le Hezbollah dit avoir frappé à au moins trois reprises des soldats israéliens, et Maroun el-Ras, dans la région de Bint Jbeil.
Les attaques du Hezbollah
De son côté, le Hezbollah a indiqué avoir mené plusieurs attaques contre des soldats israéliens samedi. Il a notamment ciblé la base navale Stella Maris (une base stratégique de surveillance et de contrôle naval sur la côte-nord) située à 35 km de la frontière libano-israélienne, au nord-ouest de la ville de Haïfa, avec une « salve de missiles ». Il a ajouté avoir mené une attaque aérienne avec un escadron de drones sur le quartier général de l'unité de la marine israélienne Shayetet 13 dans la base d'Atlit, au sud de Haïfa. Le 1er novembre, cette unité avait enlevé à Batroun, sur la côte nord du Liban, le jeune capitaine de la marine civile Imad Amhaz.
En parallèle de plusieurs opérations sur des villages et positions israéliens de la zone frontalière, le parti chiite a surtout revendiqué avoir frappé à 19h45, et de manière successive, cinq bases militaires de la région de Haïfa, parmi lesquelles celle de Nisher, attaquée pour la première fois depuis le 8 octobre 2023. Ces tirs ont notamment endommagé une synagogue, selon l'armée israélienne, et fait plusieurs blessés légers selon les services de secours.
Ces derniers sont intervenus alors que des propos du chef d'état-major israélien tenus lors d'une tournée au Liban-Sud ont été rendus publics samedi en fin de journée. Lors d'une visite à Kfar Kila plus tôt cette semaine, il a affirmé que « tant que le Hezbollah continue de tirer, nous continuerons à nous battre, à aller de l’avant, à mettre en œuvre nos plans, à mener des attaques en profondeur et à le frapper très durement ». Par ailleurs, selon la chaîne 12 israélienne, l'armée israélienne a mis en place une nouvelle stratégie de frappes sur le Liban, visant à mener des séries de bombardements « toutes les deux heures ». « Autrement dit, toutes les deux heures, des avions de chasse frappent le Liban », a ajouté la chaîne.



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Le HB peut se vanter de sacrifier par milliers les civils et ses combattants, pendant que son ennemi veille sur chaque ongle de ses compatriotes et de ses combattants. Voilà toute la différence. Une chair à canon contre un trésor inestimable qui est la vie de chaque citoyen qui se réclame patriotique. Cela s’appelle protéger les citoyens de tout danger. Chose qui ne figure pas dans le lexique des sanguinaires sans empathie pour leur propre communauté et encore moins des autres citoyens et patrimoine de leur pays qu’ils utilisent comme rempart pour crier victoire et conserver le pouvoir.
12 h 47, le 18 novembre 2024