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Politique - Éclairage

Qousseir, cette ville syrienne aux mains du Hezbollah, cible d’Israël

Cette localité, située à quelques kilomètres de la frontière avec le Liban, est un véritable corridor logistique, d’importance stratégique pour le parti chiite.

Qousseir, cette ville syrienne aux mains du Hezbollah, cible d’Israël

Une photo prise du côté syrien de la frontière avec le Liban, après une frappe israélienne sur la région de Qousseir en Syrie, le 25 octobre 2024. Photo AFP

C’est un nom qui revient souvent, que l’on lit régulièrement dans les nouvelles. Depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, devenue dès le lendemain celle du Liban de par l’implication du Hezbollah, Qousseir fait parler d’elle. Dans l’ouest de la Syrie, située à une dizaine de kilomètres de la frontière avec le Liban, cette ville, surnommée « l’arrière-cour du Hezbollah » par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), est périodiquement la cible de frappes israéliennes, mais aussi l’objet des rumeurs les plus folles sur les personnalités qui s’y trouveraient, preuve de son importance stratégique. Mais pour comprendre l’étendue de celle-ci, il faut revenir quelques années en arrière...

Une bataille fondatrice

En 2013, alors que la guerre civile déchire la Syrie depuis deux ans, la ville de Qousseir est le théâtre d’une bataille militaire. Deux semaines durant, du 19 mai au 5 juin, les rebelles de l’Armée syrienne libre, principale force armée opposée au régime de Bachar el-Assad, affrontent l’armée syrienne et le Hezbollah. L’enjeu est grand : chacun se bat pour prendre le contrôle de la ville. C’est que l’emplacement de Qousseir est stratégique : c’est un véritable corridor logistique. La route principale qui relie Damas, la capitale syrienne, au port de Tartous, le deuxième du pays, y passe. Qousseir est également le principal point de passage pour les renforts en armes et en combattants en provenance du Liban, à la frontière avec la vallée de la Békaa.

Pour mémoire

Salim Ayache, l'un des assassins de Rafic Hariri, aurait été tué en Syrie

Première opération offensive du Hezbollah en combat urbain, le nombre de soldats que celui-ci engage dans la bataille de Qousseir ne fait pas l’unanimité : d’une source à l’autre, on dénombre entre 1 700 et 7 000 hommes du parti chiite. Ceux-ci sont encadrés par des membres des gardiens de la révolution islamique iranienne ; celui qui dirige les opérations lors de la bataille n’est autre que le général iranien Kassem Soleimani. C’est durant cette bataille que le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, reconnaît officiellement que des cadres militaires de son parti combattent en Syrie, montrant au grand jour le soutien de la formation chiite au régime de Bachar el-Assad. Le 5 juin, après deux semaines de combats qualifiés des plus violents pour le Hezbollah depuis la guerre contre Israël en 2006, Qousseir est à nouveau aux mains du régime ; elle reste ensuite contrôlée par le Hezbollah, au point que celui-ci y organise un grand défilé militaire, le 13 novembre 2016.

Des cibles et des rumeurs

Huit ans plus tard, jour pour jour, le 13 novembre 2024, un raid israélien vise la région : cela fait plusieurs mois que la guerre qui oppose Israël au Hezbollah s’étend en Syrie, et particulièrement à Qousseir. Car l’État hébreu veut toucher le parti chiite partout où il se trouve. Ce jour-là, ce sont des ponts et des routes qui sont visés : les frappes mettent les infrastructures hors service, affirme une source militaire à l’agence syrienne SANA. De son côté, l’OSDH parle également de barrages de contrôle des forces de sécurité syriennes, indiquant que cette frappe est la 28e depuis le 26 septembre dernier. L’organisation note « une escalade majeure dans le ciblage de cette zone » et dénombre plus de cinquante morts militaires uniquement sur la région de Qousseir. Pour l’armée israélienne, il s’agit de viser « des routes de contrebande entre le Liban et la Syrie », tout en accusant le Hezbollah de les utiliser pour faire transiter des armes.

Pour mémoire

Dix morts dans des frappes israéliennes contre des infrastructures « du Hezbollah » à Qousseir

L’objectif des frappes israéliennes sur Qousseir n’est pas uniquement de freiner les échanges entre les deux pays, mais aussi de cibler des personnes. Il y a quelques jours, dans le contexte des derniers bombardements, la rumeur enflait : Abdel Karim Nasrallah, le père de Hassan Nasrallah, assassiné par l’armée israélienne le 27 septembre dans la banlieue sud de Beyrouth, aurait été tué en Syrie, et plus précisément à Qousseir. Rapidement, le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane dément, affirmant que « cela rentre dans la guerre médiatique ». Avant cela, diverses sources rapportaient la mort de Salim Ayache, l’un des responsables de l’assassinat de Rafic Hariri, ancien Premier ministre libanais, le 14 février 2005 en plein Beyrouth, à Qousseir également. « Nous n’avons pas d’informations précises à ce sujet », ajoute le directeur de l’organisation.

Depuis le 23 septembre, l’intensification du conflit au Liban-Sud et dans la Békaa a poussé plus de 500 000 personnes, en majorité des Syriens mais aussi des Libanais, à fuir le Liban pour se réfugier en Syrie, selon les autorités libanaises. Un officier syrien à la frontière, cité par The National, indiquait que plus de 90 000 Syriens et Libanais s’étaient rendus du Liban en Syrie lors de la seule dernière semaine de septembre. Ces retours ont parfois tourné au drame, comme l’a récemment relaté le média d’opposition syrien Zaman al-Wasl : Mahmoud Hassan al-Hassan, réfugié au Liban depuis 2013 et revenant dans son village de Saqirjah dans le caza de Qousseir, a retrouvé sa maison occupée par des membres des forces du régime syrien. Pour avoir réclamé qu’on la lui rende, il a été abattu.

C’est un nom qui revient souvent, que l’on lit régulièrement dans les nouvelles. Depuis le début de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, devenue dès le lendemain celle du Liban de par l’implication du Hezbollah, Qousseir fait parler d’elle. Dans l’ouest de la Syrie, située à une dizaine de kilomètres de la frontière avec le Liban, cette ville, surnommée « l’arrière-cour du Hezbollah » par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), est périodiquement la cible de frappes israéliennes, mais aussi l’objet des rumeurs les plus folles sur les personnalités qui s’y trouveraient, preuve de son importance stratégique. Mais pour comprendre l’étendue de celle-ci, il faut revenir quelques années en arrière... Une bataille fondatriceEn 2013, alors que la guerre civile déchire la Syrie depuis deux...
commentaires (2)

Si le Hezbollah n'accepte pas une capitulation totale est inconditionnelle a l’état, c'est a Qussair qu'il finira. D’où son importance pour le Hezbollah.

Pierre Christo Hadjigeorgiou

10 h 07, le 19 novembre 2024

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Commentaires (2)

  • Si le Hezbollah n'accepte pas une capitulation totale est inconditionnelle a l’état, c'est a Qussair qu'il finira. D’où son importance pour le Hezbollah.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    10 h 07, le 19 novembre 2024

  • La guerre actuelle aurait pu être évitée si Obama ne s’était pas déculotté devant les Iraniens et Russes (qui montrent maintenant tous les 2 qu’ils ne sont que des tigres de papier) et avait aidé les Syriens à réclamer leur pays. La Syrie libérée l’Iran n’aurait pas pu passer tellement d’armes à sa milice locale qui aurait étranglée économiquement au lieu de cette guerre destructrice pour le Liban (doublement si on inclue aussi le problème des réfugiés) et la moindre mesure Israël.

    Liban Libre

    09 h 40, le 19 novembre 2024

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