Des conducteurs de motos font la queue dans une station-service à Beyrouth, en juin 2023. Photo João Sousa/L'Orient-Le Jour
Les Forces de sécurité intérieure (FSI) lancent à partir de lundi soir une « campagne nocturne » contre les conducteurs de motos dont les véhicules ne sont pas enregistrés ou qui ne possèdent pas de permis valides, dans le but de « lutter contre la criminalité, notamment à Beyrouth et dans le Mont-Liban », deux régions dans lesquelles les taux de criminalité seraient en hausse dernièrement, selon un porte-parole des FSI contacté par L'Orient-Le Jour.
Le plan consiste à ériger des barrages tous les soirs à partir de 18 heures à Beyrouth et dans le Mont-Liban pour limiter la circulation des deux-roues, et appréhender ceux dont les papiers ne sont pas en règle.
« Dans le cadre des efforts continus des FSI pour protéger les citoyens, et avec l'augmentation des problèmes et des crimes dernièrement, notamment ceux qui sont perpétrés à l'aide de motos, la direction générale des FSI lance une campagne sécuritaire à Beyrouth et dans le Mont-Liban à partir du lundi 11 novembre pour contrôler les motos contrevenantes », peut-on lire dans un communiqué publié le 8 novembre.
Circuler uniquement en journée
Les FSI se défendent par ailleurs de chercher à causer du tort aux déplacés internes qui ont fui la guerre entre Israël et le Hezbollah, dont beaucoup utilisent des motos dans leurs déplacements. « Les motos peuvent circuler en journée pour que les gens puissent aller au travail, ou déposer leurs enfants à l'école. Mais il faut un minimum de sécurité en soirée », explique la source.
Des explications qui font suite à des critiques exprimées dans le quotidien pro-Hezbollah, al-Akhbar, dans un article publié dimanche. Le quotidien avait estimé que les mesures mises en place par les FSI interviennent au mauvais moment et que la priorité devait être accordée à la sécurité des déplacés plutôt qu'aux contraventions.
Abordant les questions de la circulation et de la multiplication des motocyclettes dans les régions d’accueil, le ministre sortant de l'Intérieur, Bassam Maoulaoui, avait annoncé samedi qu'un plan « sera mis en œuvre à partir de lundi matin pour s'attaquer au problème des motos en infraction ». Il avait également promis de mettre fin au stationnement en double file, « inacceptable dans les rues et les quartiers, où il provoque de graves embouteillages », et souligné que «les conditions habituelles de circulation reviendront progressivement à la normale à partir de lundi».
Avec l'afflux massif de déplacés vers la capitale ainsi que dans plusieurs régions, de nombreuses voitures sont désormais garées en double file ainsi que sur les trottoirs. Le nombre de motos en circulation à Beyrouth a également augmenté.
Un plan de sécurité ciblant particulièrement les mobylettes avait été appliqué pendant plusieurs semaines au cours de l'été. Des milliers de véhicules qui n'étaient pas en règle ou non-immatriculés avaient été confisqués par la police. Ce plan avait provoqué une polémique, parce qu'il intervenait alors que les centres d'immatriculation des véhicules étaient fermés ou fonctionnaient de manière aléatoire.



Enfin ça bouge. Espérons que ça ne soit pas du vent comme d’habitude. C’est le moment où jamais de reprendre les rênes de ce pays abandonné aux malfrats parce que armés.
13 h 53, le 12 novembre 2024