Le ministre libanais sortant de la Santé, Firas Abiad, lors d'une visite à l'hôpital turc de Saïda, au Liban-Sud, le 4 novembre 2024. Photo envoyée par le bureau de presse du ministère
Le ministre libanais sortant de la Santé, Firas Abiad, a annoncé lundi l’ouverture de nouveaux départements à l’hôpital turc de Saïda, alors que les attaques israéliennes continues ont rendu inopérants huit hôpitaux au Liban.
Lors d’une conférence de presse prononcée à l’hôpital, M. Abiad a précisé que les nouveaux départements commenceront à fonctionner dès mardi, en se concentrant sur deux programmes clés : « le traitement des brûlures causées par des blessures liées à la guerre et la fourniture de soins de suivi pour la restauration et la réhabilitation des patients après leur traitement initial. »
Le premier programme représente un soutien supplémentaire pour la région, après que le ministère avait inauguré un département similaire à l’hôpital de Nabatiyé, dans un contexte sécuritaire difficile en raison de sa localisation au Liban-Sud. Concernant le second, M. Abiad a expliqué que le Liban a dépassé le seuil des 13.000 blessés à la suite de la guerre — un grand nombre d'entre eux nécessitant des interventions chirurgicales secondaires ou de réhabilitation — et que ce programme permettra de faire le suivi sur ces cas.
Il a également condamné « les attaques israéliennes continues contre les équipes médicales et les infrastructures de santé », notant que l’hôpital gouvernemental de Tebnine et celui de Baalbeck ont tous deux subi « des dommages sévères ». Il a réaffirmé que ces actions constituent des crimes de guerre, soulignant que le Liban, par le biais du ministère des Affaires étrangères, a déposé une plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU détaillant ces attaques.
Les hostilités entre le Hezbollah et Israël se sont intensifiées en une guerre plus large depuis le 23 septembre, après que l'armée israélienne a lancé une vaste campagne de bombardements à travers tout le Liban, suivie d'une offensive terrestre une semaine plus tard.
« Il était important de maintenir la préparation du secteur de la santé et la capacité des hôpitaux, nous avons donc décidé d’ouvrir une partie de l’hôpital turc de Saïda pour commencer à fournir des services dès demain matin, » a affirmé M. Abiad. Le ministre de la Santé a précisé que les nouveaux départements comprennent une salle d'urgence, une section pour les victimes de guerre et d'accidents, deux salles d'opération, quatre unités de soins intensifs pour les blessés, des lits, des cliniques pour le traitement des brûlures et un département de physiothérapie.
M. Abiad a exprimé sa gratitude au gouvernement turc pour le projet de l'hôpital, qui a coûté 20 millions de dollars et a été supervisé par l'Agence turque de coopération et de coordination (TIKA). Initialement lancé en 2010, la construction de l’hôpital turc avait été retardée pendant des années en raison de divergences politiques.
Enfin, M. Abiad a renouvelé son appel à la communauté internationale pour qu'elle assume ses responsabilités dans la protection des infrastructures de santé et des travailleurs du secteur.


Négociations avec Israël, normalisation, monopole des armes : les chiffres révèlent un Liban en morceaux