Dans son genre, Istiz Nabeuh a souvent l’humour involontaire. Ainsi, et comme si de rien n’était, il continue de baigner dans la période pré-raclée, au temps où il ânonnait les formules que son ex-suzerain barbu évaporé lui glissait dans les cages à miel : armée-peuple-résistance, Palestine vaincra, Franju président et tout le tintouin… Une posture jubilatoire pour l’Ancêtre des déshérités, confortée d’ailleurs par les saillies guerrières de son nouveau patron qui commence à peine à inaugurer son index levé devant les caméras. Mais le métier finira bien par rentrer !
Reste à savoir à quel moment tombera la feuille de vigne masquant cette crise d’ado chiite, pour enfin boucler la boucle sociétale de ce pays anormal. Parce qu’en matière d’agitation post-pubère, les Libanais ont déjà largement donné. Les gâteux édentés se souviennent de l’époque où sunnites et druzes barbotaient dans les tourbillons de la puberté nassérienne, avant de se consumer d’amour pour une espèce de cactus coiffé d’un keffieh et répondant au doux sobriquet d’Abou Ammar. Arafat, appelé aussi Yasser à rien, avait en son temps mis à sac Beyrouth, préfigurant la chienlit dans les territoires palestiniens où il allait exercer ses talents quelques années plus tard.
L’acné juvénile n’allait pas tarder à frapper les chrétiens à leur tour. Courbettes devant les frérots syriens en 1976, puis génuflexion recueillie devant les Hébreux en 1982, avant un virage sur l’aile à 180° et brosse-à-reluire-et-retour sur les babouches syriennes à partir de 1990. Avec à la clé, la crise d’adolescence d’un généralissime en pousse d’orange à Baabda et d’un milicien déplumé de la coiffe à Meerab qui, à défaut de se casser la figure en tête à tête, ont trouvé plus commode d’abreuver la population civile d’obus et autres projectiles bariolés. Fin de chapitre : Mongénéral détalait à Paname et le Tondu croupissait sous le macadam.
En somme, il aura fallu près de 70 ans pour que chrétiens, druzes et sunnites atteignent enfin l’âge de raison. Patience, que diable ! Y a plus qu’à attendre maintenant que les chiites digèrent leur bouillie hormonale. Pour l’heure, le peu qui reste de spadassins barbus continuent d’empiler les victoires virtuelles pendant que Boum-Boum Bibi et son ministre Gallant de boxe suicident les gens à domicile et à deux missiles, tout en se goinfrant de nouveaux territoires.
Bilan rapide de la béchamel du Moyen-Orient : tous les pays arabes ont guerroyé en 1948, trois pays seulement en 1967, plus que deux en 1973, et rien qu’une poignée de Libanais aujourd’hui. Avec chaque fois le même résultat : Je suis venu, j’ai vu, je m’ai battu, j’ai reculu. Mais courage ! Plus on se casse la gueule, plus il y a de l’espoir. De raclée en raclée… jusqu’à la victoire finale !
gabynasr@lorientlejour.com


-FAIRE RIRE AVEC SARCASMES, -JUSQUE LES AMERES AMES, -C,EST UNE TECHNIQUE RARE. -FAUT EN ETRE UN PEU AVARE. -FAIRE RIRE A PROFUSION, -ON PROVOQUE LA FUSION, -DE L,AMERTUME ET DU RIRE, -QUI SE TERMINE EN SOURIRE. -VOUS ETESB EN LE METIER, -L,INTREPIDE CHEVALIER.
18 h 40, le 01 novembre 2024