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Nos lecteurs ont la parole

Échos de guerre

Un tournant décisif, un point d’inflexion, un moment capital, c’est en ces mots que l’histoire du Liban est aujourd’hui réécrite sous nos yeux. Les contours d’un nouveau visage pour le pays ainsi que pour la région se dessinent, mais avant toute chose, prenons du recul… Un temps de réflexion s’impose.

Un cessez-le-feu sera décrété, les accords seront conclus, le sang séchera, les bombes se tairont, les bougies fleuriront au pied des tombes, les Libanais seront à nouveau aguerris, les plaies du passé seront pansées… Au silence de cette trêve, arrachons quelques bribes, une poignée de leçons tirées de l’amertume de la guerre.

Je dirai alors que le terrorisme n’est pas défini par un acte, mais plutôt par une apparence.

Que tous les sangs ne se valent pas, et dans leur marché immonde, le sang libanais est peu cher.

Que le prix d’une vie est une cartouche.

Que le droit international est une légende, de même que la Convention de Genève, la Charte de l’ONU… Les droits de l’homme ainsi que ceux de l’enfant ne sont que de l’encre sur du papier.

Que la raison du plus riche est toujours la meilleure.

Que le complexe de Massada est un parfait alibi et que la carte de la victime est très bien jouée.

Que le silence du monde entier est bien plus effrayant que la détonation de tonnes d’explosifs.

Que l’indifférence est le refuge des apathiques et que l’impunité totale fait partie des rouages de la machine de mort.

Que la démocratie est un mensonge et que l’opinion publique ne compte pas.

Qu’il est plus facile de désintégrer un atome que de déconstruire un préjugé.

Que la guerre est l’exutoire de la haine.

Que le Liban est un petit pion sur un échiquier, à la merci des grandes puissances qui se plaisent à jongler avec son impuissance, se délectant du déluge de fer et de feu.

Que les dirigeants disent œuvrer pour la paix, mais c’est le complexe militaro-industriel qui est le mieux financé.

Que la souffrance est certes inhérente à l’homme, mais au Moyen-Orient, elle lui est imposée d’office.

Que tout empire, quelle que soit sa grandeur, est voué à périr.

Que l’humanité s’est érodée.

Que ça n’arrive pas qu’aux autres… Que la vie dans une poudrière est une perpétuelle étreinte de la mort, une façon de l’apprivoiser, un duel avec un ennemi qu’on ne voit nulle part mais qu’on reconnaît partout. Et c’est malheureusement la rançon d’être libanais.

Que le Tout-Puissant accorde à notre peuple la lumière qui éclairera la patrie dans la voie de la gloire et de la prospérité.

Vive le Liban souverain.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes. 

Un tournant décisif, un point d’inflexion, un moment capital, c’est en ces mots que l’histoire du Liban est aujourd’hui réécrite sous nos yeux. Les contours d’un nouveau visage pour le pays ainsi que pour la région se dessinent, mais avant toute chose, prenons du recul… Un temps de réflexion s’impose. Un cessez-le-feu sera décrété, les accords seront conclus, le sang séchera, les bombes se tairont, les bougies fleuriront au pied des tombes, les Libanais seront à nouveau aguerris, les plaies du passé seront pansées… Au silence de cette trêve, arrachons quelques bribes, une poignée de leçons tirées de l’amertume de la guerre. Je dirai alors que le terrorisme n’est pas défini par un acte, mais plutôt par une apparence. Que tous les sangs ne se valent pas, et dans leur marché immonde, le sang libanais...
commentaires (1)

Vous avez raison Vive le Liban

Eleni Caridopoulou

18 h 02, le 28 octobre 2024

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Commentaires (1)

  • Vous avez raison Vive le Liban

    Eleni Caridopoulou

    18 h 02, le 28 octobre 2024

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