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Nos lecteurs ont la parole

Pour le meilleur et... le pire

Montréal, le vendredi, 11 octobre 2024. Première nuit où je dors à poings fermés. Mon époux est à bord d’un avion qui l’a rapatrié chez nous. La guerre, meilleure thérapie de couple ! Citoyens en devenir, notre famille s’est si bien adaptée à une vie lucide, dure, inconfortable, mais tranquille proportionnellement ! Le seul moyen d’être au courant de ce qui se passe sont les groupes WhatsApp. Ma sœur, la meilleure, me réintègre dans un groupe, où je retrouve avec affection mes contacts de la révolution et les amitiés tissées. Cette fois-ci, on a tous pris de la bouteille. Notre objectif est très précis et les doses et tempérances à moitié ne tiennent plus. Durant des mois à Montréal, j’ai compati avec la cause juste et humaine de la Palestine, et quand notre tour est bel et bien arrivé, et certainement voulu et calculé à l’avance… motus ! Le pire, c’est que mes connaissances à Montréal ne veulent rien entendre. La politique de l’autruche. Donc me voici clairement en train de prendre position contre un ennemi, confectionnée par un autre encore pire. Mais quand les sentiments sont en ébullition, on ne comprend pas, et les accusations et diffamation vont bon train. Le pire, exit mes amitiés. Plus le temps ni l’énergie de faire comprendre, ni d’argumenter ni de citer clairement la provenance terroriste. Je reviens à mes sources. Comme tous les Libanais souverains éparpillés par force et directement à cause d’un parti hallucinant de grandeur imaginaire et sanguinaire, on a dû quitter et planter nos racines flottantes dans un ailleurs glacial. Le pire, c’est que cette guerre a tiraillé encore plus les Libanais, ou bien a fait surface à notre rage et nos blessures apparemment très vives et purulentes. Non, je n’accepte pas l’association d’une religion a ce parti, car un de mes proches vit à Dahyé et les secondes qu’il prend à me répondre quand je le texte après une frappe me semblent comme une éternité. Le meilleur, c’est cette clarté où les souverainistes s’associent enfin. Je contacte un ami de ma sœur au téléphone, je ne l’ai jamais rencontré. Mais j’ai toujours admiré son intelligence et sa lecture des situations. Le meilleur, c’est que je suis optimiste après avoir entendu ses propos. Le meilleur, c’est ce regroupement envers notre quête d’identité libanaise noble, authentique, joviale mais consistante. Le meilleur aussi, c’est encore une fois cet élan de solidarité des ONG qui encore vont à la rencontre de l’autre des fois très ingrat. Qu’on se le dise, chassez le naturel, il revient au galop et l’on est mieux que chez soi. Mais cette phase de transition est difficile et dure et on ne peut pas se permettre de la percevoir de loin. Il faut s’immiscer à fond. C’est avec toute la honte du monde qu’ont la vit car les Libanais (asservis) n’ont pas su assumer justice, liberté, dignité, éducation et nos droits les plus basiques. On a eu droit à des « mahrajanet » plein la face… Je laisse ça pour un autre jour. Le pire, c’est perdre des amis, mais comme dans la vie il y a des personnes qui viennent comme des saisons, comme les arbres en feu de l’automne montréalais et tombent à regret. Je me suis tellement ajustée à perdre, dire adieu, laisser tomber, dire au revoir, que le pire est qu’il m’est si facile de laisser tomber et avancer. Le meilleur, c’est que je trouve encore en moi malgré la cruauté des personnes dans ce gouvernement poisseux et inutile de demander d’eux et leur souhaiter le meilleur. Demander à des personnes qui m’ont blessée et redémarrer une amitié d’un bon pied respectueusement et avec maturité. Le meilleur, c’est le support des Québécois et autres immigrants qui compatissent avec notre situation. Les guerres m’ont élevée, depuis les rues de Ras Beyrouth jusqu’à aujourd’hui. Trop de rancœurs, trop de blessures, de rage et pas d’évolution. J’assume à fond ma position contre n’importe qui qui entrave la justice aux victimes du 4-Août. Cette fois, on ne doit pas se taire, c’est la dernière fois… Ne laissons pas nos enfants subir encore et encore ce qu’on a vécu. Le meilleur est la volonté ardente de vouloir retourner et vieillir au Liban. Mais comme mon amie Tania dans mon groupe d’amis WhatsApp l’a cité : « Deux négations ne font pas une nation », Georges Naccache. Le meilleur, c’est qu’on a le choix de choisir quel genre de nation on mérite. Faites attention à vous et vos familles.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Montréal, le vendredi, 11 octobre 2024. Première nuit où je dors à poings fermés. Mon époux est à bord d’un avion qui l’a rapatrié chez nous. La guerre, meilleure thérapie de couple ! Citoyens en devenir, notre famille s’est si bien adaptée à une vie lucide, dure, inconfortable, mais tranquille proportionnellement ! Le seul moyen d’être au courant de ce qui se passe sont les groupes WhatsApp. Ma sœur, la meilleure, me réintègre dans un groupe, où je retrouve avec affection mes contacts de la révolution et les amitiés tissées. Cette fois-ci, on a tous pris de la bouteille. Notre objectif est très précis et les doses et tempérances à moitié ne tiennent plus. Durant des mois à Montréal, j’ai compati avec la cause juste et humaine de la Palestine, et quand notre tour est bel et bien arrivé, et...
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Le 4 août est oublié maintenant ils ont d’autres chats à fouetté la guerre

Eleni Caridopoulou

00 h 39, le 21 octobre 2024

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  • Le 4 août est oublié maintenant ils ont d’autres chats à fouetté la guerre

    Eleni Caridopoulou

    00 h 39, le 21 octobre 2024

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