Le président français Emmanuel Macron marche aux côtés du chef d'état-major particulier du président de la République Fabien Mandon au Palais de l'Élysée, à Paris, le 15 octobre 2024. Photo Ludovic MARIN / AFP
Le président français Emmanuel Macron a accusé jeudi l’Iran « d’avoir fait le choix cynique d’exposer les Libanais et de se préserver lui-même », en « activant le Hezbollah contre Israël ». Il a dans ce cadre estimé que le Hezbollah, « affaibli », doit « renoncer aux armes, au terrorisme, à la violence ».
« Il nous faut agir pour le Liban, a déclaré M. Macron, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet européen à Bruxelles. L’Iran et le Hezbollah portent une très longue responsabilité dans la situation actuelle. En activant le Hezbollah contre Israël, en dépit de l’intérêt fondamental du Liban, de se tenir à l’écart de la guerre, l’Iran a fait le choix cynique d’exposer les Libanais et de se préserver lui-même ».
Selon lui, l’Iran « a précipité l’élimination » du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, ainsi que « le déclenchement des opérations israéliennes ». « Le Hezbollah doit ainsi en tirer les conséquences, a ajouté M. Macron. Il a des obligations. D’abord, celle de renoncer aux armes, au terrorisme, à la violence. Aujourd’hui qu’il est affaibli par la mort de son chef et la destruction de ses capacités militaires, ce que personne ne peut regretter, il doit permettre aux Libanais de se rassembler et de trouver des solutions aux crises multiples qui minent leur pays ».
Le président français a rappelé dans ce cadre que son pays « tiendra une conférence de soutien au Liban et à sa souveraineté le 24 octobre prochain ». « Celle-ci aura pour objet d’apporter l’aide humanitaire aux centaines de milliers de personnes déplacées en conséquence des opérations israéliennes, de donner aux institutions libanaises les moyens de tenir dans cette période dangereuse et de préparer l’avenir en prenant les premières mesures pour que l’armée libanaise puisse se déployer au sud du pays, mais aussi en facilitant le dialogue indispensable pour sortir de la crise politique », explique-t-il.
M. Macron a aussi demandé à Israël « de mettre fin à ses opérations militaires, de ne pas y étendre son action au sol, de respecter la souveraineté du Liban aussi bien que ses obligations à l’égard des Nations unies, s’agissant tout particulièrement de la Finul ». « Pour la France, la souveraineté du Liban est une cause essentielle qu’elle défendra toujours », a-t-il assuré.
Téhéran prêt à négocier
Par ailleurs, dans un entretien diffusé jeudi par le Figaro, le président du Parlement iranien, Mohammad Ghalibaf, a laissé entendre que Téhéran serait prêt à négocier avec Paris une application de la résolution onusienne 1701 qui prévoit que seule l’armée libanaise peut être déployée au Liban-Sud.
Selon le quotidien français, M. Ghalibaf souhaite un cessez-le-feu aussi rapide que possible au Liban-Sud. Pour atteindre cet objectif, le président du Parlement affirme que son pays serait prêt à négocier concrètement les mesures d’application de la 1701 avec la France, qui agirait en pays médiateur entre le Hezbollah et Israël.
Mohammad Ghalibaf a aussi défendu les frappes de missiles balistiques iraniens sur Israël du 1er octobre dernier. « L’histoire nous a appris que le régime sioniste ne comprend que le langage de la force. Il a attaqué notre représentation diplomatique en Syrie, tuant en martyrs plusieurs hauts responsables iraniens. Malgré notre réponse du 13 avril 2024, il a recommencé, en assassinant, en plein Téhéran, le chef du Hamas Ismaïl Haniyé, alors qu’il était notre hôte pour une cérémonie officielle. Si nous ne répliquions pas, ce régime sioniste continuerait à nous agresser ! », a-t-il souligné.



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