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Nos lecteurs ont la parole

Le Liban : un peuple plein de cœur, même face à l’adversité

Le Liban, un pays si petit mais si riche en diversité, a souvent été le théâtre de tensions internes, exacerbées par des intérêts politiques locaux et internationaux. Pourtant, derrière ces divisions apparentes se cache un peuple profondément uni par une humanité partagée, qui refait surface dans les moments les plus critiques. C’est une histoire de solidarité qui transcende les clivages religieux, ethniques ou politiques.

Depuis plus de cinq ans, le Liban fait face à une crise économique sans précédent. La dévaluation dramatique de la monnaie, la faillite des institutions financières et l’effondrement des services de base ont plongé la population dans un désespoir palpable. Les tensions, qu’elles soient dans les rues, les immeubles ou les supermarchés, sont devenues le reflet de ce désespoir. Les gens, épuisés par l’incertitude quotidienne, se sont souvent tournés les uns contre les autres dans de petites chamailleries, alimentées par la frustration.

Pourtant, malgré cette pression quotidienne, un fait remarquable reste vrai : le taux de criminalité au Liban est resté étonnamment bas, même en comparaison avec certains pays plus prospères. Là où, dans d’autres sociétés, une telle crise économique aurait entraîné une explosion de la criminalité, au Liban, c’est l’entraide et le sens de la communauté qui ont empêché un effondrement social plus profond. Cette solidarité innée entre les individus fait en sorte que personne ne se sent complètement abandonné, même en temps de crise.

Cependant, cette nervosité apparente, ce sentiment de méfiance, s’efface à la moindre menace existentielle. Lorsque la guerre frappe, tout change. Les Libanais, souvent perçus comme divisés, redeviennent une famille unie. On a vu comment, malgré les dissensions politiques profondes entre communautés, les habitants ont su se souder face à l’adversité. Ce que beaucoup prennent pour de la haine n’est qu’un artefact temporaire, nourri par des propagandes extérieures et intérieures.

Au-delà des conflits internes, l’exemple le plus frappant est celui des récents conflits où des Libanais, partisans de partis virulents à l’encontre du « parti de Dieu », ont donné leur sang aux victimes de l’attaque des quartiers populaires. Ce peuple qui, en temps de paix, se querelle sans cesse, s’unit en temps de guerre. Des gestes de solidarité, parfois inespérés, ont marqué ces moments sombres.

Le Libanais n’est pas raciste. Il est victime d’une manipulation externe et interne qui vise à le diviser pour mieux le contrôler. Cette manipulation repose sur une idée de la peur de l’autre. Mais qui est vraiment l’autre ? L’autre, c’est celui qui nous aide au quotidien : le chauffeur de taxi qui amène nos proches en sécurité, le médecin ou l’infirmier qui soigne nos aînés, le paysan du Sud, du Nord ou de la Békaa qui cultive la terre pour nourrir nos enfants. Cet « autre », si souvent désigné comme l’ennemi, est en réalité un partenaire dans la construction d’une société plus juste.

Cette capacité des Libanais à se soutenir les uns les autres, que ce soit entre voisins ou entre communautés plus éloignées, atténue les tensions et permet de renforcer un tissu social fragilisé par les crises. Au Liban, l’indifférence n’existe pas. Et lorsque l’indifférence disparaît, les différences s’estompent également, rendant la société plus résiliente, même dans les moments les plus difficiles.

Chaque crise offre une opportunité, et cette guerre, aussi tragique soit-elle, est peut-être celle qui permettra au Liban de se reconstruire sur des bases plus solides. Nous avons devant nous la chance de réaliser que nous ne sommes pas des ennemis, mais une nation unie par des valeurs communes. La division que l’on nous vend n’est qu’une façade. Ce qui unit les Libanais est bien plus fort que ce qui les divise.

Les tentatives des politiciens de diviser la population à travers des alliances religieuses ou géopolitiques n’ont jamais servi le bien commun. Que ce soit les partis chrétiens avec l’Europe, les partis sunnites avec les pays arabes, ou les partis chiites avec l’Iran, tous ont, à un moment donné, été trahis par ces puissances étrangères respectives, qui ont utilisé leurs alliances pour servir leurs propres intérêts au détriment de l’intérêt national. Mais le peuple, lui, sait qu’il ne peut plus se permettre de tomber dans ce piège.

Aujourd’hui, les Libanais ont l’opportunité de dépasser ces manipulations. En reconnaissant que l’ennemi n’est pas l’autre Libanais, mais la corruption, les ingérences étrangères et les divisions artificielles, ils peuvent reconstruire un pays sur une cohésion sociale réelle. Loin des slogans de division, c’est l’entraide, la solidarité et l’amour du pays qui doivent primer. Car, au final, ce n’est pas la religion, la politique ou l’ethnicité qui définit un Libanais, mais son cœur, sa résilience et son humanité.

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Le Liban, un pays si petit mais si riche en diversité, a souvent été le théâtre de tensions internes, exacerbées par des intérêts politiques locaux et internationaux. Pourtant, derrière ces divisions apparentes se cache un peuple profondément uni par une humanité partagée, qui refait surface dans les moments les plus critiques. C’est une histoire de solidarité qui transcende les clivages religieux, ethniques ou politiques.Depuis plus de cinq ans, le Liban fait face à une crise économique sans précédent. La dévaluation dramatique de la monnaie, la faillite des institutions financières et l’effondrement des services de base ont plongé la population dans un désespoir palpable. Les tensions, qu’elles soient dans les rues, les immeubles ou les supermarchés, sont devenues le reflet de ce désespoir. Les gens,...
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