De la fumée s'élève d'une ville du nord d'Israel après une frappe du Hezbollah, le 22 septembre 2024. REUTERS/Jim Urquhart
Le Hezbollah a revendiqué, depuis la nuit de samedi à dimanche, plusieurs frappes contre la région de Haïfa, en Israël. Une première depuis le début du conflit, le 8 octobre 2023, pour des frappes avec une portée plus longue que celles menées jusqu'à présent par le parti chiite. Dimanche matin, l'armée israélienne a repris ses bombardements, après une journée de samedi extrêmement violente, sur le Liban-sud mais aussi la Békaa-ouest, faisant au moins trois morts.
Voici l'essentiel de ce qu'il faut savoir ce dimanche.
Les frappes du Hezbollah :
Le Hezbollah a annoncé trois séries de frappes, menées entre 2h et 8h, dans la nuit de samedi à dimanche.
Les deux premières séries de frappes ont été effectuées avec des roquettes « Fadi-1 et Fadi-2 ». Elles ont visé la « base et l'aéroport de Ramat David », dans le sud-est de Haïfa, à 45 kilomètres de la frontière libano-israélienne. Ces frappes étaient une réponse aux bombardements intensifs du sud du Liban de ces derniers jours.
Le 24 juillet, le Hezbollah avait publié sur la chaîne Telegram de son média de guerre une vidéo de huit minutes montrant des images de ce qu'il affirme être « la base aérienne de Ramat-David ». Le site de Ramat David est l'un des plus éloignés de la frontière libanaise que le Hezbollah ait déclaré avoir ciblé en près d'un an d'échanges de tirs transfrontaliers.
La troisième série de frappes a ciblé, avec les mêmes missiles ainsi que des roquettes Katioucha, le siège d'une entreprise de technologie militaire, Rafael Advanced Defense Systems, situé dans une zone industrielle au nord de Haïfa. Ce tir se voulait une « première riposte » aux opérations israéliennes menées contre des bipeurs et talkie-walkies piégés du Hezbollah, mardi et mercredi derniers, qui ont fait au moins quarante morts et des milliers de blessés.

L'armée israélienne a dit que 115 « menaces aériennes » ont été lancées depuis le Liban, et majoritairement interceptées.
Au cours de la nuit, « plusieurs objets volants suspects » se sont approchés d'Israël depuis l'Irak, a déclaré l'armée israélienne, ajoutant qu'ils ont été interceptées et qu'aucun blessé n'a été signalé. Dimanche matin, des groupes armés pro-Iran ont revendiqué des tirs de drone vers Israël.
Côté israélien, réactions et réponses :
Vers 8h30, dimanche matin, l'armée israélienne a indiqué qu'elle menait des frappes sur des cibles du Hezbollah au Liban. Nos correspondants en région ont fait état de frappes israéliennes au Liban-Sud et dans la Békaa-ouest. L'armée israélienne a également indiqué, selon Reuters, que les frappes contre le Hezbollah vont s'intensifier.
L'armée israélienne a frappé dans les cazas de Nabtayié, Marjeyoun, Jezzine, Bint Jbeil... Ces bombardements ont fait trois morts : un combattant du Hezbollah tué dans la région de Saïda, un homme à Khiam et un autre à Aïtaroun, dont le décès a été confirmé par le ministère de la Santé.
Le Commandement du front intérieur a indiqué dans un communiqué que les écoles et autres institutions éducatives dans les régions nord du pays proches du Liban, seraient fermées jusqu'à lundi 18H00 (1500 GMT).
Le ministère israélien de la Santé a également ordonné aux hôpitaux du nord du pays de n'opérer que depuis des installations sécurisées et protégées.
Selon les services de secours israéliens, les tirs du Hezbollah, de la nuit, ont fait au moins sept blessés. Des incendies se sont également déclarés dans plusieurs régions des environs de la grande ville portuaire du nord d'Israël. Selon les médias israéliens, de nombreux bâtiments ont été endommagés par la chute de débris de roquettes et missiles. Les débris d'une roquette sont également tombés dans une école à Nazareth, selon le Haarezt, à une dizaine de kilomètres à l'est de la base de Ramat-David.
« Des centaines de milliers de personnes ont dû se réfugier dans des abris antiaériens dans le nord d'Israël », a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, porte-parole de l'armée.
Le contexte :
Les tirs du Hezbollah, dans la nuit de samedi à dimanche, font suite à un samedi marqué par de très violents bombardements israéliens.
Du matin au soir et quasiment sans interruption, l'armée israélienne a pilonné, samedi, plusieurs régions du Liban, tuant un ouvrier syrien au Liban-Sud en matinée et faisant quatre blessés dont un grave. Il s'agit de la journée la plus violente pour le Liban en termes de nombres de frappes israéliennes depuis le 8 octobre, date à laquelle le Hezbollah a ouvert un « front de soutien » au Hamas contre Israël.
Cette journée survient après une semaine particulièrement violente, notamment après les explosions de bipeurs et talkies-walkies du Hezbollah, mardi et mercredi, qui ont fait 39 morts et 2 929 blessés selon le dernier bilan du ministère de la Santé annoncé samedi matin, mais aussi après la violente frappe israélienne la veille sur la banlieue-sud de Beyrouth. Celle-ci a tué 45 personnes (selon un bilan actualisé dimanche matin), dont deux commandants hauts-gradés du Hezbollah, des combattants du parti mais également de nombreux civils, parmi lesquels des enfants.
Les dernières réactions internationales :
-« Alors que la région est au bord d'une catastrophe imminente, on ne saurait trop insister sur le fait qu'il n'existe AUCUNE solution militaire qui rendra l'une ou l'autre des parties plus sûre », a écrit sur X la coordinatrice spéciale de l'ONU au Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert.



Pour l’instant, la Bulgarie se contente de brouiller les pistes et de mener des consultations avec l’ambassade américaine. La Roumanie et la Hongrie ont refusé d'ouvrir une enquête officielle, invoquant le fait que les activités des sociétés intermédiaires commerciales n'avaient pas pour but de nuire à leur pays. La République tchèque et la Pologne font preuve d’un silence stratégique, étant sous le contrôle total des services de renseignement américains et se comportant selon un modèle de réaction similaire à celui de la destruction des Nord Streams.
14 h 11, le 22 septembre 2024