Une ambulance devant l'hôpital gouvernemental Rafic Hariri de Beyrouth, le 26 mars 2021. Photo d'illustration « an-Nahar »/Nabil Ismaïl
Le 23 juillet, le ministère de la Santé a ouvert une enquête sur la mort d’une femme par intoxication, après que son domicile a été traité par une compagnie de pesticides. Lundi, le ministère a confirmé dans un communiqué que la mort aurait effectivement été causée par un mauvais usage de produits chimiques dangereux et que « la Compagnie libano-canadienne pour la lutte contre les parasites (Lebanese Canadian Est. for Pest Control) a été fermée officiellement, son dossier transmis à la justice ».
Une source au sein du ministère avait confirmé à L’Orient-Le Jour en juillet que la femme, N. Kh., ainsi que son chat étaient morts d’intoxication chimique. Son employée de maison, également intoxiquée, s’était retrouvée en soins intensifs.
Dans son communiqué publié lundi, le ministère précise que « les tests sanguins effectués sur la victime montrent une présence de propanol, une matière présente dans certains insecticides ». Lors de son interrogatoire, le propriétaire de la compagnie a reconnu que du phosphure d’aluminium (un pesticide fumigène antiparasitaire et acaricide, utilisé en milieux agricole et industriel, qui réagit à l’eau et est hautement toxique, NDLR) avait été utilisé dans un étage au-dessus de celui qu’habite la victime, alors que le domicile de la défunte a été traité avec de la deltaméthrine, un insecticide, à un taux de 5 %.
Suite aux analyses toxicologiques, la commission d’enquête du ministère a tiré plusieurs conclusions. D’une part, le phosphure d’aluminium, qui est classé en première catégorie de toxicologie par l’Organisation mondiale de la santé et l’Administration de protection de l’environnement aux États-Unis, réagit à l’humidité et se transforme en un gaz hautement toxique, la phosphine. Il est très probable que ce gaz se soit infiltré dans l’appartement de la victime à partir de l’étage supérieur, poursuit le texte. Les symptômes observés chez la victime correspondent en effet à une exposition à la phosphine.
Interdiction du phosphure d’aluminium dans le traitement des domiciles
« La bouteille utilisée par la compagnie comporte des directives claires, qui mettent en garde contre le danger de l’utilisation du phosphure d’aluminium, dont l’usage est prévu dans des champs et de grands dépôts et non dans des maisons fermées et habitées ; or la compagnie en avait pulvérisé dans tout le domicile », poursuit le texte. Celui-ci précise que le produit a été acheté en vertu d’une licence obtenue auprès du ministère de l’Agriculture et donc que son utilisation a été « détournée » par la compagnie. Quant à la deltaméthrine employée chez la victime, sa concentration maximum devrait être de 2,5 % en milieu habité, et non de 5 % comme cela a été le cas dans ce domicile.
Suite à ces conclusions, « le ministère de la Santé a transféré le dossier de la Compagnie libano-canadienne pour la lutte contre les parasites à la justice compétente pour un complément d’enquête et une répartition des responsabilités dans la mort de N. Kh. ». Le ministère a également retiré à cette compagnie tous les permis qui lui avaient été accordés. L’OLJ a tenté d’entrer en contact avec la compagnie via ses numéros sur son site internet, mais sans succès.
Suite à cet incident, le ministère a publié une décision en vertu de laquelle « il interdit formellement l’utilisation, dans le traitement des domiciles, du phosphure d’aluminium, du phosphure de zinc et de toutes les matières réservées au domaine agricole ». Dans une circulaire envoyée au ministère de l’Agriculture, le ministère de la Santé a demandé que les exportateurs de pareilles matières s’engagent à s’assurer qu’elles soient strictement employées dans le domaine agricole.



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Personnellement j'ai reduit mes deplacement au volant dans pres de 80% des quartiers de Beyrouth. Je laisse au lecteur le soin de deviner lesquels ...
20 h 02, le 26 août 2024