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Société - Guerre

Des habitants du Liban-Sud racontent « une nuit d'horreur »

Après des bombardements violents, qui ont mis la zone à feu et à sang dimanche matin dans la foulée de la riposte du Hezboah, « les choses sont revenues à la normale, avec les tirs d'artillerie habituels ».

Des habitants du Liban-Sud racontent « une nuit d'horreur »

Le sud du Liban bombardé par Israël, dans la nuit du 24 au 25 août 2024. Photo Reuters/Aziz Taher

« C'était la nuit la plus difficile depuis le début de la guerre ». Sahar*, 58 ans, et son mari n'ont pas quitté Alma el-Chaab, dans la région de Tyr au Liban-Sud, depuis le début des affrontements entre le Hezbollah et Israël, le 8 octobre, dans le sillage de la guerre de Gaza.

Le Hezbollah a annoncé tôt dimanche matin la « première phase » de sa riposte à l'assassinat dans la banlieue sud de Beyrouth de son chef militaire Fouad Chokor, fin juillet. Mais dans la nuit déjà, l'armée israélienne a mené une série de raids préventifs, qui ont fait au moins deux morts et deux blessés, pour « contrer » les attaques du parti chiite. 

Repère

Le Hezbollah commence sa riposte : ce que l'on sait et quelles conséquences

A 4h du matin, Sahar, son époux et sa fille, qui est rentrée à Alma el-Chaab durant les vacances scolaires pour être avec ses parents, se réveillent au « bruit des avions ». « Puis c'était bombardement sur bombardement. Nous avons entendu les deux côtés. Il y a un une frappe aérienne pas loin, raconte-t-elle. D'habitude, les missiles tombent l'un après l'autre, là c'était deux en même temps ». Et l'artillerie israélienne a « enveloppé de rouge » toute la zone, les obus provoquant des incendies qui ont « enflammé tous les terrains » autour de la localité, selon la quinquagénaire. « C'était la nuit la plus stressante que nous avons vécue », poursuit-elle. Mais le couple ne compte pas pour autant fuir le village : « Nous n'avons nulle part où aller. Soit nous mourrons chez nous, soit nous resterons ». 

« Je craignais de m'endormir »

Racha, qui vit sur la route de Naqoura, dans la même région que Randa, avec sa mère, est également tirée de son sommeil à 4h du matin par « des bruits effrayants ». Un ami l'appelle d'Alma el-Chaab et lui raconte ce qu'il s'y passe. « Puis, j'ai regardé sur les réseaux sociaux, j'ai vu que c'était partout... », raconte-t-elle. « Le bruit à lui tout seul faisait peur... Depuis le début de la guerre, je n'ai jamais été aussi effrayée », souffle-t-elle, disant ne pas avoir pu fermer l'œil de la nuit. « Je craignais de m'endormir et qu'une roquette nous tombe dessus ». Et de poursuivre : «  Ce n'est pas comme en 2006, Israël est plus développé, son armée peut oblitérer le Sud en une seconde sans que l'on puisse faire quoi que ce soit... Je ne comprends pas comment les gens croient toujours Hassan Nasrallah... ». Vers 7h du matin, le calme revient. Mais Racha a toujours les nerfs à vif. « J'avais prévu une sortie avec des amis, j'ai décidé de rester chez moi, en attendant le discours de Hassan Nasrallah ».

Mohammad Kassem Tohmé, président de la municipalité de Kounine, un des villages dont la périphérie a été lourdement frappée pendant la nuit, a également décrit des frappes « plus violentes que les autres jours » et « assourdissantes ». Il relativise toutefois. « C'est vrai que c'était une nuit difficile, mais nous avons pris l'habitude », déclare-t-il à L'OLJ. Pour lui, ces frappes intenses ne vont pas pousser les gens à partir. « Certains regardaient les tirs de leur balcon et la place du village était noire de monde ». 

Amal Wahab, une habitante de la région de Jabal Rihane, dans le caza de Jezzine, plus au Nord, a elle aussi décrit « une nuit d’horreur ». « Nous en tremblons encore », raconte-t-elle à notre correspondant dans le Sud. « Les bruits d’explosions étaient effrayants et continus, toute la maison était ébranlée, l’aviation israélienne survolait nos régions à très basse altitude, comme si elle devait toucher les toits de nos immeubles », raconte Amal. Elle évoque encore la panique des enfants « dont les cris se mélangeaient aux explosions ». « Nous n’avions encore jamais vu ça, je suis paniquée et ne sais pas quoi faire », lance-t-elle.

Retour à la « normale » des tirs d'artillerie

À Bint Jbeil, Mohammad Assaily explique de son côté que les détonations des frappes « résonnaient partout » autour d'eux, sans qu'ils ne sachent d'où elles venaient. « Des vitres se sont brisées », relate-t-il, ajoutant que depuis la matinée « les choses sont revenues à la normale, la routine a repris, avec les tirs d'artillerie habituels ». 

De Khiam, Ahmad fanfaronne, malgré une nuit « d'escalade ». « Ils (les Israéliens, ndlr) ont voulu semer la peur, mais les missiles de la résistance étaient prêts à riposter et nous avons frappé deux fois plus fort », dit-il. « Nous avons l'habitude des guerres et nous nous relevons toujours des décombres », se targue-t-il. Réagissant à la frappe de drone qui a tué un habitant et membre du mouvement Amal dans la matinée, il affirme que « d'autres mourront en martyrs, mais nous ne bougerons pas, nous continuerons à défendre nos villages ». 

De 4h à 7h du matin, Zeinab* et sa famille, déplacées de Kfar Kila (caza de Marjeyoun) à Jibchit (caza de Nabatiyé), ont passé la nuit à l'extérieur : les portes et les vitres de leur appartement tremblaient. « J'avais peur que ça éclate sur nous... Ma fille m'a dit qu'elle avait peur que la maison nous tombe dessus et nous sommes restés à côté de notre voiture, raconte la mère de quatre enfants. Tout le quartier était inquiet, tout le monde est sorti ». « Je crains que la guerre ne s'étende et nous n'avons nulle part où aller... », lâche la soignante.

Même son de cloche du côté de Sari, qui vit à Wazzani. « C’était la nuit la plus dure que nous ayons traversée. Au départ, on avait cru que c'était un tremblement de terre tellement ma maison tremblait », raconte le père de trois enfants, qui travaille la terre. Mais à l'extérieur, c'était comme si « le ciel était en feu », ajoute celui qui a passé la nuit chez ses parents pour « calmer ses enfants ».


* Les prénoms ont été changés à la demande des intervenants. 

« C'était la nuit la plus difficile depuis le début de la guerre ». Sahar*, 58 ans, et son mari n'ont pas quitté Alma el-Chaab, dans la région de Tyr au Liban-Sud, depuis le début des affrontements entre le Hezbollah et Israël, le 8 octobre, dans le sillage de la guerre de Gaza. Le Hezbollah a annoncé tôt dimanche matin la « première phase » de sa riposte à l'assassinat dans la banlieue sud de Beyrouth de son chef militaire Fouad Chokor, fin juillet. Mais dans la nuit déjà, l'armée israélienne a mené une série de raids préventifs, qui ont fait au moins deux morts et deux blessés, pour « contrer » les attaques du parti chiite.  Repère Le Hezbollah commence sa riposte : ce que l'on sait et quelles conséquences A 4h du matin, Sahar, son époux et sa fille, qui est rentrée à Alma...
commentaires (5)

Qu’attendent ils pour se rebeller contre celui qui les sacrifie pour les intérêts d’autres pays? La solution repose sur leur volonté de vivre ou de mourir. Tant qu’ils sont d’accords de servir de rempart pour sa folie, il ne s’arrêtera pas jusqu’au dernier. N’oublions pas que lui a des tunnels transformés en abri pour se protéger et protéger ses mercenaires qui servent les mollahs aux dépens des libanais tués et exposés pour les sauver.

Sissi zayyat

11 h 30, le 27 août 2024

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Commentaires (5)

  • Qu’attendent ils pour se rebeller contre celui qui les sacrifie pour les intérêts d’autres pays? La solution repose sur leur volonté de vivre ou de mourir. Tant qu’ils sont d’accords de servir de rempart pour sa folie, il ne s’arrêtera pas jusqu’au dernier. N’oublions pas que lui a des tunnels transformés en abri pour se protéger et protéger ses mercenaires qui servent les mollahs aux dépens des libanais tués et exposés pour les sauver.

    Sissi zayyat

    11 h 30, le 27 août 2024

  • Tout ça …pour quel résultat? Des morts des destructions des enfants traumatisés a vie … quel exploit du Hezbollah !

    Lecteur excédé par la censure

    08 h 40, le 26 août 2024

  • Vous pouvez vivement remercier votre chef , le grand guerrier de la république islamique iranienne pour tout le plaisir qu’il nous procure avec ses feux d’artifices .

    Wow

    22 h 00, le 25 août 2024

  • N’en déplaise à tous ces malheureux qui subissent la guerre des autres chez eux, tant que ceux qui comme celui cité dans l’article «fanfaronnent » aucun espoir de paix car c’est eux qui détiennent le destin du Sud comme du reste du pays en main. Propriétés du Hezb et chair à canon pour la plus grande gloire de la Perse (qui elle dort sur ses 2 oreilles).

    AntoineK

    21 h 36, le 25 août 2024

  • Un grand merci a l'Iran (et ses pions) qui sacrifie des peuples entiers pour ses propres interets. Le gouvernement israelien d'extreme droite s'en rejouit en y trouvant une excuse toute faite.

    Nadim Audi

    21 h 30, le 25 août 2024

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