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Moyen-Orient - Reportage

La mort de Haniyé ressentie comme « un coup de tonnerre » dans les territoires palestiniens

Un habitant de la bande de Gaza observe que « le Qatar a pu protéger Haniyé depuis dix mois, mais l'Iran n'a pu le protéger pendant seulement quelques heures ». 

Le Premier ministre du Hamas de la bande de Gaza, Ismail Haniyé, faisant le signe de la victoire après une réunion avec le Premier ministre turc, à Ankara, le 3 janvier 2012. AFP/ ADEM ALTAN

« Un coup de tonnerre, quelque chose d'incroyable », lâche Wael Qoudayh, un habitant de la bande de Gaza. L'annonce mercredi de « l'assassinat » à Téhéran d'Ismaïl Haniyé, chef du Hamas au pouvoir à Gaza, a été ressentie comme « un choc » dans les territoires palestiniens.

« La nouvelle a été un choc pour nous tous lorsque nous nous sommes réveillés », ajoute cet habitant de 35 ans, quelques heures après l'annonce tôt mercredi par le Hamas de la mort de son chef politique, tué par une frappe israélienne à Téhéran, où il était venu assister à la cérémonie d'investiture du nouveau président iranien.

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« La nouvelle m'a surpris (car) Ismaïl Haniyé est le chef des négociations », dit Ahmad Wishah, un autre habitant de la bande de Gaza, en référence aux pourparlers indirects entre le Hamas et Israël pour tenter de mettre fin à la guerre dans le petit territoire palestinien déclenchée par Israël après l'attaque sanglante du Hamas le 7 octobre sur le sol israélien. « En tant que chef du mouvement Hamas, c'est lui qui mène les négociations au nom du mouvement, je ne m'attendais pas à ce qu'un des membres de l'équipe de négociateurs soit assassiné par l'occupation » israélienne, ajoute M. Wishah.

Portrait

Ismaïl Haniyé, le visage politique du Hamas

Youssef Saïd, lui, observe que « le Qatar a pu protéger Haniyé depuis (le début de la guerre à Gaza il y a presque) dix mois, mais l'Iran n'a pu le protéger pendant seulement quelques heures avec tous ses services de renseignement, son armée, sa force et ses armes », regrette cet habitant de la bande de Gaza. M. Haniyé vivait au Qatar, pays du Golfe qui accueille le bureau politique du Hamas avec la bénédiction des États-Unis depuis 2012, à la suite de la fermeture par le mouvement islamiste palestinien de son bureau à Damas en Syrie.

Aux yeux des Palestiniens interrogés par l'AFP, Haniyé est parti en « martyre » en raison de la manière dont il a été tué.

« Pas de protecteur »

« C'est ce que tout Palestinien espère (...) être un martyr en défendant sa terre, son peuple et ses valeurs sacrées », a dit Mohammad Farwana, 38 ans, de Khan Younès, ville de sud de la bande de Gaza où les troupes israéliennes ont mis fin cette semaine à une opération au sol de grande envergure qui a fait des centaines de morts, selon la Défense civile de Gaza, et entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes à l'intérieur du territoire. « Haniyé était quelqu'un qui a donné ses enfants et ses petits-enfants », a ajouté M. Farwana en référence aux dix membres de la famille de M. Haniyé tués en juin lors d'une frappe aérienne dans le camp de réfugiés d'Al-Shati, dans le nord de la bande de Gaza.

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L'annonce de la mort de M. Haniyé a également provoqué de vives réactions en Cisjordanie occupée, territoire palestinien partiellement gouverné par l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, homme fort du Fatah, le mouvement rival du Hamas. Pour Hossam Abdel Razek, « l'assassinat d'Ismaïl Haniyé en Iran prouve que nous, le peuple palestinien, n'avons pas de protecteur, que notre sang est bon marché et que la nation arabe et islamique nous a vendus aux États-Unis et à Israël », dit cet homme de 45 ans, employé dans une institution privée.

Mercredi matin, les mouvements palestiniens en Cisjordanie occupée ont appelé à une grève générale pour protester contre « l'assassinat du grand leader national Ismaïl Haniyé », dans une déclaration commune.

À Ramallah, des employés ont quitté les bâtiments de leurs ministères à la suite de cet appel, ont constaté des journalistes de l'AFP. Des magasins étaient fermés et des employés ont quitté leur lieu de travail dans plusieurs villes de Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967. Des institutions culturelles ont indiqué dans des communiqués qu'elles resteraient fermées.

« Un coup de tonnerre, quelque chose d'incroyable », lâche Wael Qoudayh, un habitant de la bande de Gaza. L'annonce mercredi de « l'assassinat » à Téhéran d'Ismaïl Haniyé, chef du Hamas au pouvoir à Gaza, a été ressentie comme « un choc » dans les territoires palestiniens.« La nouvelle a été un choc pour nous tous lorsque nous nous sommes réveillés », ajoute cet habitant de 35 ans, quelques heures après l'annonce tôt mercredi par le Hamas de la mort de son chef politique, tué par une frappe israélienne à Téhéran, où il était venu assister à la cérémonie d'investiture du nouveau président iranien. Lire aussi Que signifie l’assassinat d’Ismaïl Haniyé à Téhéran ? « La nouvelle m'a surpris (car) Ismaïl Haniyé est le chef des négociations », dit Ahmad Wishah, un autre...
commentaires (2)

Il est bon de s’indigner lorsqu’un des leurs est assassiné. Il se trouve que tous ceux qui s’indignent et dénoncent cet acte qu’ils qualifient de lâches etc… ont une longue liste de meurtre et d’assassinat de personnalités , et non des moindres à leur palmarès, et sur leur conscience -s’ils en ont-. A commencer par leurs propres citoyens.

Sissi zayyat

17 h 58, le 31 juillet 2024

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Commentaires (2)

  • Il est bon de s’indigner lorsqu’un des leurs est assassiné. Il se trouve que tous ceux qui s’indignent et dénoncent cet acte qu’ils qualifient de lâches etc… ont une longue liste de meurtre et d’assassinat de personnalités , et non des moindres à leur palmarès, et sur leur conscience -s’ils en ont-. A commencer par leurs propres citoyens.

    Sissi zayyat

    17 h 58, le 31 juillet 2024

  • Ils ont mit du temps a comprendre que personne s'en fout d'un peuple qui a vendu sa cause, a refusé la paix pendant plus de 50 ans et meurt pour des prunes. Pas trop futés les zigues! Au lieu de vouloir "Du fleuve a la mer" il fallait accepter le plan de 1948 ou encore se contenter de rester sous le régime Hachémite en 1967. Après cela il fallait surtout pas vouloir passer par Jounieh pour arriver a Jérusalem. Maintenant il ne reste plus qu'a mourir la fleur au fusil toujours pour rien !

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    16 h 33, le 31 juillet 2024

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