Les forces de sécurité israéliennes et des médecins transportant des blessés depuis un site où une frappe signalée en provenance du Liban est tombée dans le village de Majdel Shams, dans la zone du Golan annexée par Israël, le 27 juillet 2024. Photo AFP
La situation toujours tendue à la frontière libano-israélienne a pris une tournure particulièrement dramatique ce samedi. Alors que le Hezbollah lançait plusieurs opérations en représailles à un bombardement israélien sur la localité de Kfar Kila (caza de Marjeyoun), au cours duquel il a perdu 4 combattants, les médias israéliens ont rapporté qu’un « projectile », identifié pour l’heure comme une roquette, était tombé près d’un terrain de football à Majdel Shams, ville druze du Golan syrien occupé.
Le premier bilan, qui faisait état de 11 blessés graves a rapidement évolué, et c’est finalement un total de 12 morts qui ont progressivement été rapportés par les médias israéliens, dont le quotidien Haaretz et la chaîne Channel 13. Le Haaretz a notamment précisé, en citant des sources médicales, que les victimes avaient entre 10 et 20 ans. Les agences de presse ont, elles aussi, relayé ces informations et leurs mises à jour, au fur et à mesure.
Le Hezbollah a rapidement publié un communiqué démentant toute responsabilité dans cette frappe. Mais dans la demi-heure qui a suivi, l’armée israélienne a accusé le parti chiite d’être à l’origine du tir. Elle a ensuite qualifié la frappe d'attaque « la plus meurtrière » contre des civils depuis le 7 octobre, selon une qualification reprise par l'AFP. Selon Reuters, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) a indiqué que son commandant était en contact avec les autorités israéliennes et libanaises pour évoquer l'incident meurtrier de Majdel Shams, avec la volonté de maintenir le calme.
Suspension des représailles
Le Hezbollah a, lui, visiblement suspendu ses opérations peu après l’annonce de la frappe à Majdel Shams. Son dernier message annonçant sa 12e opération de la journée avait été publié à 19h30, heure libanaise, tandis que les médias israéliens étaient déjà en train de couvrir l’incident meurtrier.
Selon le Haaretz, le ministre israélien de la Défense Yoav Gallant s’est concerté avec le chef d'état-major, le général Herzl Halevi, et les hauts responsables de la sécurité pour évaluer la situation. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, en voyage aux États-Unis, a également été informé de l’incident. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, a affirmé s'être entretenu avec M. Netanyahu, sans en dire plus, a rapporté de son côté le Israel Times deux heures après l’incident. « Il ne fait aucun doute que le Hezbollah a franchi toutes les lignes rouges », a-t-il notamment déclaré.
A Beyrouth entre-temps, le bureau du Premier ministre sortant Nagib Mikati a publié un communiqué samedi soir « condamnant les actes de violence et les attaques contre des civils » et « appelant à la cessation immédiate des hostilités sur tous les fronts ». Le communiqué souligne que « cibler des civils constitue une violation flagrante du droit international et un acte incompatible avec les principes humanitaires ». M. Mikati est à Paris où il s'est rendu auprès de la délégation libanaise dépêchée pour les Jeux olympiques.
Le président du Parlement Nabih Berry et le leader druze Walid Joumblatt ont eux aussi réagi aux événements en cours. Selon la chaîne locale MTV, le premier a échangé par téléphone avec la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban, Jeanine Hennis-Plasschaert. Un appel au cours duquel M. Berry a entre autres affirmé que « le démenti de la résistance (...) confirme de manière catégorique l'engagement et l'absence de responsabilité du Liban et de sa résistance pour ce qui s'est passé ». Quant à M. Joumblatt, il a présenté ses « sincères condoléances » et exprimé sa « sympathie aux familles des victimes et à l'ensemble de la population du Golan syrien occupé ». Appelant à éviter tout dérapage, il a pris acte de ce même démenti, soulignant qu'Israël cherche « depuis longtemps à déclencher des discordes (confessionnelles) et fragmenter la région ».
Selon une source au Parti socialiste progressiste contactée par L'Orient-Le Jour, le leader druze a également reçu un appel téléphonique de l'émissaire américain au Moyen-Orient Amos Hochstein, qui lui aurait fait part de son inquiétude face à l'évolution de la situation. Ce à quoi Walid Joumblatt a réitéré « la nécessité d'un arrêt immédiat de l'agression israélienne contre la Palestine et le Liban », soulignant sa « solidarité avec tous les Libanais face à cette agression ». Il a enfin noté qu'il poursuivrait parallèlement ses efforts pour tenter d'empêcher la guerre de s'étendre « dans les limites de ce qui est disponible. »
Vers une « offensive décisive » ?
Cet incident, dont les circonstances ne sont pas pour l’instant identifiées, tombe à point nommé pour donner du grain à moudre aux autorités israéliennes qui ont annoncé cette semaine une « offensive décisive » contre le Hezbollah après des mois d'échanges de tirs transfrontaliers qui ont commencé le 8 octobre 2023. Dans une autre déclaration aux agences de presse, l’armée israélienne a indiqué à 21h qu’elle « préparait une riposte » à l’attaque du Hezbollah.
Le parti chiite n’a lui revendiqué aucune attaque contre Majdel Shams.
Sur la toile entre-temps, les informations non-vérifiées à charge et à décharge se succèdent. Selon notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah, un message attribué à Ghaleb Seif, présenté comme le chef d’une organisation druze dans le Golan annexé, et indiquant que « les roquettes qui tombent sur les villages druzes et la Galilée sont des roquettes d'interception israéliennes qui causent toujours de lourds dommages aux lieux et aux personnes », a commencé à circuler sur des sites d’informations locaux de cette même région. Jason Brodsky, membre de l’ONG United Against Nuclear Iran (UANI) a lui affirmé qu'il s'agissait d'un missile Falaq tombé sur la ville druze, sans donner d’éléments concrets permettant d’étayer cette affirmation. Ce missile est un des projectiles utilisés par le Hezbollah dans le cadre de ses actions de représailles, afin de cibler le « quartier général de la brigade Harmon dans la caserne de Maaleh Golani », non loin des fermes contestées de Chebaa.
Avant que l’incident de Majdel Shams ne soit connu, le parti pro-iranien avait affirmé avoir tour à tour touché cette base, des infrastructure de commandement de l’armée israélienne à Beit Hillel, face à Houla dans le caza de Marjeyoun, Zebdine dans les fermes contestées de Chebaa, et Ramim Ramim, aussi face à Houla. La frappe de Kfar Kila a elle eu lieu à 14h et a été menée par l’aviation israélienne, qui a tiré deux missiles détruisant autant de bâtiments et faisant 4 morts. Une cinquième personne a été retrouvée vivante sous les décombres par les secouristes, contactés par notre correspondant Mountasser Abdallah.




Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Israël n'est pas au-dessus de cibler des druzes, même "israéliens"dans un territoire qu'il occupe . Il supprime des non-juifs, arabes et peut accuser le Hezbollah. D'une pierre deux coups, bravo! Sans compter que l'occident, son complice criminel est dupe!
14 h 36, le 28 juillet 2024