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Politique - Présidentielle

Les anti-Hezbollah iraient-ils jusqu’à appeler à la désobéissance civile ?

Après la mise en échec de la feuille de route de l’opposition par le tandem chiite, Achraf Rifi appelle ses pairs à « ne plus se contenter de la confrontation politique classique ».

Les anti-Hezbollah iraient-ils jusqu’à appeler à la désobéissance civile ?

Des députés de l’opposition avec certains de leurs collègues indépendants, à la Chambre, le 11 juillet 2024. Photo tirée du compte X de Ghassan Hasbani, député FL

L’opposition semble loin de lâcher prise. Un peu plus d’une semaine après la mise en échec, par le tandem chiite Amal-Hezbollah, de la feuille de route proposée par ses adversaires politiques le 9 juillet pour débloquer la présidentielle, les groupes opposants préparent déjà la prochaine étape : ils étudient les « mesures légales et constitutionnelles » à prendre afin d’empêcher le parti de Hassan Nasrallah de leur imposer l’élection de son candidat, le chef des Marada Sleiman Frangié, à la magistrature suprême. Et certains au sein de ces groupes n’excluent pas le recours à la désobéissance civile. 

Plus d’un an après la dernière séance électorale, tenue le 14 juin 2023, l’opposition a donc avancé une proposition axée sur deux scénarios : le premier prévoyant des concertations informelles avant une séance ouverte, et le second une séance ouverte, qui serait suspendue (mais non clôturée), pour tenir des concertations informelles en cas de non-élection.

Ces deux éventualités ont été discutées avec « plus d’une centaine de députés », pour reprendre les termes de Ghassan Hasbani, député Forces libanaises et membre de la commission chargée du suivi de la dernière initiative de l’opposition. Sauf que le tandem chiite, incontournable pour un déblocage, n’a pas voulu en discuter avec ses détracteurs. De quoi donner le sentiment que les deux alliés chiites ont enterré la démarche. « Aujourd’hui, des réunions sont en cours pour examiner les meilleurs moyens constitutionnels et légaux à mettre en œuvre afin de faire face au camp adverse », dit toutefois M. Hasbani à L’Orient-Le Jour, sans pour autant donner plus de détails. 


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« Nous savons que le camp de la moumanaa (piloté par la formation de Hassan Nasrallah) bloque l’échéance. Mais nous ne pouvons pas rester les bras croisés. Nous allons utiliser tous les moyens possibles et imaginables pour paver la voie à l’élection d’un président », appuie le porte-parole des FL, Charles Jabbour. C’est dans ce cadre qu’il conviendrait d’inscrire l’entretien tenu récemment entre des représentants de l’opposition et le bloc de la Modération nationale, rassemblant des députés majoritairement sunnites ex-haririens. Ces derniers avaient, eux aussi, lancé une initiative axée sur des concertations parlementaires informelles suivies d’une séance électorale ouverte avec des tours de vote successifs jusqu’à l’élection d’un président. « Notre entretien avec les députés de la Modération nationale prouve que notre feuille de route n’est pas enterrée », se félicite Ghassan Hasbani. « Il y a encore des groupes politiques prêts à coopérer avec nous en vue d’élire un président », dit-il, rappelant que la feuille de route de l’opposition a déjà mis à nu le camp piloté par le Hezbollah, que l’opposition accuse de lier la présidentielle à la fin des hostilités à Gaza et dont elle rejette catégoriquement l’appel à un dialogue préalable élargi mené par le président de la Chambre, Nabih Berry.

Le triptyque de Berry

Il reste que c’est surtout Achraf Rifi, membre du bloc du Renouveau connu pour sa farouche opposition au parti de Hassan Nasrallah, qui a créé la surprise en plaidant, dans des propos publiés vendredi par le quotidien saoudien al-Charq al-Awsat, pour que l’opposition appelle à la désobéissance civile face au Hezbollah. « Il ne faut plus se contenter de la confrontation politique traditionnelle. Et c’est ce que j’ai dit lors de plusieurs réunions entre députés de l’opposition », explique M. Rifi à L’OLJ, qualifiant le Hezbollah et ses satellites de « groupe de putschistes ». « Désormais, il n’est plus uniquement question de leur faire face en matière de présidentielle. Ils prennent en otages le pays et sa décision souveraine », ajoute le parlementaire tripolitain. Il est rejoint par un responsable Kataëb haut placé. « Il est évident que le Hezbollah hypothèque le pays », lance-t-il. Il fait valoir que certains députés soutiennent la proposition de M. Rifi. Mais qu’elle n’a pas encore été débattue par son camp. « Pour le moment, nous examinons des idées dans la perspective de la prochaine phase. Mais aucune percée n’est à attendre dans un avenir proche », affirme le responsable Kataëb. 


Pour mémoire

Les berrystes font (encore) traîner l’opposition…

C’est également cette impression qui se dégage de propos de Nabih Berry rapportés il y a quelques jours par la presse locale. À en croire celle-ci, le chef du législatif aurait posé une nouvelle équation en matière de présidentielle : concertations, entente puis élection. Comme pour s’affirmer une nouvelle fois comme l’élément-clé de tout déblocage. De quoi s’attirer les foudres du leader des FL, Samir Geagea. Cette équation « est synonyme d’un véritable torpillage de la présidentielle, en la réduisant à une simple procédure de forme qui se tiendrait après concertations et entente », a déploré M. Geagea dans un communiqué publié jeudi. « Cette logique est un coup porté à la Constitution qui stipule uniquement la tenue de l’élection présidentielle », a-t-il ajouté.

En face, le Hezbollah continue de presser dans le sens d’un compromis politique élargi… qui ne serait atteint que par un dialogue tel que voulu par M. Berry. C’est le cheikh Ahmad Kabalan, porte-parole officieux du parti de Dieu, qui a donné le ton vendredi : « Nous avons besoin d’un compromis présidentiel qui serait bénéfique au partenariat. » L’éclaircie n’est donc pas pour demain. 

L’opposition semble loin de lâcher prise. Un peu plus d’une semaine après la mise en échec, par le tandem chiite Amal-Hezbollah, de la feuille de route proposée par ses adversaires politiques le 9 juillet pour débloquer la présidentielle, les groupes opposants préparent déjà la prochaine étape : ils étudient les « mesures légales et constitutionnelles » à prendre afin d’empêcher le parti de Hassan Nasrallah de leur imposer l’élection de son candidat, le chef des Marada Sleiman Frangié, à la magistrature suprême. Et certains au sein de ces groupes n’excluent pas le recours à la désobéissance civile. Plus d’un an après la dernière séance électorale, tenue le 14 juin 2023, l’opposition a donc avancé une proposition axée sur deux scénarios : le premier prévoyant des concertations...
commentaires (10)

On retrouve la mainmise des milices de la guerre sur nos destinées, preuve si besoin était que l’accord, non le diktat funeste, de Taëf était une immense supercherie où le pays a été livré pieds et poings liés à une occupation et à ses collaborateurs. Désobéissance civile? Peut-être mais pas sous l’égide d’une milice même si elle a troqué son treillis pour le costume cravate. Désobéissance civile? Oui mais par des civils contre les milices et les mafias. Sinon, aucune chance de nous en sortir

Wassim Henoud

18 h 44, le 28 juillet 2024

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Commentaires (10)

  • On retrouve la mainmise des milices de la guerre sur nos destinées, preuve si besoin était que l’accord, non le diktat funeste, de Taëf était une immense supercherie où le pays a été livré pieds et poings liés à une occupation et à ses collaborateurs. Désobéissance civile? Peut-être mais pas sous l’égide d’une milice même si elle a troqué son treillis pour le costume cravate. Désobéissance civile? Oui mais par des civils contre les milices et les mafias. Sinon, aucune chance de nous en sortir

    Wassim Henoud

    18 h 44, le 28 juillet 2024

  • On a deja essaye le triplet de Berry, "concertation, entente, election" par deux fois. Resultats, les mandats Sleiman et Aoun qui se sont tous deux termines par impasses et vides presidentiels prolonges. Suivis bien sur par des gouvernments demissionnaires qui ... continuent de gouverner. Les cretins, ce sont ceux qui ont vote pour Berry au perchoir. Le vide au perchoir aurait ete certainement moins prejudiciable pour le pays.

    Michel Trad

    16 h 45, le 28 juillet 2024

  • La désobéissance civile aurait du intervenir il y a 4 ans ! Le seul moyen de rendre les chaises politiques des bandits qui nous gouvernent vides, est de vider les caisses de l' Etat, et de créer des administrations civiles parallèles . Plutôt que de continuer à alimenter un Etat complètement soumis au Hezbollah, à ses directives, et à sa politique.

    LeRougeEtLeNoir

    16 h 09, le 28 juillet 2024

  • PEUPLE, LA DESOBEISSANCE CIVILE SE FAIT CONTRE UN ETAT ET NON CONTRE UNE ORGANISATION. OR ETAT IL N,Y A PAS. TROUVEZ UNE AUTRE TERMINOLOGIE.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    15 h 37, le 28 juillet 2024

  • -PEUPLE, SUR LA PHOTO,-JE NE VOIS RIEN DE BEAU.-LA DESOBEISSANCE, -CIVILE D,INSISTANCE,-QUE TON CAMP TE PROPOSE,-POUR LE HEZB C,EST DU ROSE.-ON OUTREPASSE ET CERNE, -UN ETAT QUI GOUVERNE.-EN QUOI FAIRE A SA TETE,-TROUBLE DU HEZB LA FETE ?-LE DEGRE D,IGNORANCE,-DE TES CHEFS EST IMMENSE.-METTRE A L,INDEX MIKO,-EN PLUS DE BERRYCOT,-BOYCOTTER LES AUDIENCES,-DE CES DEUX EN URGENCE,-N,ACCEPTER RIEN DE NEUF,-QUE LA 1559,=L,OBEDIENCE CIVILE,-A L,ETAT EST FACILE,-QUAND IL Y A ETAT,-ET NON TRIUMVIRAT,-ET QUAND A LA TRAITRISE,-S,IMPOSE LA MAITRISE.=PEUPLE ALORS TA DEVISE, -SERA POINT DE MAINMISE.

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    15 h 30, le 28 juillet 2024

  • Nous avons laissé une milice transformer notre pays démocratique en une dictature militaire où seules les armes dictent la marche à suivre aux gouvernants comme au peuple. Il serait grand temps que le peuple libanais dans on ensemble réagisse pour faire entendre sa voix qui est étouffée par celle des vendus propagandistes qui font croire que le monde veut notre malheur et qu’ils sont là pour nous défendre alors que le contraire n’est plus à démontrer. Oui à la désobéissance civile que nous réclamons depuis des années afin de faire comprendre à ces malotrus qu’on ne peut payer des services non

    Sissi zayyat

    15 h 22, le 28 juillet 2024

  • Que cette ´opposition ´ propose un candidat libre ,competent et sans aucune influence de pays soutenant l’etat hebreu …. Il faudra bien qu’on arrive à une election faite par le peuple et non plus par des députés

    TAMIN FAROUCK

    08 h 59, le 28 juillet 2024

  • Il faut résister jusqu’au bout et se battre pour que la loi et la constitution soient respectées. C’est le seul moyen d’imposer l’état de droit et mettre un arrêt au projet du tandem qui est de faire du pays une province supplémentaire à l’Iran. Tout l’avenir du pays est en jeu. Et si le Hezbollah continue sur sa lancée il faut lui faire comprendre que tout est sur la table, même la séparation et par tous les moyens si nécessaire. A bon entendeur salut.

    Pierre Christo Hadjigeorgiou

    07 h 25, le 28 juillet 2024

  • Quel dialogue et quel compromis ? Le compromis du dernier mandat présidentiel a démontre que le Hezbollah est un parti autocrate point a la ligne.

    hrychsted

    01 h 12, le 28 juillet 2024

  • Ravi d’entendre que l’opposition va aller en avant Ce camp de moumanaa veux diriger le pays à leur manière non constitutionnelle Monsieur Berry lance le triplet concertation, entent e et élection C’est lui même qui a lancé dans un autre moment de l’histoire pour approuver l’occupation syrienne le triplet : nécessaire, légitime et provisoire Il est le champion des slogans Alors le premier triplet est terminé par le retrait du régime syrien humilié, j’attendais le même sort pour le nouveau triplet

    William SEMAAN

    01 h 03, le 28 juillet 2024

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