Plusieurs députés de l’opposition lors d’un point de presse à la Chambre, le 1er juillet 2024. Ali Fawaz/Parlement libanais
Le Hezbollah a emboîté le pas à Nabih Berry. Après le report sine die de la réunion (qui était prévue vendredi dernier) entre le bloc du président de la Chambre et des députés de l’opposition, ces derniers n’ont pas pu s’entretenir, non plus, avec leurs collègues du Hezbollah afin de leur présenter leur initiative lancée il y a deux semaines pour tenter de débloquer la présidentielle. Le message des deux formations chiites en direction de leurs détracteurs est donc on ne peut plus clair : non à toute solution qui ne serait pas axée sur le dialogue élargi présidé par M. Berry avant la tenue du scrutin. De quoi porter le coup de grâce à la démarche de l’opposition. Sauf que celle-ci se félicite d’être parvenue à marquer un point, en mettant le tandem chiite – qui presse pour le dialogue et refuse, dans le même temps, de communiquer avec ses adversaires – au pied du mur. Forte de ce résultat, l’opposition poursuivra mardi sa tournée auprès de plusieurs députés indépendants, à commencer par Jean Talouzian, Georges Bouchikian et Ihab Matar.
Rappelons que la feuille de route proposée par les protagonistes de l’opposition le 9 juillet est axée sur deux scénarios : le premier prévoyant des concertations informelles avant une séance ouverte, et le second une séance ouverte, qui serait suspendue (mais non clôturée), pour tenir des concertations informelles en cas de non-élection. Des représentants de l’opposition devaient discuter de ces deux éventualités avec des députés du Hezbollah, mais aucun rendez-vous ne leur a officiellement été fixé, confie à L’Orient-Le Jour Élias Hankache, député Kataëb et membre de la commission chargée du suivi de l’initiative auprès des divers protagonistes. « Dans un premier temps, plusieurs députés du tandem chiite nous disaient que les deux blocs du Hezbollah et d’Amal s’entretiendront avec l’opposition simultanément. Puis, les berrystes nous ont dit que chacun des deux groupes rencontrera les parlementaires opposants séparément. Mais finalement, tout a été reporté sans raisons claires », raconte pour sa part à L’OLJ Georges Okaïs, député FL.
« Ce n’est pas de cette manière que le président sera élu »
Comment expliquer cette attitude ? Pour le Hezbollah, la réponse est très simple : cherchez Nabih Berry. « Quand le président de la Chambre et son groupe ont reporté la réunion, nous avons décidé de faire de même », déclare sans ambages à L’OLJ Mohammad Afif Naboulsi, porte-parole du Hezbollah, faisant toutefois valoir qu’« une telle réunion finira par avoir lieu un jour ». « Nous savons ce que veulent les protagonistes de l’opposition. Mais ce n’est pas de cette manière que le futur président sera élu », assure M. Naboulsi. Et d’ajouter : « Le meilleur moyen de paver la voie à la tenue d’un scrutin, c’est de tenir un dialogue sous la houlette de Nabih Berry. Mais le désaccord porte sur ce point, d’où la paralysie actuelle. »
À travers ces propos, le porte-parole du Hezbollah a signifié que, pour son camp, Nabih Berry et « son » dialogue sont le passage obligé de tout déblocage de la présidentielle. De quoi anéantir l’initiative de l’opposition. Mais les anti-Hezbollah ne l’entendent pas de cette oreille. « Le refus du tandem chiite de nous recevoir met à nu un camp qui n’en finit pas de faire pression pour nous mener au dialogue, à l’heure où il ne veut même pas nous accorder le temps d’une petite réunion », déplore Élias Hankache. Quelques heures plus tôt, Georges Okaïs exprimait, sur son compte X, une position allant dans le même sens : « Après l’annulation (ou le report) de la réunion entre des députés du bloc berryste et d’autres de l’opposition (…), il est devenu clair que celui qui avait appelé à un dialogue (qui s’étalerait sur) sept à dix jours refuse de se concerter avec l’opposition pendant dix minutes », a-t-il écrit dans une pique en direction du chef du Parlement qui, dans des propos publiés vendredi dernier par le quotidien pro-Hezbollah al-Akhbar, avait plaidé pour un dialogue de dix jours « à l’issue duquel le chef de l’État sera certainement élu ».



Le tandem de la destruction est en marche. Qui oserait s’opposer à ces mafieux qui ont déjà détruit notre pays pour en faire un champs de bataille pour sauver la face des mollahs qui les ont achetés.
19 h 20, le 23 juillet 2024