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Culture - Rencontre

Pour le directeur du Festival d’Avignon Tiago Rodrigues, « l’arabe ne doit pas être otage de discours de haine »

« C’est la langue de la diversité et de la liberté que nous voulons célébrer », a-t-il précisé en annonçant que l’arabe serait en 2025 la langue invitée de l’une des plus importantes manifestations internationales du spectacle vivant contemporain. 

Pour le directeur du Festival d’Avignon Tiago Rodrigues, « l’arabe ne doit pas être otage de discours de haine »

Tiago Rodrigues, directeur du Festival d’Avignon. Photo AFP

À peine le prestigieux festival de théâtre d’Avignon s’est terminé que la prochaine édition s’est profilée. Tiago Rodrigues a ainsi annoncé que l’arabe serait la langue invitée en 2025, après l’espagnol cette année et l’anglais l’année dernière. « C’est un choix qui a été mû par la richesse patrimoniale de la langue arabe, mais aussi en raison de l’énorme diversité des arabes contemporains et surtout la vitalité des arts vivants : théâtre, danse, performance, musique des pays de langue arabe. »

L’arabe était déjà sur la table en 2023 quand le festival décide d’inviter des langues plutôt que des pays ou des régions. « Nous préférons regarder le monde connecté par des langues que divisé en frontières et nationalités »,  a affirmé le nouveau directeur du Festival d’Avignon. 

Ce choix de l’arabe aujourd’hui suite à l’attentat du Hamas le 7 octobre dernier et la terrible riposte israélienne pourrait être interprété comme un choix politique dans une France polarisée depuis ces événements tragiques, où l’on note aussi une recrudescence de l’islamophobie encouragée par la montée de l’extrême droite. Cela a évidemment obligé l’équipe du festival à une réflexion qui l’a confortée dans sa décision, comme le confirme le directeur : « Notre conviction est encore plus forte de ne pas laisser cette langue devenir otage de discours et actions de haine. L’arabe est une langue qui, à travers le temps, a été vecteur de transmission de savoirs, de production de connaissances, de liberté, de diversité. Et c’est précisément cette influence dans notre culture globale que nous voulons célébrer. Nous sommes très conscients évidemment que chaque langue porte avec elle un contexte historique et politique. »

Avignon, une tribune pour la liberté d’expression

Ainsi, la langue espagnole cette année a apporté son lot de problématiques liées notamment à l’histoire coloniale de l’Espagne en Amérique du Sud. À titre d’exemple, l’artiste autochtone du nord de l’Argentine Tiziano Cruz a pointé dans sa pièce les effets de la colonisation sur les corps et les cultures indigènes. Lola Arias, autre artiste argentine, a mis en avant les violences subies par les personnes transgenres en réunissant sur scène d’anciennes détenues qui racontent leur parcours, dans un pays soumis à un régime autoritaire.

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Avec la langue arabe l’année prochaine à Avignon, on peut donc s’attendre à des œuvres dénonçant les nombreuses répressions contre les populations. Entre les multiples régimes autoritaires arabes et la colonisation féroce israélienne, ce ne sont malheureusement pas les sujets qui manquent aux artistes. Tiago Rodrigues souligne être actuellement en prospection avec son équipe : « Il y a énormément de dialogue avec les créateurs et les créatrices, les institutions de pays de langue arabe, mais aussi dans des pays où l’arabe n’est pas nécessairement la langue officielle mais où elle est importante, comme c’est le cas de la France. C’est à partir de ces dialogues et découvertes que nous trouverons la programmation que nous considérerons urgente de partager avec le public durant l’été 2025. »

La langue arabe dans la cour d’honneur dès l’ouverture

Autre annonce importante pour le prochain Festival d’Avignon : le choix de la chorégraphe cap-verdienne Marlene Monteiro Freitas comme artiste complice du festival qu’elle inaugurera dans la cour d’honneur du Palais des papes. Une créatrice aux pièces engagées et empreintes de la pensée décoloniale. Le directeur du festival explique ce choix : « Elle est l’un des grands noms de la danse contemporaine et, outre la qualité et la puissance de ses pièces, elle a deux caractéristiques fondamentales pour lesquelles on lui a proposé de s’emparer de la cour. D’abord, sa capacité de travailler avec des groupes importants et de créer des phénomènes artistiques de grande échelle. C’est donc une artiste dont l’esthétique peut dialoguer d’une façon très heureuse avec la cour. D’un autre côté, sa singularité. Il est très difficile de comparer les créations de Marlene Monteiro Freitas avec d’autres œuvres. C’est une de ces artistes dont on dit : ça, c’est du Marlene ! Et cette singularité rime avec les singulières aventures qu’on propose au public au Festival d’Avignon. »

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D’ores et déjà on sait que la pièce d’ouverture de l’artiste complice du festival aura un lien fort avec la langue arabe. Et, parmi les partenaires qui soutiendront l’édition 2025, l’Institut du monde arabe occupera tout naturellement une place de choix.

« C’est la cinquième langue la plus parlée au monde, ajoute Tiago Rodrigues. En invitant la langue arabe, cela nous permet d’exprimer la diversité de visions du monde et d’esthétiques, comme c’est l’habitude et la mission du Festival d’Avignon. C’est aussi la deuxième langue la plus parlée en France, ce qui va nous permettre de mettre en avant la créativité d’une bonne partie du secteur culturel français. »

À peine le prestigieux festival de théâtre d’Avignon s’est terminé que la prochaine édition s’est profilée. Tiago Rodrigues a ainsi annoncé que l’arabe serait la langue invitée en 2025, après l’espagnol cette année et l’anglais l’année dernière. « C’est un choix qui a été mû par la richesse patrimoniale de la langue arabe, mais aussi en raison de l’énorme diversité des arabes contemporains et surtout la vitalité des arts vivants : théâtre, danse, performance, musique des pays de langue arabe. »L’arabe était déjà sur la table en 2023 quand le festival décide d’inviter des langues plutôt que des pays ou des régions. « Nous préférons regarder le monde connecté par des langues que divisé en frontières et nationalités »,  a affirmé le nouveau directeur du Festival...
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