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Société - Portrait

Élie Maroun, le « gardien » des côtes de Kfar Abida

Membre des Forces de sécurité intérieure, le trentenaire mène des opérations de sauvetage en mer à ses heures perdues.

Élie Maroun, le « gardien » des côtes de Kfar Abida

Élie Maroun, un gendarme, qui a sauvé des vies de la noyade cet été. Photo Mohammad Yassine

Teint hâlé, sourire éclatant, silhouette de Musclor, Élie Maroun a l’air tout droit sorti de la série « Alerte à Malibu ». Dans le restaurant de son frère, qui tombe directement sur la mer, le gendarme n’est pas peu fier que son nom ait dépassé les côtes de Kfar Abida, dans le caza de Batroun.

Le week-end dernier, le trentenaire a de nouveau sauvé une personne de la noyade cet été, après trois autres cas rapportés dans les médias. « Ça, ce sont les histoires connues. Depuis le début de l’année, j’ai mené 20 opérations de sauvetage », dit-il. Et d’ajouter : « Quand on sauve une vie, c’est un sentiment indescriptible… ». 

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« Gardien de la plage », son numéro de téléphone est utilisé tel « un numéro d’urgence, comme celui de la Croix-Rouge ou de la Défense civile », va jusqu’à dire le mokhtar de la localité, Antoine Romanos. « Cela fait longtemps qu’il joue ce rôle. C’est comme s’il avait créé son propre centre de sauvetage. Il a retiré un poids à l’État en faisant ça, et nous lui sommes reconnaissants », poursuit-il.

« Je ne peux pas voir une âme en péril et ne pas lui venir en aide », explique ainsi Élie Maroun qui, pourtant, met sa vie en danger à chaque opération de sauvetage. « Récemment, en voulant sauver quelqu’un, une vague m’a fait tomber de mon jetski et m’a propulsé vers les rochers. J’ai failli y passer, mais j’ai finalement réussi à sauver le nageur en difficulté », raconte-t-il. Puis de mettre en garde : « Une erreur et tu peux te noyer avec la personne. Toute personne qui n’est pas formée à ça ne devrait pas essayer de porter secours », alerte-t-il. 

Élie Maroun et le moukhtar de Kfar Abida, Antoine Romanos. Photo Mohammad Yassine

Un « Libanais comme les autres »

Père d’une petite fille de quatre ans, Élie Maroun n’est pourtant pas maître-nageur sauveteur, mais gendarme au sein des Forces de sécurité intérieure (FSI). Et depuis la crise, lorsqu’il ne porte pas son uniforme, il gère une modeste société familiale de jetski — qu’il utilise pour ses opérations de sauvetage en mer —, donne des cours de natation pour arrondir les fins de mois en été et devient coach sportif en hiver. Mais il se tient prêt à sauver des vies de la noyade tout le long de l’année. « Mon frère est un guerrier », estime Maroun, son petit frère, qui a également une formation de sauveteur.

« Mauvais élève » sur les bancs de l’école, c’est son père qui le pousse à rejoindre les FSI il y a près de 18 ans : « Je ne voulais pas que mes enfants quittent le pays, je les ai encouragés à rejoindre des institutions sécuritaires », raconte Rafic Maroun. « J’aimais le sport, la mer… L’école m’importait peu, il n’y a qu’à voir mon physique », admet Élie Maroun en riant. Il cumule alors plusieurs cordes à son arc : champion en natation crawl, formé aux premiers secours et au sauvetage en mer avec la Défense civile et la Croix-Rouge, en parallèle d’autres formations obtenues avec les FSI. Les FSI qui, après avoir eu connaissance de ses récents sauvetages, l’ont contacté pour le « féliciter » et lui dire « leur fierté ». 

Élie Maroun sur son jetski. Photo Mohammad Yassine

« Mes enfants sont des champions. Je les ai tous élevés comme ça… », fanfaronne de son côté Rafic Maroun, en parlant de ses six enfants à qui il a appris à nager dès leur un an et demi, dit-il. « Nous vivons littéralement sur la mer. L’hiver, les vagues arrivent jusqu’à nos fenêtres. Mon père avait peur que l’on tombe dans l’eau sans savoir nager », explique le sauveteur qui précise que, cette année, il n'est pas parvenu à secourir deux personnes de la noyade. « Elles étaient déjà mortes quand je les ai atteintes. C’est dur quand cela arrive. Je n’en dors pas la nuit, mais je m’en remets à Dieu… ».

Finalement, Élie Maroun est un « Libanais comme un autre », dit-il, faisant notamment face à la crise économique depuis cinq ans. « Dans ce pays, tu as beau trimer, c’est impossible d’aller de l’avant. Mais on s’adapte autant que l’on peut », estime-t-il. Et puis, malgré tout cela, il ne se voit pas encore quitter le pays : « Si je le fais, qui sauvera les gens de la noyade en mer ? »

Teint hâlé, sourire éclatant, silhouette de Musclor, Élie Maroun a l’air tout droit sorti de la série « Alerte à Malibu ». Dans le restaurant de son frère, qui tombe directement sur la mer, le gendarme n’est pas peu fier que son nom ait dépassé les côtes de Kfar Abida, dans le caza de Batroun. Le week-end dernier, le trentenaire a de nouveau sauvé une personne de la noyade cet été, après trois autres cas rapportés dans les médias. « Ça, ce sont les histoires connues. Depuis le début de l’année, j’ai mené 20 opérations de sauvetage », dit-il. Et d’ajouter : « Quand on sauve une vie, c’est un sentiment indescriptible… ».  Lire aussi Les noyades en hausse au Liban, les appels à la prudence sur les plages se multiplient « Gardien de la plage », son numéro de téléphone est utilisé tel...
commentaires (5)

Portrait flatteur mais emprunt de zones d’ombres. 1-Ce serait interessant de comprendre le rôle de Monsieur Maroun dans les FSI et la fermeture de la plage… 2-Comment arrive-t-il à cumuler une activité de location avec son job FSI ?

Sam

10 h 53, le 18 juillet 2024

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Commentaires (5)

  • Portrait flatteur mais emprunt de zones d’ombres. 1-Ce serait interessant de comprendre le rôle de Monsieur Maroun dans les FSI et la fermeture de la plage… 2-Comment arrive-t-il à cumuler une activité de location avec son job FSI ?

    Sam

    10 h 53, le 18 juillet 2024

  • Jolie photo de famille : PAPA qui ne SAIT PAS qui a fermé la plage publique de Kfar Abida ? La modeste SOCIÉTÉ familiale de jetski est-elle LÉGALE et aux NORMES ? En priorité Avoir les ASSURANCES ; et , ces PETITS détails : Avoir les CONNAISSANCES DE GESTION DE BASE ( ce n’est pas des muscles bien bronzés). ...Avoir un compte en BANQUE. ..Avoir une forme juridique…Avoir une adresse … ...Qu’est ce qu’on fait s’il y a ACCIDENT et HOSPTALISATION ?

    aliosha

    19 h 54, le 15 juillet 2024

  • Bravo Mr Maroun. Altruisme absolu . Encore Bravo

    Tacla sfeir

    16 h 41, le 15 juillet 2024

  • Bravo MR Maroun , si nous étions tous comme vous , pour sauver notre Liban . Profond respect pour votre bravoure et humanité. Ghassan Hodroge.

    HODROGE Gassane

    14 h 37, le 15 juillet 2024

  • BRAVO

    Chehab Said

    11 h 00, le 15 juillet 2024

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