Le mufti jaafarite Ahmad Kabalan. Photo ANI
« Faire partie d’un axe est aujourd’hui un facteur essentiel de la résistance locale, et le Liban en est un exemple éclatant, puisque nous n’arrivons pas à élire un président de la République à cause des pressions américaines et occidentales, qui veulent imposer une personnalité qui soit la gardienne des intérêts américains et sionistes. » Lors de son prêche de l’Adha lundi dans la banlieue-sud de Beyrouth, le mufti jaafarite Ahmad Kabalan n’y est pas allé par quatre chemins pour décocher ses flèches contre les opposants à l’axe de la moumanaa (axe pro-Hezbollah au Liban).
« Les forces politiques libanaises auraient dû se rassembler pour préserver les intérêts nationaux par le biais d’un compromis politique », a-t-il poursuivi. Or, a-t-il ajouté, certains « continuent de ne comprendre que la langue de l’ennemi sioniste, et d’autres restent nostalgiques de l’offensive (israélienne) de 1982 (qui était arrivée jusqu’à Beyrouth, NDLR) ».
Le Liban est sans président depuis la fin du mandat de Michel Aoun en octobre 2022, et un an s’est écoulé depuis la dernière session parlementaire de vote pour un président de la République. L’axe dont est proche le mufti jaafarite, celui du Hezbollah, reste attaché à la candidature du chef des Marada Sleimane Frangié, alors que la majorité des autres forces politiques, dont certains de leurs alliés comme le Courant patriotique libre, y sont opposés.
« L’ère de la domination sioniste est révolue, le combat aujourd’hui est celui de la décision nationale et des intérêts libanais », a lancé le mufti jaafarite. La démocratie, selon lui, est « sacrée, à moins de devenir l’ennemie des intérêts libanais ». « La démocratie au Liban est basée sur le consensus et non le nombre, nous nous y sommes conformés pour protéger la famille libanaise, sinon le pays aurait été bien différent », a-t-il lâché.E
Et d’affirmer : « Le Liban est trop grand pour être divisé, la guerre civile est définitivement terminée et le Liban uni est éternel. »
« Ne pas se tromper de choix stratégique »
Le cheikh Kabalan a également abordé la guerre en cours au Liban-Sud, entre le Hezbollah et Israël dans son prêche. « Le combat de la résistance sur le front du sud est dédié uniquement à la protection du Liban uni, loin des considérations confessionnelles étroites et des rêves mortels de fédéralisme », a-t-il déclaré.
Il a fustigé « ceux qui se trompent de choix stratégiques » et ceux « qui continuent de bâtir des espoirs sur un Israël qui brûle », dans une allusion à peine voilée à certaines voix d’opposants qui dénoncent l’ouverture du front par le Hezbollah, depuis le 8 octobre 2023, « en soutien » au Hamas dans la bande de Gaza.
« C’est la moumanaa qui empêche l’élection »
La réponse des Forces libanaises (FL), l’un des partis d’opposition de toute évidence ciblés par cheikh Kabalan, ne s’est pas fait attendre. Dans un communiqué, les FL ont regretté « le discours de cheikh Kabalan qui emploie la logique de la menace, de la division et des accusations de traîtrise ». Le parti a cependant affirmé ne vouloir répondre que sur un point, les allégations selon lesquelles les Etats-Unis empêcheraient l’élection présidentielle au Liban.
« Les Etats-Unis ne peuvent pas entraver l’élection. En revanche, le camp de la moumanaa est celui qui a neutralisé douze séances de vote au Parlement en se retirant dès la fin de la première session. Devrions-nous interpréter ce comportement comme étant une complaisance avec une quelconque volonté américaine ou le résultat d’une pression américaine ? »
Le texte poursuit : « Celui qui empêche l’élection n’est autre que ce camp-là, qui rejette les sessions successives de vote (jusqu’à l’élection d’un président, NDLR) ou encore la possibilité d’un consensus autour d’un troisième candidat, vu son incapacité à faire élire le sien. »




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La constitution dicte que l'élection d'un président se fait dans une séance ouverte de plusieurs vote jusqu'à l'élection d'un président. Ceux qui quittent la séance avant l'élection sont des saboteurs. C'est simple et ça n'a pas besoins d'interprétation de ta'wiil ou d'autres explications. Ah pardon, ça demande quand même de la maturité et du patriotisme...
13 h 55, le 18 juin 2024