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Économie - Éducation

Rentrée 2024-2025 : les frais de scolarité du privé pourraient augmenter de quelques milliers de dollars

Malgré les chiffres circulant en ligne, le Grand Lycée franco-libanais n’aurait pas encore fixé ses tarifs pour l’année scolaire prochaine. 

Rentrée 2024-2025 : les frais de scolarité du privé pourraient augmenter de quelques milliers de dollars

Des élèves passent l’examen du baccalauréat libanais dans un lycée de Beyrouth, le 10 juillet 2023. Photo Hussam Chbaro

Après que des médias locaux ont récemment révélé que des écoles du Liban projetaient d’augmenter de quelques milliers de dollars les frais de scolarité pour l’année académique 2024-2025, et alors que dans certains cas ces frais pourraient doubler par rapport à ceux de l’année en cours, le ministre sortant de l’Éducation Abbas Halabi a envoyé vendredi dernier une lettre aux écoles privées à ce propos, selon l’Agence nationale d’information (ANI, officielle). Il y a ainsi déclaré que le budget de chaque établissement devait être approuvé par le comité des parents et examiné par le département concerné du ministère de l’Éducation avant que les frais ne soient déterminés, citant la loi 515/96.

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« Agir autrement constitue une violation de la loi », a précisé dans sa lettre le ministre. Une précision faisant office d’avertissement donc, tandis que les frais pour la rentrée prochaine reviennent presque aux niveaux d’avant-crise fin 2019 qui a vu une nette dévaluation de la livre libanaise face au dollar, passant d’un taux dollar/livre de 1 507,5 LL à désormais 89 500 LL par dollar, et une perte importante des économies en banque et du pouvoir d’achat des Libanais. La relative stabilité du taux de change actuel depuis l’été dernier ayant permis une nouvelle dollarisation de l’économie libanaise, les institutions éducatives ont ainsi choisi d’ajuster leurs frais.

Les prix circulant sur les réseaux sociaux

Dans les faits, une image comparant les frais de scolarité 2024-2025 avec ceux de 2023-2024 dans certaines écoles a circulé sur les réseaux sociaux. Après avoir interrogé certains des établissements concernés sur l’exactitude de ces chiffres, L’Orient Today a découvert que, bien que les écoles aient considérablement augmenté leurs frais, les chiffres circulant en ligne ont été exagérés. Une source à l’International College (IC) nous a assuré que leurs frais avaient augmenté de 7 500 $ (2023-2024) à 11 000 $ (2024-2025), et non de 6 000 $ à 12 000 $ comme mentionné dans l’image. Lorsqu’on lui a demandé la raison de l’augmentation soudaine de 3 500 $, la source a répondu qu’elle ne pouvait « pas donner de détails par téléphone ». Pour l’année académique 2018-2019, les frais de l’IC pour le lycée étaient d’environ 12 289 $, selon le site web de l’école.

En tenant compte de la terminale, les frais de scolarité à la Wellspring Learning Community sont passés de 7 000 à 10 500 $, selon le site web de l’école. L’image partagée en ligne montrait, elle, des coûts à Wellspring passés de 6 000 à 11 000 $. L’Orient Today n’a pas trouvé les frais de scolarité de l’école avant 2019. De son côté, le Grand Lycée franco-libanais (GLFL), également inclus dans l’image, nous a indiqué que les frais pour l’année à venir n’avaient pas encore été fixés. Céline Gratiolet, directrice administrative et financière de l’école, a souligné que « les frais pour l’année 2024-2025 ne peuvent être fixés avant le 31 janvier 2025, conformément aux termes de la loi 515/96 », à laquelle Abbas Halabi avait fait référence dans sa lettre.

Les frais de scolarité peuvent être payés en plusieurs versements tout au long de l’année, ce qui signifie que lorsque le taux de scolarité officiel de l’année universitaire est fixé en janvier, cela ne devrait théoriquement pas affecter le processus de paiement. « C’est pourquoi ils ne sont pas encore connus et tout chiffre circulant relève de la seule responsabilité de ceux qui les ont mis en ligne », a-t-elle ajouté. Il semble que le GLFL soit la seule école parmi celles mentionnées ci-dessus à ne pas avoir encore déclaré les frais de l’année prochaine par respect pour la loi 515/96. Malgré la confusion concernant les chiffres, il est clair que de nombreuses écoles ont effectivement augmenté leurs frais de manière considérable, ce qui aura probablement de graves conséquences pour l’éducation des enfants au Liban.

Le Liban peut-il revenir aux frais d’avant 2019 ?

Lama Tawil, représentante des comités de parents dans les écoles privées à l’échelle nationale, a elle déclaré à L’Orient Today que le pays ne peut pas raisonnablement revenir aux tarifs de frais de scolarité d’avant 2019, car « la situation est toujours la même et la crise persiste ». Elle a déclaré qu’« à la fin de l’année scolaire 2023-2024, de nombreuses écoles ont informé les parents de hausses aléatoires sans aucune étude approfondie », ajoutant que les augmentations pour l’année à venir « varient entre 50 et plus de 100 % ».

« Ce sont des augmentations très importantes que les parents ne peuvent pas se permettre, en particulier ceux qui ne reçoivent pas de soutien », poursuit-elle, ajoutant que les comités de parents sont plus vocaux aujourd’hui qu’ils ne l’étaient avant 2019 en raison de la détérioration de la situation financière des parents. « La plupart du temps, les administrations des écoles publiques ne se conforment pas aux décisions du ministre », dénonce également Lama Tawil, en référence à la lettre de Abbas Halabi aux écoles privées. « Nous n’avons pas confiance dans les engagements des écoles car elles ne respectent pas les décisions du ministère depuis des années. Nous espérons que le ministre de l’Éducation prendra des mesures strictes contre les contrevenants », conclut la représentante. 

Après que des médias locaux ont récemment révélé que des écoles du Liban projetaient d’augmenter de quelques milliers de dollars les frais de scolarité pour l’année académique 2024-2025, et alors que dans certains cas ces frais pourraient doubler par rapport à ceux de l’année en cours, le ministre sortant de l’Éducation Abbas Halabi a envoyé vendredi dernier une lettre aux...
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