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Nos Lecteurs ont la Parole

L’avenir de la France joué sur un coup de poker

En France, la liste du Rassemblement national, conduite par Jordan Bardella, est arrivée largement en tête des élections européennes du dimanche 9 juin avec un score de 31 % des suffrages exprimés, dépassant largement la liste du président Macron qui n’a réalisé qu’un modeste 14 %. Marine Le Pen est la présidente du Rassemblement national. Ce parti est issu du Front national, naguère dirigé par Jean-Marie Le Pen, personnalité d’extrême droite qui a très souvent tenu des propos racistes. Si la fille n’a jamais partagé les outrances du père, le parti qu’elle dirige a un discours très hostile à l’immigration, prône une réduction des droits pour les étrangers et refuse de venir en aide aux migrants qui tentent de traverser la Méditerranée pour entrer en Europe.

Dimanche 9 juin au soir, le président français annonce la dissolution de l’Assemblée nationale et l’organisation de nouvelles élections les 30 juin et 7 juillet. Cette annonce retentit comme un coup de tonnerre politique à la veille des Jeux olympiques organisés par le pays. La plupart des analystes politiques considèrent que cette opération est extrêmement risquée et que la France pourrait se retrouver le 7 juillet avec une majorité de députés issus de l’extrême droite.

Il ne s’agit pas ici de l’hypothèse d’une alternance classique entre un gouvernement du centre droit et un gouvernement de droite, il s’agit de l’arrivée probable au pouvoir d’un parti que de nombreux Français considèrent comme xénophobe.

On sait que les banlieues des villes françaises sont des chaudrons qui peuvent à tout moment s’enflammer. Notre pays connaît régulièrement des flambées de violence qui s’arrêtent au bout de quelques semaines. Mais si un gouvernement d’extrême droite dirigeait le pays, il est fort probable que nous entrerions dans un cycle infernal de déchaînement des rancœurs et des haines.

D’autre part, la jeunesse estudiantine et lycéenne ne manquerait pas de s’exprimer bruyamment et on sait comment les événements de mai 68 ont commencé. Les syndicats ouvriers entreraient dans la danse, ainsi que les chemins de fer. Le désordre et l’anarchie pourraient s’installer durablement dans le pays.

Les conséquences économiques et financières seraient catastrophiques. Les prêteurs pourraient cesser de prêter et les taux d’intérêt pourraient flamber. L’économie française serait alors fragilisée. Sur la scène internationale, la France pourrait perdre son crédit car elle parlerait deux langages différents, celui de son président et celui d’un gouvernement d’inspiration

« trumpiste ». À terme, l’Europe pourrait être remise en question avec un gouvernement français usant et abusant de son droit de veto. Les engagements écologiques de la France seraient revus à la baisse. Notre pays adopterait une politique à contre-courant des exigences de la sauvegarde de la nature.

Le président Macron a pris sa décision avec un petit comité de conseillers politiques sans demander l’avis de ses ministres ou en ne les écoutant pas. Son Premier ministre a essayé sans succès de le dissuader et a même proposé sa démission. Sans résultat.

Quelle mouche a donc piqué le président français ? Je l’ignore. Sa décision est irresponsable et incompréhensible. J’aimerais me tromper. J’aimerais que mon scénario du pire ne soit qu’un cauchemar d’une nuit. L’avenir nous dira si cette décision a été un coup de folie ou un coup de génie.


Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

En France, la liste du Rassemblement national, conduite par Jordan Bardella, est arrivée largement en tête des élections européennes du dimanche 9 juin avec un score de 31 % des suffrages exprimés, dépassant largement la liste du président Macron qui n’a réalisé qu’un modeste 14 %. Marine Le Pen est la présidente du Rassemblement national. Ce parti est issu du Front...
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