Dans ce Liban faisandé où la classe politique n’en finit pas de touiller les mêmes sauces, la population n’a d’autre choix que de regarder officier les émissaires étrangers, qui de temps à autre viennent vérifier si le pays est toujours au fond du cloaque.
Un peu comme Jean-Yves Le Drian, qui vient de détaler en se bouchant le nez. Faut quand même se mettre à sa place, le pauvre : passer des journées entières à faire de la psychiatrie accélérée au milieu d’un bazar qui tourne régulièrement à la foire d’empoigne…
Mais nécessité fait loi, dit-on, d’autant plus que sa vadrouille a été balisée d’avance : rencontre enrichissante avec Istiz Nabeuh, qui s’est recyclé en flingueur de Constitution et ordonnateur de dialogues bidon en tous genres ; réunion soporifique avec Mikou-les-miquettes, qui lui a expliqué l’art d’être Premier ministre éternel d’un gouvernement transi de transition transitoire ; puis visite décalée chez le Derviche tourneur de Moukhtara, qui décidément en a ras les burnes des lendemains chantants socialistes et a définitivement zappé sur une autre chorale ; enfin, entretien hilarant avec Mohammad Raad, le bouffon de l’Homme des cavernes, qui lui a raconté comment son patron envoie ses spadassins à l’abattoir tout en sirotant son thé à 30 pieds sous terre. À l’entendre, le parti barbu serait devenu une ONG. A-t-on idée de vouloir désarmer une ONG ?
Fin de la tournée. L’homme à tout faire de la Macronie était groggy…
Mais qu’a bien pu faire donc Jean-Yves Le Drian pour être puni de la sorte ! Débarquer en fanfare, cavaler comme un malade à travers une ville grouillante et moche, enfiler les rencontres avec des humanoïdes OGM à peine fréquentables, se payer leurs analyses, leurs fanfaronnades… Puis aligner les jérémiades des curetons et des enturbannés du cru, reprendre l’avion, promettre de revenir dès que les dents des poules auront percé, courir faire son rapport au Jupiter de l’Élysée… Sale métier !
Il a fallu qu’à chaque fois le Menhir breton reprenne tout depuis le début. Notamment, ce cours de droit constitutionnel destiné à des guignols décolonisés trop tôt. À ce stade, ce n’est plus de l’ingérence, mais de la bienfaisance caritative.
Entre-temps, à part envisager de bricoler une fois de plus la Constitution, notre classe politique en état de capilotade avancée n’a même pas été fichue en près de deux ans de se choisir un pouf à la tête du pays. Pourtant ils ne manquent pas, les blaireaux qui palpitent à l’idée de présider cette République en éternel devenir. Y a qu’à se baisser pour en ramasser.
Alors, solution la plus commode : le dialogue. Tous sont théoriquement d’accord là-dessus, à la seule condition d’en rester au verbiage. Le premier candidat qui bouge est grillé. Tant pis ! À force de palabres, on finira par installer au Château un ectoplasme qui plaira à tout le monde. Autrement dit à n’importe qui…
gabynasr@lorientlejour.com


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Le paragraphe qui résume la condition denotre pays avec une précision inouie: "Mais qu’a bien pu faire donc Jean-Yves Le Drian pour être puni de la sorte ! Débarquer en fanfare, cavaler comme un malade à travers une ville grouillante et moche, enfiler les rencontres avec des humanoïdes OGM à peine fréquentables, se payer leurs analyses, leurs fanfaronnades… Puis aligner les jérémiades des curetons et des enturbannés du cru, reprendre l’avion, promettre de revenir dès que les dents des poules auront percé, courir faire son rapport au Jupiter de l’Élysée… Sale métier !
14 h 30, le 07 juin 2024