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Moyen-Orient - Guerre De Gaza

En Israël, le poids de l'effort de guerre pour des compagnes de réservistes

Les Israéliens ayant fait leur service militaire, soit une grande partie de la population adulte juive, sont obligatoirement réservistes jusqu'à l'âge de 40 ans.

Des soldats israéliens nettoient un tank, près de la frontière avec Gaza, le 5 juin 2024. Photo REUTERS/Amir Cohen

Le lendemain du 7 octobre, son mari projeté dans la guerre comme réserviste dans l'armée israélienne, "il y a eu un vide, comme si tout reposait sur moi", raconte Sagit Bachner. Elle a "dû être la mère, le père, le soignant, tout". 

Après l'attaque surprise du Hamas dans le sud d'Israël, qui a déclenché la guerre à Gaza, le gouvernement a "vu les familles des otages", il a "vu les habitants du sud et du nord" évacués du fait des affrontements avec le Hamas à Gaza et le Hezbollah libanais, dit cette auto-entrepreneuse de 37 ans née à Buenos Aires. 

Mais il n'a "pas fait attention à nous, les familles de mobilisés", déplore-t-elle. Si les dons de particuliers ont afflué au début vers les réservistes, pilier de l'armée aux côtés des appelés et des soldats d'active, les semaines ont passé et Mme Bachner a géré seule dans sa maison du kibboutz Givat Brenner, à une vingtaine de kilomètres au sud de Tel-Aviv, ses trois fils, l'inquiétude et les finances en berne.

Il lui a fallu mettre en pause son entreprise de jeux de société pour s'occuper de ses jeunes enfants, apaiser notamment la colère de son fils de 7 ans contre la guerre qui lui a enlevé quatre mois durant son père. L'enfant a finalement compris. Preuve en est ce dessin sur le réfrigérateur représentant sa famille nucléaire : "Papa (au front) s'occupe pas juste de nous, mais de tout le monde".

La guerre de Gaza a été déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre à partir de Gaza. L'offensive militaire israélienne lancée en représailles contre la bande de Gaza a coûté la vie à plus de 36.500 Palestiniens, majoritairement des civils, selon des données du ministère de la Santé de l'administration du Hamas pour Gaza. Côté israélien, 1.194 personnes ont perdu la vie, en majorité des civils tués le 7 octobre 2023 selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de chiffres officiels. Et sur les 251 personnes emmenées comme otages, 120 sont toujours détenues à Gaza, dont 41 sont mortes selon l’armée israélienne.

"Rustine"

Selon l'armée israélienne, 294 de ses soldats ont été tués dans la campagne militaire sur Gaza depuis le début de l'offensive au sol le 27 octobre.

Les Israéliens ayant fait leur service militaire, soit une grande partie de la population adulte juive, sont obligatoirement réservistes jusqu'à l'âge de 40 ans. Avec la guerre, la limite d'âge a été portée temporairement à 41 ans. 

L'union nationale est de mise mais "j'ai eu l'impression que tout reposait sur mes épaules", témoigne Mme Bachner.  

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En décembre, elle rejoint le Forum des épouses de réservistes qui s'est créé comme un lieu d'entraide sur des questions de droit du travail et de pression sur l'Etat afin d'obtenir plus de soutien. 

Shvut Raanan, avocate de 31 ans, en est également membre. Elle décrit à l'AFP l'impact de la mobilisation sur "l'état mental" des quelque "100.000 familles" de réservistes rappelés, sur les conjoints et leur capacité à travailler, et sur les enfants qui pour certains ont "recommencé à mouiller leur lit", "inquiets pour leur père".

Selon un sondage diffusé fin mai par ce Forum, près d'un tiers des conjoints interrogés disent avoir pâti professionnellement depuis le début de la guerre, et, parmi les réservistes et conjoints interrogés, 6% disent avoir été licenciés, 19% s'être vu imposer des jours sans solde.

En janvier, une enveloppe équivalent à 2,27 milliards d'euros a été débloquée pour les réservistes. "Une rustine", selon Mme Bachner étant donné leur "combat si intense et si long".

"Rester fortes"

En février, une convention a été signée entre la centrale syndicale Histadrout et une organisation patronale, qui prolonge la période de protection des réservistes contre le licenciement. 

Fin mai, le Parlement a adopté une loi visant à empêcher le licenciement ou la dégradation des conditions de travail des conjoints de réservistes pendant la période de mobilisation. 

Mais reste la charge psychologique pour les conjoints de réservistes mobilisés dont l'armée, sollicitée, n'a pas souhaité divulguer le nombre actuel. 

"Nous devons rester fortes pour nos enfants" et "prendre soin de nos maris qui reviennent de longs mois sur le champ de bataille, différents, traumatisés par ce qu'ils ont vu" et qui déjà "sont de nouveau rappelés", dit Avital Horev. 

Pour cette chargée de communication qui a mis en suspens sa recherche d'emploi, la situation "interroge notre capacité à continuer" d'autant plus "qu'il n'y a pas d'horizon".

La résurgence de combats de rue début mai dans des zones censées avoir été conquises par Israël dans la bande de Gaza, et la guerre larvée avec le Hezbollah à la frontière nord laissent présager une mobilisation longue.  

"Les familles de réservistes jouent un rôle considérable", voire "peut-être l'élément le plus important de la résilience" de l'armée et "sa capacité à continuer à combattre dans le temps", notait en janvier Ariel Heimann, chercheur à l'Institut pour les études de sécurité nationale (INSS) à Tel-Aviv.

Et il "ne serait pas raisonnable de supposer que les réservistes seront à la disposition de (l'armée) indéfiniment et à pleine puissance".

Le lendemain du 7 octobre, son mari projeté dans la guerre comme réserviste dans l'armée israélienne, "il y a eu un vide, comme si tout reposait sur moi", raconte Sagit Bachner. Elle a "dû être la mère, le père, le soignant, tout". 

Après l'attaque surprise du Hamas dans le sud d'Israël, qui a déclenché la guerre à Gaza, le gouvernement a "vu les familles des otages", il a "vu les habitants du sud et du nord" évacués du fait des affrontements avec le Hamas à Gaza et le Hezbollah libanais, dit cette auto-entrepreneuse de 37 ans née à Buenos Aires. 

Mais il n'a "pas fait attention à nous, les familles de mobilisés", déplore-t-elle. Si les dons de particuliers ont afflué au début vers les réservistes, pilier de l'armée aux côtés des...
commentaires (2)

Que les soldats rentrent illico chez eux, au bonheur de leurs compagnes et compagnons, et au bonheur ô tellement plus grand des Gazaouis ! ????

Hacker Marilyn

01 h 44, le 08 juin 2024

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Commentaires (2)

  • Que les soldats rentrent illico chez eux, au bonheur de leurs compagnes et compagnons, et au bonheur ô tellement plus grand des Gazaouis ! ????

    Hacker Marilyn

    01 h 44, le 08 juin 2024

  • L'armée de l'entité a des soldats bédouins druzes, chrétiens et juifs.

    Dorfler lazare

    20 h 02, le 07 juin 2024

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